La fatigue marque les visages. Depuis le début des premiers gros feux de l’été, près de 650 agents se relaient jour et nuit sur les fronts corses. Des centaines d’hectares sont partis en fumée en quelques jours seulement, trois incendies majeurs ont mobilisé tout le dispositif insulaire, et les corps comme les machines commencent à accuser le coup.
Les feux de cet été frappent plus fort, plus vite. Les zones touchées, souvent inaccessibles aux véhicules terrestres, comme autour de Corte, imposent une dépendance totale aux moyens aériens. Les hélicoptères bombardiers d’eau du Service d’Incendie et de Secours assurent les largages, le transport d’hommes et de matériel. L’État a déployé ses Puma, ses Dash et ses Canadair en renfort.
L’engagement de ces derniers a suscité des discussions tendues entre élus insulaires et services préfectoraux. Aujourd’hui, les positions semblent s’être rapprochées. Mais une autre question se pose, plus immédiate : celle de l’argent.
Le budget des hélicoptères bombardiers d’eau dépassé
Les hélicoptères bombardiers d’eau de la collectivité de Corse ont été fortement sollicités. Trop sollicités. Le budget prévu pour leur utilisation a déjà été dépassé[1]. Des solutions sont recherchées en urgence pour garantir leur engagement jusqu’à la fin de l’été, mais rien n’est encore acté. Or, avec les fortes chaleurs annoncées pour le mois d’août, les prochaines semaines s’annoncent particulièrement redoutées.
Le dispositif restera pleinement mobilisé tout le mois d’août. Les secours sont prêts à intervenir, les moyens restent en place. Mais l’incertitude autour des hélicoptères pèse sur l’organisation : si le financement n’est pas trouvé, une partie de la capacité de frappe aérienne pourrait manquer au pire moment.
Vigilance de chacun dans une période à haut risque
Dans l’île, la sécheresse prolonge la période critique bien au-delà du pic traditionnel. En 2024, près de 630 hectares avaient brûlé en Corse, dont 230 hectares pour un seul incendie déclaré le 3 janvier 2025 à Barbaggio, en Haute-Corse[3]. Un feu en plein hiver, signe que la fenêtre de risque s’étire désormais sur toute l’année.
Les autorités martèlent les consignes : interdiction totale d’emploi du feu entre le 15 juin et le 30 septembre, dérogations strictement encadrées en dehors de cette période[3]. En cas d’incendie, un seul réflexe : appeler le 18, le 112 ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes, et rester à l’abri dans une habitation.
Les secours tiennent. Mais l’été ne fait que commencer, et la vigilance de chacun devient un maillon essentiel de la défense collective.
Sources
2 sources · 3 faits vérifiés


