Vendredi soir, quai de Valmy. Les pompiers de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris ont remonté le corps d’un homme du canal Saint-Martin. Majeur, noyé, impossible à ranimer. La préfecture de police l’a confirmé : il est décédé sur place. Un drame qui vient noircir une semaine déjà marquée par la canicule et par l’ouverture inédite du canal à la baignade.
Emmanuel Grégoire, maire de Paris, l’a dit sans détour : l’homme se trouvait « en dehors de l’espace surveillé et des horaires d’ouverture de la baignade ». C’est lui qui, la semaine dernière, avait ouvert une portion de 100 mètres du canal à la baignade, encadrée, surveillée, pour offrir un peu de répit à une ville écrasée sous la chaleur. Mais cette fois, ni surveillant ni horaire respecté. « Ce soir est d’une infinie tristesse », a écrit le maire, présentant ses condoléances aux proches de la victime et remerciant les secours mobilisés.
L’identité de l’homme n’a pas été dévoilée. Son âge non plus. Le parquet de Paris a indiqué que les investigations sont en cours, « notamment aux fins d’établir l’identité certaine du défunt », rapporte Le Parisien. Alexandra Cordebard, maire du Xe arrondissement, a appelé chacun à respecter « plus que jamais » les règles de baignade, adressant ses pensées aux proches.
La zone de baignade surveillée, instaurée mi-juin au niveau du canal Saint-Martin, devait rester ouverte aussi longtemps que durerait le « pic caniculaire », avait annoncé Emmanuel Grégoire[1]. Depuis, la canicule a desserré son étau, mais la chaleur reste présente. Et les noyades, elles, se multiplient : plus de 50 ont été recensées à travers toute la France depuis le début de cet épisode exceptionnel, selon les chiffres communiqués.
Plus de 400 décès en 2025, une cinquantaine déjà en juin 2026
L’été 2025 avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Plus de 400 personnes sont mortes par noyade durant la saison estivale, un bilan qui avait frappé les esprits. Cette année, en l’espace de quelques jours seulement, les services de secours ont déjà enregistré une cinquantaine de noyades mortelles, toutes liées à la vague de chaleur qui frappe le pays depuis la mi-juin.
Ce drame du canal Saint-Martin n’est pas isolé. Quelques jours plus tard, début juillet, un autre corps sans vie a été repêché dans le même canal. Les indices laissaient penser que la victime avait passé plusieurs jours dans l’eau avant d’être découverte. La baignade reste autorisée le dimanche dans une portion du canal, mais les autorités rappellent l’interdiction stricte de sauter des passerelles : une cinquantaine de jeunes se sont blessés en tentant le coup, selon Emmanuel Grégoire[2].
À l’échelle nationale, la situation inquiète. France 24 a rapporté, le 27 juin, qu’un quatrième enfant avait perdu la vie durant cette canicule, et que le bilan continuait de s’alourdir[3]. Les hôpitaux admettent un nombre croissant de patients, les urgences sont sous pression. Pour le professeur émérite Jean-Pascal van Ypersele, de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, tant que les émissions mondiales de COâ‚‚ ne seront pas réduites de manière significative, ces épisodes ne feront qu’empirer.
Une ville qui cherche des solutions face à la chaleur
Paris, comme beaucoup de villes françaises, cherche des parades. L’ouverture du canal Saint-Martin à la baignade était une première, une réponse concrète à une demande des habitants. Mais elle s’accompagne de risques : absence de surveillance permanente, tentations de baignade sauvage, imprudences. La mairie a multiplié les appels à la prudence, installé des zones balisées, prévu des créneaux horaires. Rien n’a suffi à empêcher ce drame du vendredi soir.
Le quai de Valmy, habituellement prisé pour ses terrasses et ses promenades, est devenu le théâtre de deux noyades en quelques semaines. Les Parisiens, eux, continuent de chercher la fraîcheur où ils peuvent : fontaines, parcs, canaux. Mais la leçon est là , brutale : l’eau soulage, mais elle tue aussi, surtout quand on ne respecte pas les règles.
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés


