La startup française SquareMind annonce un tour de table de 18 millions de dollars pour déployer Swan, robot d’imagerie cutanée corps entier couplé à l’IA, sur les marchés américain et européen.
L’opération, annoncée le 27 avril, regroupe une levée de pré-série A non communiquée jusqu’ici et le tour actuel. Elle est menée par le fonds Deep Tech 2030 géré pour l’État par Bpifrance dans le cadre de France 2030, et par Sonder Capital, fonds californien cofondé par Fred Moll, pionnier de la robotique médicale et fondateur d’Intuitive Surgical. Participent également Adamed, Calm/Storm Ventures, Teampact Ventures et plusieurs entrepreneurs.
La jeune pousse vise un lancement commercial imminent en dermatologie, secteur où les délais d’examen atteignent douze mois dans certaines zones, notamment en raison du vieillissement de la population. Le produit s’adresse à des cabinets et hôpitaux confrontés à une demande qui dépasse largement les capacités.
Swan : un robot pour numériser la peau en quelques minutes
Développé avec des dermatologues de référence, Swan est présenté comme le premier robot au monde capable de cartographier l’intégralité de la surface cutanée à très haute résolution, dite dermoscopique, comparable à un examen à la loupe[1]. L’acquisition d’images est entièrement automatisée. Un bras articulé passe au peigne fin la peau du patient, capture les clichés en quelques minutes, puis les transmet à un logiciel d’assistance basé sur l’IA.
Ce logiciel facilite la revue des images et le suivi de l’apparition ou de l’évolution des grains de beauté dans le temps. Le dermatologue garde la main sur la décision clinique. « Notre technologie agit comme un compagnon : elle contribue à réduire la charge cognitive, optimise le temps médical et facilite une documentation complète, permettant aux médecins de se concentrer sur la prise en charge des patients et la décision clinique », résume Ali Khachlouf, cofondateur et CEO[1].
L’examen de dépistage est l’acte le plus fréquent en dermatologie, mais le temps manque souvent pour une documentation approfondie, utile au dépistage précoce. Or 80 % des mélanomes, cancer de la peau potentiellement mortel, apparaissent sous forme de nouvelles lésions, rappelle la société[1].
| Investisseur | Type |
|---|---|
| Deep Tech 2030 (Bpifrance) | Fonds public France 2030 |
| Sonder Capital | Venture capital (Californie) |
| Adamed | Investisseur santé |
| Calm/Storm Ventures | Venture capital |
| Teampact Ventures | Venture capital |
| Plusieurs entrepreneurs | Business angels |
Source : Bpifrance
Un positionnement face à la concurrence française

SquareMind évolue sur un marché qui attire d’autres acteurs français. DermaScan, startup née chez Hexa, crée des centres spécialisés dans le dépistage du cancer de la peau et a séduit Céline Lazorthes (Resilience) et Jean-Charles Samuelian (Alan)[3]. Contrairement à DermaScan qui mise sur un réseau de centres dédiés, SquareMind commercialise une plateforme robotique destinée aux cabinets de dermatologie et aux hôpitaux existants.
La différence tient au modèle : Swan s’insère dans le parcours clinique habituel du dermatologue, qui garde l’examen et la décision. DermaScan propose un circuit alternatif, avec des centres ad hoc. Les deux approches visent le même problème (saturation de l’accès aux soins dermatologiques) mais par des biais distincts.
Kate Garrett, Managing Partner chez Sonder Capital, souligne la portée : « La robotique et l’intelligence artificielle vont redéfinir la pratique médicale en automatisant certains actes, afin d’optimiser le temps médical tout en rendant l’excellence des soins accessible à chacun. SquareMind a développé une plateforme unique au monde, appelée à devenir un standard de la dermatologie moderne »[1].
Pourquoi cette levée compte pour la deeptech santé
Croissance des équipes et étapes suivantes
Le financement servira à étoffer les équipes commerciales, d’ingénierie et de support client en vue du lancement sur les marchés américain et européen[1]. La société prépare l’industrialisation et le déploiement à grande échelle. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large : Bpifrance et l’écosystème français ont multiplié les investissements dans les deeptechs santé ces derniers mois.
Amélie Maillon, directrice d’investissement chez Bpifrance, commente : « SquareMind illustre une nouvelle génération de deep tech françaises en santé digitale alliant innovation de rupture et forte ambition internationale. Nous sommes heureux d’accompagner l’équipe dans cette étape stratégique de croissance »[1].
La société communique une « forte demande » de la part des cabinets et hôpitaux, sans détailler le nombre d’installations prévues ni le calendrier précis. Le lancement commercial est décrit comme imminent. Reste à savoir comment les dermatologues intégreront un robot qui automatise une partie de l’examen qu’ils réalisent aujourd’hui manuellement, et si l’investissement sera couvert par les systèmes de remboursement.
SquareMind : les points clés de la levée
- SquareMind lève 18 millions de dollars menés par Bpifrance (Deep Tech 2030) et Sonder Capital
- Swan cartographie la peau entière en quelques minutes, résolution dermoscopique, images traitées par IA
- Lancement commercial imminent aux États-Unis et en Europe, face à une demande en forte croissance
- 80 % des mélanomes apparaissent sous forme de nouvelles lésions, d'où l'intérêt d'une documentation complète
- DermaScan, concurrent français, mise sur des centres dédiés plutôt qu'une plateforme pour cabinets existants
- Fred Moll, fondateur d'Intuitive Surgical, cofonde Sonder Capital qui mène le tour
Sources
2 sources · 7 faits vérifiés

