Au moins dix personnes ont été tuées dimanche dans des frappes croisées entre l’Ukraine et la Russie, tandis que l’ONU dénonce une montée des crimes de guerre.
Six personnes sont mortes dimanche du côté russe : quatre à Gorlivka, ville de l’est ukrainien occupée par Moscou, touchée par un drone ukrainien selon le maire Ivan Prikhodko. Une autre victime a été recensée dans la partie occupée de la région de Kherson. Dans le village frontalier de Smorodino, région de Belgorod, un homme a été tué par un drone. Le gouverneur de Koursk a annoncé trois blessés à Rylsk. Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir intercepté 133 drones dans la nuit, notamment près de Moscou et en Crimée.
Du côté ukrainien, quatre personnes ont péri. Le président Volodymyr Zelensky a rapporté un mort et neuf blessés, dont deux enfants, après une attaque de drone russe sur des immeubles résidentiels à Kharkiv. Plus tard dans l’après-midi, une frappe de drone sur un supermarché à Tcherniguiv, dans le nord, a fait deux morts, dont un enfant, et treize blessés. À Zaporijjia, une personne a été tuée par des bombes guidées. Six autres personnes ont été blessées dans la capitale et l’est du pays. L’armée de l’air ukrainienne a annoncé avoir intercepté six missiles sur huit et 104 drones sur 136 lancés par la Russie dans la nuit.
37 % de victimes civiles en plus au premier semestre 2026
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a alerté mardi 21 juillet sur une hausse brutale des pertes civiles. Le nombre de morts et de blessés parmi les civils a bondi de 37 % au cours des six premiers mois de 2026[2]. En juin, l’Ukraine a connu son mois le plus meurtrier depuis avril 2022, avec 293 civils tués et 1 990 blessés, selon la Mission de surveillance des droits de l’Homme de l’ONU en Ukraine.
Cette flambée s’explique par « l’utilisation de plus en plus fréquente d’armes puissantes qui sont particulièrement meurtrières lorsqu’elles sont utilisées dans des zones urbaines densément peuplées », selon Danielle Bell, représentante de la HRMMU. Le porte-parole Thameen Al-Kheetan a rappelé que « les civils et les infrastructures civiles sont strictement protégés par le droit international humanitaire, et toute attaque délibérée de ce type constitue un crime de guerre ».
Dix marins tués au large d’Odessa le 20 juillet

Le 20 juillet, un navire marchand battant pavillon turc, le Golden Leo, a été frappé par trois missiles russes au large d’Odessa. Au moins dix membres d’équipage, de nationalités syrienne et indienne, ont péri après une nuit d’opération de sauvetage menée par les navires ukrainiens[1]. Le bateau transportait des céréales. Huit marins ont été évacués vers un hôpital à Odessa. Le capitaine ukrainien figure parmi les victimes.
Le gouvernement ukrainien a immédiatement réagi : « La Russie a frappé un navire civil qui naviguait sur le corridor maritime ukrainien. Il y avait des citoyens syriens et indiens dans l’équipage. Cette attaque ne laisse aucune place au doute. La Russie de Poutine ne se soucie pas des morts civiles. » Moscou n’a pas commenté l’attaque. Le 14 juillet, l’Ukraine dénonçait déjà des frappes sur plusieurs navires civils et répliquait en frappant des vaisseaux russes en mer d’Azov, route importante pour les produits agricoles russes.
Pourquoi la violence s'intensifie en 2026
Frappes contre Kyiv et Sloviansk le 25 juillet
Vendredi 25 juillet, des missiles russes ont frappé la région de Kyiv, faisant au moins dix morts et une centaine de blessés[3]. Les frappes ont visé un salon de l’armement où se trouvaient des représentants de l’industrie de défense ukrainienne. Cinq autres personnes ont été tuées lors de frappes de bombes aériennes guidées à Sloviansk, selon Volodymyr Zelensky. Le consulat de Lettonie à Sloviansk a été endommagé lors de ces attaques, a confirmé le ministre letton des Affaires étrangères.
Réagissant à ces informations, Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, a estimé que la frappe contre le consulat « met en lumière le mépris total de Moscou pour le droit international ». Le président ukrainien a mis en garde samedi contre une nouvelle attaque russe « massive » dans les 48 heures, indiquant que les services de renseignement estimaient que Moscou avait « préparé des missiles » pour une frappe imminente.
Moscou attaqué, des drones ukrainiens frappent des entrepôts

Dans la nuit du 19 au 20 juillet, la région de Moscou a été frappée par une vaste attaque de drones ukrainiens, qui ont ciblé des centres logistiques, un dépôt de pétrole et fait dix blessés, selon les autorités locales russes. Quelques jours plus tôt, une autre attaque contre deux centres logistiques de Wildberries, entreprise de commerce en ligne très populaire en Russie, avait fait huit morts à 500 km de la capitale.
Dans la nuit de dimanche à lundi, les drones ukrainiens ont à nouveau frappé des entrepôts de Wildberries à Krasnodar et Nevinnomyssk[5]. À Krasnodar, dix personnes ont été blessées et un complexe d’entrepôts a pris feu. À Nevinnomyssk, cinq personnes ont été blessées lors de l’incendie d’un autre complexe. Une personne a également été tuée à Armavir, dans la chute des débris d’un drone ayant frappé une entreprise. Le Comité d’enquête russe a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « attentat ».
Offensive russe sur plusieurs fronts stratégiques
Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky, a déclaré que les troupes russes avaient tenté simultanément, ces derniers jours, de percer les lignes de défense dans plusieurs zones stratégiques. « Des combats acharnés se sont déroulés tout au long de la ligne de contact », a-t-il indiqué lundi sur Telegram, la Russie ayant lancé 619 attaques en quatre jours. « Les occupants tentent de mettre sur pied de nouvelles unités et se préparent à poursuivre les attaques », a poursuivi Oleksandr Syrsky, ajoutant que l’Ukraine avait déployé des renforts pour contrer les assauts.
Les missiles et drones russes ont frappé des zones résidentielles ainsi que des infrastructures de transport et d’énergie. Dans la région centrale de Poltava, deux personnes ont été tuées et 12 autres blessées, dont un enfant de cinq ans placé en soins intensifs. À Kharkiv, un passager de 61 ans est « mort sur le coup » après que son wagon a été touché par un drone. À Zaporijjia, une « attaque massive combinée de missiles et de drones » a tué une personne et en a blessé au moins neuf. Une personne a également été tuée à son domicile dans la ville de Kherson, sur la ligne de front du sud.
Frappes Ukraine-Russie : les chiffres du 26 juillet
- 10 personnes tuées dimanche dans des frappes croisées entre Ukraine et Russie
- L'ONU dénonce une hausse de 37 % des victimes civiles au premier semestre 2026
- 10 marins tués le 20 juillet au large d'Odessa dans une frappe russe sur un navire turc
- Juin 2026 : mois le plus meurtrier en Ukraine depuis avril 2022, avec 293 civils tués
- Moscou frappée par des drones ukrainiens, 8 morts dans une attaque sur des entrepôts
- Consulat de Lettonie endommagé à Sloviansk lors de frappes russes le 25 juillet
Sources
4 sources · 4 faits vérifiés

