La startup parisienne SquareMind boucle une levée de 18 millions de dollars pour commercialiser Swan, un robot qui cartographie l’intégralité de la peau en quelques minutes, assisté par intelligence artificielle.
L’annonce date du 27 avril 2026. SquareMind, spécialisée en robotique médicale et IA, a levé 18 millions de dollars, pré-série A incluse. Le tour de table est mené par le fonds Deep Tech 2030, géré par Bpifrance dans le cadre de France 2030, et Sonder Capital, fonds californien cofondé par Fred Moll, pionnier de la robotique médicale et fondateur d’Intuitive Surgical. Adamed Technology, Calm/Storm Ventures et Teampact Ventures participent également. L’objectif : lancer la commercialisation de Swan en Europe et aux États-Unis.
Le robot automatise l’acquisition d’images dermoscopiques sur l’ensemble du corps, en moins de dix minutes. Un logiciel d’IA assiste ensuite le dermatologue dans la revue des clichés et le suivi des lésions cutanées dans le temps. Le praticien garde la main sur le diagnostic.
Des délais qui dépassent douze mois
Le dépistage cutané est l’acte le plus courant en dermatologie[1]. Mais la demande excède largement l’offre : les délais pour consulter un dermatologue atteignent parfois un an, notamment en raison du vieillissement de la population. Or, 80 % des mélanomes, cancer de la peau potentiellement mortel, apparaissent sous forme de nouvelles lésions. Une documentation complète et régulière de la surface cutanée est donc déterminante pour le dépistage précoce, mais le temps manque souvent aux praticiens.
« L’examen de dépistage est l’acte le plus courant en dermatologie, mais la demande dépasse largement les capacités », confirme le communiqué de Bpifrance. La pénurie de dermatologues s’aggrave : en France, la profession a perdu 20 % de ses effectifs en trente ans, tandis que le nombre de cancers cutanés a triplé sur la même période[5].
Swan, premier robot d’imagerie dermoscopique corps entier

Développé en collaboration avec des dermatologues, Swan se présente comme le premier robot au monde capable de numériser et cartographier, en quelques minutes, l’intégralité de la surface cutanée à très haute résolution. Cette résolution dite « dermoscopique » est comparable à celle d’un examen à la loupe.
L’acquisition d’images est entièrement automatisée et s’intègre dans le parcours clinique du cabinet. Le logiciel d’assistance repose sur l’intelligence artificielle : il facilite la revue des images et le suivi de l’apparition ou de l’évolution des grains de beauté dans le temps. « Notre technologie agit comme un compagnon : elle contribue à réduire la charge cognitive, optimise le temps médical et facilite une documentation complète, permettant aux médecins de se concentrer sur la prise en charge des patients et la décision clinique », déclare Ali Khachlouf, cofondateur et CEO de SquareMind[2].
Le dermatologue reste en charge de la décision clinique. L’IA n’établit pas le diagnostic : elle repère les évolutions entre deux examens, signale les lésions à surveiller, assiste la documentation. C’est le praticien qui interprète, décide, oriente.
Pourquoi le dépistage cutané appelle la robotique
Bpifrance et un fondateur d’Intuitive Surgical au tour de table
Le tour de table réunit des acteurs français et américains. Côté français, le fonds Deep Tech 2030, géré par Bpifrance pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030, prend la tête. Amélie Maillon, directrice d’investissement chez Bpifrance, souligne que « SquareMind illustre une nouvelle génération de deep tech françaises en santé digitale alliant innovation de rupture et forte ambition internationale ».
Côté américain, Sonder Capital co-mène l’opération[3]. Ce fonds de capital-risque californien, spécialisé dans les startups medtech early stage, a été cofondé par Fred Moll, figure de la robotique médicale et fondateur d’Intuitive Surgical, l’entreprise qui a créé le robot chirurgical Da Vinci. « La robotique et l’intelligence artificielle vont redéfinir la pratique médicale en automatisant certains actes, afin d’optimiser le temps médical tout en rendant l’excellence des soins accessible à chacun. SquareMind a développé une plateforme unique au monde, appelée à devenir un standard de la dermatologie moderne », déclare Kate Garrett, Managing Partner chez Sonder Capital.
| Investisseur | Type | Provenance |
|---|---|---|
| Deep Tech 2030 (Bpifrance) | Fonds d’État | France |
| Sonder Capital | Venture capital medtech | États-Unis (Californie) |
| Adamed Technology | Family office | Pologne |
| Calm/Storm Ventures | Capital-risque | |
| Teampact Ventures | Fonds sportifs et PE |
Source : TICpharma
Commercialisation imminente aux États-Unis et en Europe

Les fonds serviront à soutenir la croissance des équipes commerciales, d’ingénierie et de support client, en vue du lancement commercial de Swan aux États-Unis et en Europe[4]. La demande en examens cutanés est élevée et en forte croissance sur ces deux marchés.
SquareMind entend aussi poursuivre ses travaux de recherche sur la détection du cancer de la peau, en collaboration avec des experts reconnus. « Un boulevard s’ouvre pour SquareMind. C’est une opportunité gigantesque. Maintenant, il faut convertir cela en chiffre d’affaires », commente Romain Vidal[5].
Un marché encombré, mais des positionnements différents
SquareMind n’est pas seul sur le terrain du dépistage cutané assisté par IA. En France, DermaScan, startup née chez Hexa, développe un réseau de centres spécialisés dans le dépistage du cancer de la peau. Le projet a notamment séduit Céline Lazorthes (Resilience) et Jean-Charles Samuelian (Alan)[3]. Mais les approches diffèrent : DermaScan mise sur le déploiement de centres dédiés, tandis que SquareMind vend un équipement robotisé intégré aux cabinets de dermatologie existants.
La transformation du diagnostic médical s’accélère. Longtemps fondé sur l’observation clinique, il s’enrichit désormais de technologies capables d’analyser, comparer et anticiper. La dermatologie apparaît comme un terrain propice : les lésions cutanées sont visibles, photographiables, suivables dans le temps. L’IA peut y jouer un rôle d’aide à la décision, sans remplacer l’expertise humaine.
Reste à convertir la technologie en adoption par les praticiens. Le marché est là, les investisseurs aussi. Swan devra maintenant prouver qu’il s’intègre dans le flux de travail quotidien des dermatologues, sans alourdir les consultations.
SquareMind et Swan : les faits à retenir
- SquareMind lève 18 millions de dollars, mené par Bpifrance (Deep Tech 2030) et Sonder Capital (cofondé par Fred Moll, fondateur d'Intuitive Surgical)
- Swan automatise l'imagerie dermoscopique corps entier en moins de 10 minutes, assisté par IA pour le suivi des lésions cutanées
- 80 % des mélanomes apparaissent sous forme de nouvelles lésions, nécessitant une documentation régulière de la peau
- Les délais pour consulter un dermatologue atteignent 12 mois dans certaines zones, tandis que la profession a perdu 20 % de ses effectifs en 30 ans
- Le lancement commercial de Swan est prévu aux États-Unis et en Europe courant 2026
Sources
5 sources · 7 faits vérifiés

