La Roumanie a signé avec la DGA un contrat de 247 millions d’euros pour douze radars Ground Master 200, premier système attendu dans onze mois.
Le contrat a été conclu le 17 juillet 2026 selon la formule gouvernement à gouvernement, pilotée par la Direction Générale de l’Armement française pour le compte de Bucarest. Thales fournira des radars GM200 MM/A, version française du système 4D AESA moyenne portée, déployable en moins d’un quart d’heure et conçu pour traquer aussi bien les drones volant en rase-mottes que les missiles à haute altitude, jusqu’à 350 kilomètres de portée. La totalité des douze unités sera livrée d’ici 2030.
Le ministre roumain de la Défense, Radu Miruta, a confirmé que le premier radar sortirait d’usine dans les onze mois, répondant à un besoin qualifié de pressant face aux incursions répétées de drones dans l’espace aérien roumain depuis le début du conflit en Ukraine. La Roumanie a enregistré des dizaines de violations et plusieurs crashs sur son territoire depuis 2022. Le GM200 sera le principal capteur de surveillance et de défense aérienne du dispositif anti-aérien roumain dans les années à venir.
Un radar conçu pour les menaces modernes
Le Ground Master 200 MM/A embarque une antenne AESA en quatre dimensions, technologie permettant de traiter simultanément plusieurs missions : surveillance aérienne et surface, coordination de systèmes d’armes, détection et alerte contre les menaces dites RAM (roquettes, artillerie, mortiers). Chaque unité est montée dans un shelter unique de 20 pieds intégrant radar, mât télescopique et groupe électrogène, le tout mobile et opérationnel en quinze minutes.
Déjà déployé dans des zones de conflit actif, le système utilise une couche logicielle évolutive capable de s’adapter aux nouvelles menaces. Cette plasticité logicielle constitue un atout face à la multiplication des cibles à très faible signature radar, drones tactiques notamment, qui saturent les environnements opérationnels contemporains. Thales revendique une capacité à détecter des profils variés, du petit drone au missile balistique, avec un niveau de discrimination élevé.
Dispositif FASt et financement européen SAFE

L’acquisition roumaine s’inscrit dans le cadre du dispositif FASt (French Acquisition for Strategic partners), créé par la DGA pour permettre aux partenaires français d’acheter du matériel via l’appareil d’État français, réduisant les délais et mutualisant une partie du soutien logistique. Patrick Pailloux, délégué général pour l’armement, a souligné que cette commande renforçait la dimension capacitaire de la coopération franco-roumaine, déjà dynamique sur le plan opérationnel[1].
Le financement du contrat radar est assuré par le programme SAFE (Support to Ammunition and Defence industries Enhancement) de l’Union européenne, doté de plusieurs milliards d’euros pour soutenir le réarmement des États membres face à la menace russe. La Roumanie prévoit d’utiliser ce mécanisme pour acquérir jusqu’à 2,2 milliards d’euros de systèmes antidrones au total, selon les déclarations ministérielles[3].
Enjeux du contrat radar roumain
Thales en Roumanie : 850 salariés et un futur centre radar
Présent dans le pays depuis plus de vingt ans, Thales y emploie actuellement 850 personnes et a établi l’un de ses centres mondiaux de compétences en ingénierie à Bucarest. Dans le cadre du contrat signé, le groupe prévoit de créer un Centre de Compétence Radar destiné à accompagner le programme sur le long terme, du maintien en condition opérationnelle aux évolutions capacitaires futures. Pascale Sourisse, directrice générale Développement International de Thales, a confirmé l’intention d’élargir les partenariats avec l’industrie locale et de renforcer la localisation d’activités.
Selon une source au ministère roumain de la Défense, les deux contrats signés le 17 juillet (radars Thales et hélicoptères Airbus) devraient générer plusieurs centaines d’emplois en Roumanie[3]. Le centre de compétences radar s’inscrit dans cette stratégie de montée en puissance industrielle locale, alignée sur les objectifs européens d’autonomie capacitaire.
Un milliard d’euros pour radars et hélicoptères

Le contrat radar représente 247 millions d’euros sur un ensemble d’acquisitions d’un milliard d’euros annoncé le même jour, incluant également douze hélicoptères H225M Caracal commandés à Airbus Helicopters pour 757 millions d’euros. Les deux contrats forment un ensemble cohérent destiné à moderniser les moyens d’intervention rapide et la surveillance de l’espace aérien roumain.
| Équipement | Fournisseur | Quantité | Montant (M€) |
|---|---|---|---|
| Radars GM200 MM/A | Thales | 12 | 247 |
| Hélicoptères H225M | Airbus Helicopters | 12 | 757 |
| Total | — | 24 | 1 004 |
Source : BFM Business
Les livraisons des deux systèmes sont échelonnées jusqu’en 2030, avec une priorité affichée sur le premier radar, requis pour pallier les lacunes actuelles en détection basse altitude.
Export du GM200 : Roumanie, Qatar, Brésil
La commande roumaine s’ajoute à plusieurs contrats export récents pour le GM200. Le Qatar a signé en janvier 2026 pour un nombre non précisé de GM200 MM/A, associés à des radars GM400 alpha[5]. Le Brésil a commandé des exemplaires en juin 2024, quantité non communiquée. La Belgique a de son côté opté pour la version néerlandaise du système, le GM200 MM/C développé par Thales Nederland, avec quatorze unités destinées à équiper les batteries NASAMS-3 dans le cadre d’un programme multilatéral incluant le Luxembourg[5].
Thales a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 22,1 milliards d’euros. Le groupe consacre 4,5 milliards d’euros annuels à la recherche et développement et emploie plus de 85 000 collaborateurs dans 65 pays. Le contrat roumain confirme la position du GM200 comme référence européenne dans la gamme des radars moyens mobiles face aux menaces asymétriques.
Radars Thales GM200 en Roumanie : les points clés
- Signature le 17 juillet 2026 de 12 radars GM200 MM/A pour 247 M€
- Premier radar attendu dans onze mois, livraison totale d'ici 2030
- Financement via le programme européen SAFE, acquisition pilotée par la DGA française
- Création d'un Centre de Compétence Radar Thales en Roumanie
- Radar déployable en 15 minutes, portée 350 km, détection drones et missiles
- Thales emploie 850 personnes en Roumanie depuis plus de vingt ans
Sources
3 sources · 5 faits vérifiés

