Les prairies ont déjà jauni. Les réserves de fourrage fondent alors que juillet n’est pas terminé. Dans les étables, les vaches produisent moins de lait, certaines jeunes bêtes ne supportent pas la chaleur. Depuis plusieurs jours, le mercure dépasse 35 °C dans une bonne partie de la région, et les sols sont secs. Pour beaucoup d’éleveurs et de céréaliers ligériens, cette canicule n’est plus juste un coup de chaud : c’est un trou dans la trésorerie, un risque pour l’année. Face à cette situation, la Région Pays de la Loire vient d’annoncer un train de mesures d’urgence destinées à soulager les exploitations les plus touchées et à préparer une agriculture mieux armée face aux épisodes climatiques extrêmes.
Première urgence : l’argent. Le conseil régional a décidé d’accélérer le versement des aides déjà accordées aux exploitations agricoles. Toutes les demandes de paiement concernant les investissements réalisés dans les fermes seront désormais traitées en priorité, pour améliorer rapidement la trésorerie des agriculteurs. Quand il faut acheter du fourrage à prix d’or en plein été ou compenser une baisse de rendement, chaque semaine compte.
En parallèle, l’exécutif régional veut faire évoluer le Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles, le PCAE. Objectif : élargir la liste des équipements subventionnables lors des prochains appels à projets. Ventilation des bâtiments d’élevage, dispositifs de rafraîchissement, matériels limitant le stress thermique des animaux, équipements économes en eau, protections des cultures contre les fortes chaleurs : autant d’investissements qui pourraient bénéficier d’un coup de pouce financier renforcé.
Sur le terrain, les effets de la chaleur se lisent partout. Les éleveurs voient leurs bêtes manger moins, produire moins de lait, parfois mourir quand ce sont les plus jeunes. Les cultures souffrent. Mais face à cette épreuve, la solidarité du monde agricole prend le relais. Des échanges de fourrages s’organisent entre exploitants pour aider les élevages les plus exposés. Dans plusieurs secteurs, des agriculteurs participent bénévolement aux opérations de lutte contre les incendies ou mettent à disposition du matériel agricole pour appuyer les services de secours[1]. Une entraide devenue indispensable alors que la sécheresse et les feux de végétation gagnent en intensité dans l’Ouest de la France.
Adapter les fermes au climat qui vient
Au-delà de l’urgence, cette nouvelle crise climatique rappelle que les exploitations devront continuer à s’adapter dans les années qui viennent. Diversification des cultures, plantation de haies favorisant l’ombre et l’infiltration de l’eau, amélioration des sols pour renforcer leur capacité à retenir l’humidité, stockage hivernal de l’eau lorsque les conditions réglementaires le permettent, sélection de variétés plus résistantes à la sécheresse : autant de pistes déjà engagées dans de nombreuses exploitations ligériennes.
Comme le rappelle une analyse publiée ce 22 juin, « le changement climatique n’est plus un risque futur à modéliser, c’est une réalité présente qui se chiffre en degrés de surplus thermique et en quintaux perdus »[1]. La Région n’est pas seule à agir : au niveau national, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a déjà annoncé une première série de mesures, dont le report des contrôles dans les exploitations situées en vigilance rouge canicule, et l’autorisation de faucher certaines jachères pour nourrir les troupeaux sans perdre les aides de la PAC[3].
Face à l’ampleur de la situation, la Région a demandé au préfet de région la réunion rapide d’une cellule opérationnelle associant l’État, les organisations agricoles et les différents partenaires concernés. L’objectif : dresser un état précis des dégâts et coordonner les réponses. Une manière de dire que cette canicule n’est pas qu’un épisode météo à passer, mais un signal d’alarme sur ce que devra affronter l’agriculture ligérienne dans les années qui viennent.
Sources
2 sources · 3 faits vérifiés

