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109 séismes sous la Pelée en une semaine : l’activité volcanique ralentit mais l’alerte jaune reste active

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La montagne Pelée respire un peu moins fort cette semaine. Entre le 31 juillet et le 7 août, l’Observatoire volcanologique et sismologique de Martinique a compté 109 séismes d’origine volcanique sous l’édifice, contre 124 la semaine précédente. Un recul qui ne signifie pas que le géant s’est rendormi. Depuis quatre semaines, ce sont 372 secousses qui ont été enregistrées, soit une moyenne de 93 par semaine. Aucune n’a été ressentie par la population, mais les capteurs, eux, enregistrent chaque mouvement.

Sur les 109 événements recensés entre le 31 juillet et le 7 août, 106 sont des séismes dits volcano-tectoniques. Pas un seul n’a dépassé la magnitude 1 sur l’échelle locale. L’écrasante majorité sont logés entre 900 mètres et 1,3 kilomètre sous le sommet du volcan. Un séisme a toutefois été repéré bien plus profond, à 5,5 kilomètres sous le niveau de la mer, légèrement au sud-ouest des dômes. Deux secousses superficielles de type hybride, de faible énergie, ont été localisées à 1,2 kilomètre sous le sommet. Enfin, un séisme profond, de type longue-période, a été détecté à l’est de la Pelée, à 26 kilomètres de profondeur, avec une magnitude de 0,7.

L’activité sismique n’est qu’un indicateur parmi d’autres. Depuis mai, l’OVSM enregistre des déplacements du sol qui atteignent plusieurs centimètres au sommet du volcan. Sur les quatre dernières semaines, les vitesses de déplacement maximales tournent autour d’un centimètre par mois, en légère baisse par rapport au mois précédent. Ces mouvements traduisent une déformation de l’édifice provoquée par une source de pression située à environ un kilomètre sous le sommet. Un gonflement qui ne s’emballe pas, mais qui ne disparaît pas non plus.

Le niveau d’alerte jaune maintenu : vigilance sans affolement

La probabilité d’une éruption à court terme reste faible. Mais l’OVSM ne lâche rien. Au vu des observations accumulées ces derniers mois et ces dernières années, une évolution de la situation à moyen terme, sur plusieurs semaines ou mois, ne peut pas être exclue. Le niveau d’alerte volcanique reste donc fixé à jaune, ce qui signifie vigilance. Pas de panique à Fort-de-France ni au Morne-Rouge, mais une surveillance qui ne se relâche pas.

Les équipes de l’OVSM scrutent la montagne Pelée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Chaque tremblement, chaque centimètre de déplacement du sol, chaque variation est consigné, analysé. Le volcan, lui, continue son dialogue souterrain. Depuis le début de l’année, il envoie des signaux réguliers, jamais violents, jamais silencieux. Un équilibre fragile que les scientifiques observent avec la patience de ceux qui connaissent la mémoire longue des volcans.

La dernière grande manifestation de la Pelée remonte à 1902, une éruption qui avait rayé Saint-Pierre de la carte et fait près de 30 000 victimes. Depuis, le volcan alterne phases de calme et périodes d’agitation sismique. Les épisodes de mai et juin ont marqué une hausse notable de l’activité, avec des essaims de séismes qui avaient fait monter le niveau de vigilance. Cette baisse de la semaine passée ne tire aucune conclusion définitive, mais elle témoigne d’une dynamique encore contenue.

Un terrain sous haute surveillance, des habitants informés

Les Martiniquais vivent avec leur volcan, et ils le savent. Les bulletins hebdomadaires de l’OVSM sont lus, partagés, commentés. Chaque séisme détecté, même infime, alimente les discussions dans les communes du nord de l’île, de Saint-Pierre au Prêcheur. Personne n’a ressenti les secousses de cette semaine, mais tout le monde sait qu’un jour, peut-être, la terre pourrait trembler à nouveau.

Les autorités, de leur côté, maintiennent le dispositif de surveillance et d’information. Le plan séisme Antilles, mis en place depuis 2007, vise à réduire la vulnérabilité du bâti face à une secousse majeure. Aux Antilles, le risque sismique est le plus élevé de France. La zone de subduction entre les plaques nord-américaine, sud-américaine et caraïbe génère une sismicité intense, capable de produire des séismes de magnitude 8 en profondeur, ou de magnitude 6,5 en surface. En Martinique, le dernier séisme marquant remonte au 29 novembre 2007, avec une magnitude de 7,4.

Pour l’heure, la Pelée poursuit son dialogue souterrain sans brusquerie. Les 109 séismes de cette semaine s’inscrivent dans une tendance surveillée de près, mais pas alarmante. Le volcan respire, se déforme, vibre. Les scientifiques l’écoutent. Et les Martiniquais, eux, gardent l’œil ouvert, sans céder à l’inquiétude, mais sans jamais oublier que sous leurs pieds, la terre reste vivante.

Jean-Luc Céleste
Jean-Luc Céleste
Jean-Luc Céleste, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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