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Infantino lâche le dossier : la FIFA renonce à vendre 20 % de ses compétitions pour 20 milliards

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Gianni Infantino renonce à son projet de filiale commerciale privée, FIFA Forward Entreprise, après une semaine de levée de boucliers et la menace de boycott de l’UEFA.

Le 1er août, le président de la FIFA publie un communiqué sobre. « Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions qui ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif initial », reconnaît Gianni Infantino. « Notre but a toujours été, et sera toujours, d’unir et de progresser. La proposition ne sera donc pas retenue. »

Présenté mardi, le plan consistait à créer une société (FIFA Forward Entreprise (FFE)) ouverte à hauteur de 20 % aux investisseurs privés. Objectif affiché : lever 20 milliards de dollars pour financer le développement du football dans les quatre prochaines années. L’entité aurait géré les activités commerciales et événementielles de l’instance, Coupe du monde comprise. Une première dans l’histoire de la FIFA.

En chiffres
20 Md$
Montant de la levée prévue pour FFE
Projet abandonné le 1ᵉʳ août
20 %
Part du capital ouverte aux investisseurs privés
Participation minoritaire envisagée
55
Associations UEFA votant le boycott
Menace de retrait de toutes compétitions FIFA
4,2 Md$
Subventions visées sur quatre ans
Objectif affiché pour le développement du football

Une annonce surprise, un rejet brutal

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Les confédérations régionales découvrent le dossier en même temps que les médias. Aucune consultation préalable. Le 30 juillet, l’UEFA convoque ses 55 membres, organise un vote et annonce un boycott de toutes les compétitions FIFA (Coupe du monde, Mondial féminin, Coupe du monde des clubs) si le projet se poursuit[1]. Motif invoqué : « mettre la Coupe du monde en vente », avec un « manque de transparence » et une « responsabilité commerciale qui tuerait l’importance et l’héritage de la compétition ».

La formule est cinglante. L’UEFA, première confédération par son poids économique, met Infantino au pied du mur. D’autres instances régionales emboîtent le pas, dénonçant un projet qui ferait entrer la logique de rentabilité privée au cœur de l’événement le plus suivi de la planète.

Infantino tentait de quadrupler les subventions

Wide view of an empty football arena in São Paulo, featuring a green pitch under a sunny sky.
Wide view of an empty football arena in São Paulo, featuring a green pitch under a sunny sky. Photo : Sonny Vermeer / Pexels

Depuis son élection en 2016, Gianni Infantino a multiplié par quatre les sommes versées aux fédérations membres. Les subventions via le programme FIFA Forward ont grimpé, et le président suisse voyait dans la FFE le moyen de débloquer 4,2 milliards de dollars supplémentaires en quatre ans. Un investissement massif dans les infrastructures, les formations, les compétitions locales.

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Le discours d’Infantino, relayé dans une vidéo mercredi 30 juillet, insistait sur le caractère non contraignant du projet : « C’est une opportunité, pas une obligation », répétait-il[2]. Il présentait l’ouverture aux investisseurs comme « l’étape naturelle » de l’évolution commerciale du football mondial, ajoutant que les fans resteraient « la pierre angulaire » et que la FIFA conserverait le contrôle complet de la gouvernance, « sans aucune interférence extérieure ».

Mais le message ne passe pas. Trop de zones d’ombre, trop de décisions prises à huis clos. Le conflit d’intérêts affleure : Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino, démissionne la semaine même du lancement du projet. La séquence fragilise un peu plus le patron de la FIFA.

Pourquoi Infantino a dû céder

Menace de boycott UEFA
Les 55 fédérations européennes votent le retrait de toutes compétitions FIFA (Coupe du monde, Mondial féminin, Coupe du monde des clubs) si le projet FFE se poursuivait. Une pression suffisante pour faire plier Infantino.
20 milliards pour 20 % du capital
Le plan prévoyait la vente de parts minoritaires de la filiale FFE à des investisseurs privés, pour financer 4,2 milliards de subventions en quatre ans. Première ouverture du capital de la FIFA.
Marchandisation du football
Les confédérations dénoncent un projet qui mettrait « la Coupe du monde en vente », avec une logique de rentabilité privée appliquée à l'événement le plus suivi de la planète.
Conflit d'intérêts et gouvernance
Carlos Cordeiro, conseiller principal d'Infantino, démissionne la semaine du lancement. Les critiques pointent un style vertical et une prise de décision en solo, sans consultation préalable.
Quadruplement des subventions
Depuis 2016, Infantino a multiplié par quatre les sommes versées aux 211 fédérations. La FFE devait prolonger cette expansion, mais le financement reste désormais à trouver.

20 milliards de dollars pour une participation minoritaire

Le montage envisagé prévoyait la cession de 20 % du capital de la FFE à des fonds privés, pour un montant total de 20 milliards de dollars[3]. En échange, ces investisseurs auraient eu accès aux revenus générés par la commercialisation des compétitions : droits TV, sponsoring, billetterie, licences. La FIFA conservait 80 %, mais ouvrait pour la première fois sa structure à des acteurs extérieurs, avec un horizon de rentabilité.

L’analogie avec les ligues fermées américaines ou certains championnats privatisés affleurait immédiatement. Beaucoup y voyaient le début d’une marchandisation du football, où le calendrier des matchs et l’accès aux compétitions seraient soumis à des logiques d’optimisation financière plutôt qu’à l’intérêt sportif.

Le projet FIFA Forward Entreprise (FFE) en chiffres
Indicateur Montant / Données
Participation privée prévue Jusqu’à 20 % du capital
Montant de la levée visée 20 milliards USD
Subventions cibles (4 ans) 4,2 milliards USD
Confédérations opposées (vote UEFA) 55 associations membres

Source : Wikipedia (FIFA) / Al Jazeera

Une gouvernance sous tension

Infantino préside la FIFA depuis 2016. Sous son mandat, l’instance s’est transformée : le nombre de commissions est passé de sept à trente-cinq, le conseil a doublé de taille. La Coupe du monde 2022 au Qatar, la Coupe du monde 2026 organisée à trois (États-Unis, Canada, Mexique), la refonte de la Coupe du monde des clubs en format élargi à 32 équipes : l’expansion commerciale est continue.

Mais le style de gouvernance (annonces en solo, communication verticale, voyages en jet privé pointés par la presse) nourrit les critiques. En juin 2026, l’AFP relevait les kilomètres parcourus en avion par le président de la FIFA. En novembre 2022, à la veille de l’ouverture du Mondial qatari, ses déclarations sur les travailleurs migrants déclenchaient une vague d’indignation. La tentative de privatisation partielle de la FFE s’inscrit dans cette ligne de fracture entre une vision entrepreneuriale du football et une défense de son modèle associatif.

Retour à la case départ

La décision du 1er août clôt une séquence de six jours. Infantino retire la proposition sans préciser si un nouveau schéma sera étudié. La FIFA reste, pour l’heure, dans son modèle de financement classique : droits TV, partenariats sponsors, revenus des compétitions, sans ouverture du capital.

La pression de l’UEFA a suffi. Le boycott annoncé aurait privé la Coupe du monde de ses principales équipes européennes, ruiné l’attractivité commerciale de l’événement et compromis les contrats déjà signés. Face à cette menace, le président de la FIFA a reculé.

Reste une question ouverte : comment financer l’expansion promise aux 211 fédérations membres sans recourir à l’argent privé ? Infantino n’a pas donné de réponse publique. Le statu quo s’impose, mais la tension demeure entre les ambitions affichées et les moyens mobilisables.

Projet FIFA Forward Entreprise : chronologie express

  • Gianni Infantino annonce le projet FFE mardi, le retire samedi 1er août après six jours de crise
  • L'UEFA et ses 55 membres votent un boycott de toutes compétitions FIFA si le plan se poursuit
  • La filiale commerciale privée aurait géré les événements et activités de la FIFA, Coupe du monde comprise
  • Carlos Cordeiro, conseiller principal d'Infantino, démissionne la semaine du lancement du projet
  • Aucune consultation préalable des confédérations régionales avant l'annonce publique
  • Infantino a quadruplé les subventions aux fédérations depuis 2016
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier décrypte les aides et les droits des Français. CAF, retraite, chômage, chèque énergie, MaPrimeRénov', bourses ou aides locales : il s'attache à dire clairement qui peut en bénéficier, pour quel montant, jusqu'à quand et comment faire la démarche, étape par étape. Attaché aux chiffres officiels et aux sources françaises, il écrit pour que chacun sache exactement à quoi il a droit — et n'y renonce pas faute d'information.

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