L’État vient d’annoncer 28 nouveaux lauréats de l’appel à projets « Pionniers de l’IA », portant à 51 le nombre total d’initiatives financées par France 2030.
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, et Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement, ont dévoilé la liste à l’occasion de VivaTech, mi-juin. Cette deuxième relève s’ajoute aux 23 projets retenus lors de la première vague. L’appel à projets avait été lancé en septembre 2025.
Le dispositif cible des technologies d’IA jugées stratégiques pour plusieurs secteurs : santé, robotique industrielle, sécurité, transition écologique, réseaux énergétiques. L’objectif affiché : placer la France en position de précurseur et renforcer la compétitivité nationale face aux acteurs américains et chinois.
Parmi les 28 lauréats, la santé concentre une part significative des projets[4]. Certains portent sur le diagnostic prédictif en oncologie, d’autres sur la prévention des récidives d’AVC. L’industrie manufacturière figure aussi en bonne place, avec des initiatives centrées sur l’optimisation de lignes de production ou l’automatisation avancée.
Un format en entonnoir pour filtrer les projets
Le fonctionnement de « Pionniers de l’IA » diffère des appels à projets classiques. Le dispositif repose sur un mécanisme de sélection progressive : chaque phase évalue la pertinence technologique et économique des initiatives en cours. Seuls les projets qui maintiennent un « haut niveau d’ambition » passent à l’étape suivante.
Bpifrance et l’agence de programmes NALU, portée par l’Inria, pilotent l’opération pour le compte de l’État. Leur expertise croisée vise à sécuriser les décisions de financement, tant sur le plan technique que sectoriel.
Cette approche en entonnoir doit permettre d’identifier rapidement les projets capables de transformer les modes de production ou de créer un avantage concurrentiel durable. L’évaluation porte autant sur la maturité de la technologie que sur son potentiel de déploiement industriel.
Santé et industrie en tête, souveraineté numérique en embuscade

Si la santé et l’industrie dominent numériquement, plusieurs projets ciblent des enjeux de souveraineté numérique. Certains concernent la détection d’opérations d’influence, d’autres la gestion intelligente des réseaux électriques dans un contexte de transition énergétique.
Ces orientations confirment la volonté des pouvoirs publics d’utiliser les financements de France 2030 pour soutenir des usages d’IA considérés comme stratégiques pour la résilience des infrastructures nationales. La sécurité, au sens large, figure parmi les priorités affichées dès le lancement de l’appel à projets.
La troisième phase de la stratégie nationale pour l’IA, lancée en 2025, place l’accent sur l’exploitation du « plein potentiel des modèles et systèmes d’IA avancés ». L’enjeu : repousser l’état de l’art et positionner la France comme pionnière, au moins sur certains segments.
Pourquoi France 2030 mise sur l'IA sectorielle
51 projets financés, combien d’euros sur la table ?
Le communiqué officiel ne précise pas les montants alloués à chaque projet ni l’enveloppe globale dédiée à cette deuxième relève. France 2030, doté de 54 milliards d’euros au total, répartit ses financements sur plusieurs programmes sectoriels, dont l’IA ne représente qu’une fraction.
Les projets soutenus couvrent des applications très diverses : robotique industrielle, optimisation énergétique, santé prédictive, cybersécurité. Cette variété reflète à la fois l’ambition de l’appel à projets et la dispersion des moyens sur de nombreux segments.
La première relève avait retenu 23 projets. Avec cette deuxième vague, le total atteint 51 initiatives soutenues. Le dispositif prévoit d’autres relèves à venir, sans calendrier précis communiqué à ce stade.
Inria et Bpifrance, tandem opérationnel
L’agence NALU, portée par l’Inria, apporte l’expertise scientifique et technologique. Bpifrance assure le volet financement et accompagnement des porteurs de projets. Cette répartition des rôles doit permettre d’évaluer à la fois la solidité technique des propositions et leur viabilité économique.
Les secteurs visés couvrent la robotique industrielle, la santé, la sécurité, la transition écologique, la production et la distribution d’énergie, les industries manufacturières. L’idée : identifier des briques technologiques susceptibles de transformer en profondeur ces filières.
Le format en entonnoir oblige les porteurs de projets à démontrer à chaque étape que leur initiative tient ses promesses. Les projets qui calent ou qui ne parviennent pas à valider leurs hypothèses techniques sont écartés. Seuls les plus robustes franchissent les phases successives.
Vivatech comme vitrine de l’IA française
L’annonce a été faite lors de VivaTech, le salon parisien dédié à l’innovation et aux technologies. Choisir ce moment permet de donner une visibilité internationale aux lauréats et d’ancrer l’initiative dans un événement médiatisé.
La diversité des 28 projets retenus illustre, selon le gouvernement, « l’ambition de l’innovation française en intelligence artificielle ». Reste à savoir combien de ces initiatives parviendront à franchir les phases ultérieures et à déboucher sur des produits ou services commercialisés.
La prochaine étape consistera à évaluer les résultats intermédiaires de cette deuxième relève, avant de sélectionner les projets qui poursuivront leur développement avec un financement public. Le calendrier précis de cette troisième phase n’a pas été communiqué.
Appel à projets IA France 2030 : les chiffres
- 28 nouveaux projets d'IA sélectionnés par France 2030 en juin 2026, portant le total à 51 lauréats
- L'appel à projets « Pionniers de l'IA » a été lancé en septembre 2025, dans le cadre de la troisième phase de la stratégie nationale
- Les projets couvrent la santé, la robotique industrielle, la sécurité, la transition écologique et les réseaux énergétiques
- Le dispositif fonctionne en entonnoir : seuls les projets qui maintiennent un haut niveau d'ambition passent aux phases suivantes
- Bpifrance et l'agence NALU, portée par l'Inria, pilotent l'opération pour le compte de l'État
- L'annonce a été faite lors de VivaTech par Anne Le Hénanff et Bruno Bonnell
Sources
1 source · 1 fait vérifié

