Sur les hauteurs des Ardennes, l’équipe Alpine entame son week-end de Grand Prix par deux séances d’essais libres décisives, entre réglages, choix de pneumatiques et premières bouffées d’adrénaline avant la qualification.
Spa-Francorchamps ne pardonne rien. Le tracé ardennais reste l’un des plus exigeants du calendrier, avec ses secteurs aux caractères radicalement différents et son fameux enchaînement Eau Rouge-Raidillon qui met les nerfs à rude épreuve. Ce vendredi 17 juillet 2026, l’écurie BWT Alpine Formula One Team y a entamé son week-end de Grand Prix de Belgique avec deux séances d’essais libres consacrées au travail de fond.
Au volant de l’Alpine A526, Pierre Gasly et Franco Colapinto ont bouclé au total 81 tours, soit 567 kilomètres parcourus sur ce circuit long et rapide. Pierre a signé 38 tours (266 km) et Franco 43 tours (301 km), les deux monoplaces ayant tourné avec les gommes C2, C3 et C4 mises à disposition par le manufacturier pour ce week-end.
Journée productive, mais mouvementée : Colapinto s’est hissé à une prometteuse septième place en essais libres 2, tandis que Gasly a connu un incident marquant en fin de séance. On ne va pas tourner autour du pot, il y a du travail sur la planche pour les mécaniciens avant samedi.

Deux séances, deux visages pour Alpine
L’objectif d’un vendredi de Grand Prix n’est jamais le chrono brut. C’est avant tout une session de collecte de données, et Alpine ne s’en est pas caché. En essais libres 1, l’équipe a délibérément fait passer les temps au second plan pour comparer différents réglages et différentes pièces entre les deux voitures.
Un travail comparatif assumé en EL1
Résultat, des positions en fond de grille sans réelle signification : Gasly 17ᵉ en 1’49”712 et Colapinto 15ᵉ en 1’49”403. Steve Nielsen, directeur général de l’écurie, l’a confirmé sans détour : la priorité était de recueillir suffisamment d’informations pour évaluer les forces et les faiblesses du package. Une démarche de terrain, méthodique, où l’on préfère perdre quelques dixièmes le vendredi pour mieux régler la monoplace le samedi.
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La séance de l’après-midi a livré un tout autre visage. Avec une direction technique plus claire, Alpine a commencé à pousser un peu plus fort. Franco Colapinto s’est alors installé à la septième place en 1’47”147, lors de son relais en pneus tendres. Un net progrès qui valide le travail accompli le matin.
Gasly, de son côté, montait aussi en régime avec un chrono de 1’48”955 (18e), même si son meilleur tour a été supprimé pour non-respect des limites de la piste. À Spa, où le moindre débordement se paie cash, ce genre de sanction fait partie du jeu.
La lecture des temps du vendredi demande toujours de la prudence. Colapinto l’a lui-même rappelé : certains concurrents n’ont pas forcément signé des tours représentatifs. Il faut donc bien avoir en tête que les hiérarchies du vendredi soir sont souvent trompeuses.

L’incident de Pierre Gasly, la note salée du vendredi
Le point noir de la journée porte un nom : un gros coup de survirage. En essais libres 2, alors qu’il enchaînait les progrès, Pierre Gasly a perdu l’arrière de son A526 à haute vitesse, sans pouvoir rattraper la trajectoire. L’impact contre le mur a été violent.
Un choc à haute vitesse aux conséquences lourdes
« La voiture m’a échappé, je n’ai pas pu totalement la rattraper et l’impact contre le mur a été assez violent », a reconnu le pilote français. Compte tenu de la nature du circuit et du virage concerné, les dégâts sur la monoplace sont conséquents. C’est un peu la catastrophe pour le planning des mécaniciens, qui vont devoir passer une bonne partie de la nuit à reconstruire la voiture.
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Le plus important, c’est que Gasly va bien. Le vainqueur en Grand Prix s’est montré avant tout soulagé sur le plan physique, avant d’annoncer que l’équipe analyserait précisément ce qui s’est passé. Ce type d’incident, à cette vitesse et à cet endroit du tracé, rappelle à quel point Spa reste un juge de paix.
Steve Nielsen a relativisé la charge de travail supplémentaire : certaines pièces devaient de toute façon être remplacées entre le vendredi et le samedi, comme c’est l’usage. Reste que l’ampleur des réparations impose une nuit intense à Enstone-sur-Ardennes, si l’on peut dire. L’écurie se dit confiante dans sa capacité à rebondir avec ses deux voitures.

Spa, ce circuit aux multiples personnalités
Colapinto a parfaitement résumé la difficulté de l’exercice à Spa-Francorchamps : « Il semble que nous soyons assez forts dans certaines sections, un peu moins dans d’autres, mais c’est la nature même de Spa avec ses secteurs aux caractéristiques si différentes. » Le tracé belge combine en effet de longues lignes droites qui réclament peu d’appui aérodynamique et des enchaînements sinueux dans le deuxième secteur qui, eux, exigent au contraire une monoplace bien collée au sol. Trouver le compromis idéal entre vitesse de pointe et charge aérodynamique relève d’un véritable numéro d’équilibriste, et c’est précisément ce qui explique le travail comparatif mené par Alpine tout au long de la journée : les données récoltées sur les deux A526, avec des configurations différentes, doivent permettre de déterminer le réglage le plus efficace sur l’ensemble du tour plutôt que sur un seul secteur.

Objectif top dix pour la qualification
Malgré l’incident, le discours d’Alpine reste résolument tourné vers l’avant. Pierre Gasly a fixé un cap clair pour le samedi : « L’objectif sera de tout mettre bout à bout et de viser une place dans le top dix l’après-midi en qualifications. »
Rassembler les enseignements pour samedi.
La logique est simple. Les nombreuses comparaisons effectuées le vendredi doivent maintenant se transformer en une configuration cohérente sur les deux monoplaces. Gasly l’a formulé ainsi : il s’agit d’en tirer les enseignements pour voir ce qui fonctionne le mieux et ce que l’équipe conservera pour la suite du week-end.
Colapinto, encouragé par sa septième place en EL2, partage cette ambition mesurée. Son objectif : améliorer la voiture, gagner en rythme et viser le meilleur résultat possible en qualification. Le jeune pilote, présenté comme l’un des grands espoirs de la discipline, a su tirer parti d’une journée qu’il juge très productive.
Reste la variable inconnue : l’état de la monoplace de Gasly après la nuit de réparations. Les mécaniciens d’Alpine ont du pain sur la planche, et c’est finalement là que se jouera une partie du week-end belge de l’écurie française.
Une écurie au riche héritage en quête de performance
Derrière ce vendredi belge, une structure ne date pas d’hier. Basée à Enstone dans l’Oxfordshire depuis 1992, l’équipe a successivement porté les couleurs de Benetton Formula, Renault F1 Équipe et Lotus F1 Équipe. Un passé glorieux, avec sept titres mondiaux à son palmarès, dont quatre couronnes pilotes remportées par Michael Schumacher et Fernando Alonso en 1994, 1995, 2005 et 2006, plus trois titres constructeurs.
L’A526, fruit du travail d’un millier de personnes
L’Alpine A526, la monoplace de 2026, est conçue et construite à Enstone par un millier de collaborateurs mobilisés pour une saison de vingt-quatre courses. Sous la direction de Flavio Briatore, conseiller exécutif, et de Steve Nielsen, l’écurie aborde une campagne qu’elle décrit comme extrêmement compétitive.
Ce Grand Prix de Belgique 2026 s’inscrit donc dans une saison longue et disputée, où chaque vendredi compte pour affiner un package en constante évolution. À Spa, le verdict tombera dès le samedi après-midi en qualification : c’est là que l’on saura si le travail de fond mené ce vendredi, incident compris, aura porté ses fruits.

