Ce jeudi 30 juillet, Sophie Brocas a autorisé neuf communes à sortir de l’évacuation. Mios, Le Barp, Cestas, Saint-Jean-d’Illac, Martignas-sur-Jalles, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-du-Médoc, Salaunes, Sainte-Hélène : leurs habitants peuvent regagner leur domicile. La préfète de Nouvelle-Aquitaine et de Gironde tient parole sur la stabilisation du feu, même si le mot « maîtrisé » reste hors de portée.
Depuis le mercredi 22 juillet, l’incendie a parcouru 42 000 hectares en Gironde. Une surface qui n’a pas bougé ces quarante-huit dernières heures, signe que le pire recule. Mais trois foyers ont été détectés au camp de Souge, à Arès, au Temple, ainsi qu’à Sainte-Hélène, Saint-Jean-d’Illac et Lanton. Des reprises qui tiennent les pompiers en alerte.
Le thermomètre grimpe, et avec lui le risque. Météo France a placé la Gironde en vigilance orange canicule depuis midi, ce jeudi. La chaleur et le vent nourrissent les flammes qui sommeillent sous la cendre. La préfecture rappelle que le retour dans les communes évacuées ne peut se faire que sur autorisation, et seulement quand les conditions de sécurité sont réunies.
224 000 personnes déplacées depuis le début de l’incendie
Depuis le départ du feu, plus de 224 000 personnes ont été évacuées de manière préventive en Gironde, avec l’appui des forces de sécurité intérieure. Mardi 28 juillet, les habitants d’Eysines, Mérignac et Le Haillan avaient déjà pu rentrer chez eux, soit environ 60 000 personnes. Ce jeudi, neuf nouvelles communes obtiennent le feu vert.
Dans les Landes, où le feu est désormais fixé, le retour s’organise aussi. Tous les habitants de Sanguinet et de Parentis-en-Born ont regagné leur domicile. À Biscarrosse, le village aéronautique et les résidents du camping La Rive, au nord de la ville, ont été autorisés à rentrer[2]. Dans ce département, 3 600 hectares ont brûlé et 40 000 personnes ont été évacuées[4].
Des moyens militaires et internationaux mobilisés
Plus de 2 750 sapeurs-pompiers, venus de Nouvelle-Aquitaine et d’autres régions, combattent les flammes. Ils sont épaulés par plus de 2 940 membres des forces de gendarmerie départementale et mobile, de la police nationale et de l’armée. Un A400M de l’Armée de l’air et de l’espace a effectué un premier largage de retardant, une première historique pour cet avion militaire[4].
À Lanton, sur le bassin d’Arcachon, une reprise de feu a été constatée mercredi 29 juillet. Des volontaires se sont joints aux pompiers pour traquer les points chauds. La route A63, près de Belin-Béliet au sud de Bordeaux, avait été fermée le 26 juillet, et de nombreuses routes restent impraticables dans les secteurs touchés.
Les autorités demandent de ne pas se rendre sur place pour ne pas gêner les secours. Elles appellent à ne « revenir sous aucun prétexte » sur les lieux d’incendies tant que l’autorisation préfectorale n’est pas tombée. Les vacanciers ont été invités à reporter leur arrivée en Gironde, avec des billets de trains concernés reportés ou remboursés.
Une forêt qui brûle depuis huit jours
Depuis le mercredi 22 juillet, les feux dans la forêt des Landes progressent par phases. Le bilan du 27 juillet, en milieu de journée, faisait état de 32 000 hectares brûlés en Gironde et 167 000 personnes évacuées pour le seul feu de Saumos. Au Porge, 175 maisons ont été détruites. Le département a été placé en vigilance noire feux de forêt[4].
Dans les Landes, la nuit du 29 au 30 juillet a été « plutôt calme », grâce à des averses. La situation reste « favorable » selon la préfecture, mais les autorités appellent à « beaucoup de prudence » en raison d’une potentielle évolution des conditions météorologiques[3]. Le service départemental de secours et d’incendie de la Gironde explique qu’il y a actuellement « moins » de foyers actifs, mais les pompiers ne sont « toujours pas maîtres du feu »[3].
Le bilan humain reste lourd : cinq sapeurs-pompiers ont été blessés dans la zone des Landes[4]. Les cartes du Système européen d’information sur les feux de forêt et du service Copernicus permettent de suivre en temps réel la progression des feux actifs et des surfaces brûlées[5].
Sources
4 sources · 8 faits vérifiés

