Tyssia Ousseni en avait assez du triptyque habituel. Mayotte, La Réunion, l’Hexagone : les trois destinations qui reviennent dès qu’un bachelier d’ici veut poursuivre ses études. Elle cherchait autre chose, une vraie ouverture internationale. Elle l’a trouvée au Québec, grâce à un dispositif qui ne l’a pas lâchée en plein parcours du combattant administratif.
Ce dispositif, c’est Mobilité Mayotte Québec. Une association créée en 2021, soutenue par le Département-Région de Mayotte, qui accompagne les jeunes Mahorais désireux de poursuivre leurs études supérieures au Canada. En quatre ans, plus de soixante étudiants ont franchi l’océan par ce canal. Pas un slogan : un vivier de départs organisés, financés, sécurisés.
L’objectif tient en une phrase : ne laisser personne se noyer dans les formalités. Abasse Twalal Harouna, président de l’association, le dit sans détour. Tout commence par un entretien pour cerner le projet. On regarde ce que le jeune veut faire, ses aptitudes, ses points forts. Ensuite, on cherche l’établissement qui correspond au profil. Puis vient le reste : immigration, permis d’études, recherche de logement, préparation au départ, voyage à Paris pour les données biométriques, accueil au Canada, installation sur place.
700 euros mensuels et tous les frais de déplacement couverts
Ce qui fait tenir le dispositif, au-delà de l’accompagnement, c’est l’appui financier. Les étudiants touchent une bourse de 700 euros par mois[2], une allocation d’installation de 800 euros, et le billet d’avion Mayotte-Paris-Montréal est pris en charge. Le déplacement à Paris, nécessaire pour les formalités biométriques de l’immigration canadienne, est lui aussi entièrement financé[1]. Partir ne se joue plus seulement sur le mérite scolaire : il y a un accompagnement concret qui évite que le coût du départ tue le projet dans l’œuf.
Tyssia suit maintenant un diplôme d’études collégiales préuniversitaire en sciences de la nature. Après plusieurs mois sur place, elle ne regrette rien. L’enseignement diffère de ce qu’elle a connu à Mayotte : les enseignants sont vraiment derrière leurs élèves, disponibles à tout moment de la journée. Elle a trouvé ses marques vite, dès l’arrivée. L’intégration s’est faite sans heurt, et elle envisage de poursuivre à l’université à partir de janvier 2027.
Débuter au Québec, peut-être revenir à Mayotte
Son plan ? Commencer sa carrière professionnelle au Québec, puis peut-être revenir à Mayotte. Un parcours qui reflète l’ambition du dispositif : offrir aux jeunes d’ici des perspectives internationales sans les couper de leurs racines. Mobilité Mayotte Québec ne fabrique pas des exilés, elle ouvre des portes. Et elle le fait en accompagnant chaque étape, en sécurisant chaque démarche, en rendant réel ce qui, pour beaucoup, reste un rêve lointain.
Le Québec, c’est loin. Mais avec ce type d’accompagnement, la distance devient franchissable. Et pour les bacheliers mahorais qui veulent sortir des sentiers balisés, c’est une option qui mérite d’être connue.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

