Depuis le 7 août, se retrouver à plus de trois dans le quartier Sabatier de Raismes après 17 heures, c’est s’exposer à un procès-verbal. Un arrêté municipal interdit les rassemblements de plus de trois personnes et le bruit sur la voie publique, chaque soir de 17 heures à 5 heures du matin, jusqu’au 31 décembre 2026. Une décision qui fait réagir, mais que la mairie justifie par des mois de plaintes des riverains.
Le texte vise les rassemblements qui portent atteinte à l’ordre, à la sécurité, à la tranquillité ou à la salubrité publique. Il s’appuie sur les multiples plaintes et signalements reçus par la commune, qui font état de regroupements bruyants, de nuisances sonores et de dégradations de la voie publique et des biens communaux. L’arrêté cite notamment un rapport de la police pluricommunale qui relève des dégradations rue Cuvinot : cinq interventions ont été nécessaires depuis le début de l’année.
La mesure ne concerne que le quartier Sabatier, et seulement pendant une plage horaire définie. Mais sur les réseaux sociaux, la réaction a été immédiate. Beaucoup y ont vu un couvre-feu déguisé, une interdiction de se promener ou de discuter entre voisins.
La mairie précise : pas un couvre-feu
Face aux critiques, la municipalité a dû clarifier sa décision publiquement. Non, il ne s’agit pas d’interdire la libre circulation de chacun, les rencontres entre habitants, les discussions entre voisins, les promenades en groupe. Les rassemblements de plus de trois personnes restent autorisés, à condition qu’ils ne portent pas atteinte à la tranquillité publique[1].
Dans la section commentaires, plusieurs internautes ont rappelé que des dispositifs similaires avaient été déployés dans le département : à Denain pour les mineurs, avant d’être suspendus par le tribunal administratif de Lille. Ce fut également le cas pour Liévin, au mois de juillet dernier.
L’arrêté reste en vigueur jusqu’au 31 décembre. La mairie espère qu’il suffira à calmer les tensions dans le quartier Sabatier, où les riverains disent ne plus dormir la nuit. Reste à savoir si la police municipale et intercommunale pourront faire appliquer cette règle, et surtout comment elle sera interprétée sur le terrain.
Sources
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