Ruitz et Moreuil ne connaissent pas la langueur estivale. PPG, le géant américain de la peinture et des revêtements, vient d’annoncer un programme d’investissement de 40 millions d’euros sur ses deux sites industriels des Hauts-de-France : l’usine historique de Ruitz, dans le Pas-de-Calais, et celle de Moreuil, dans la Somme. Avec, à la clé, 39 emplois créés d’ici la fin 2027.
Ce n’est pas un plan de modernisation parmi d’autres. L’argent doit servir à rendre l’appareil plus réactif, plus autonome. PPG veut adapter sa production aux mouvements du marché, sans dépendre d’intermédiaires. Pour cela, le groupe prévoit de rapatrier l’ensemble de sa logistique en interne. Fini la sous-traitance : les flux, le stockage, l’expédition, tout repasse sous contrôle direct. Une décision qui traduit une volonté de maîtrise complète de la chaîne, du pot de peinture au camion qui quitte l’usine.
L’usine de Ruitz, la plus ancienne du groupe dans la région, sera au cÅ“ur de cette refonte. L’organisation industrielle doit y évoluer pour gagner en souplesse, en efficacité, en capacité à pivoter selon les commandes. Moreuil, de son côté, bénéficiera aussi de l’enveloppe, mais PPG n’a pas précisé comment les 40 millions se répartiront entre les deux sites. Silence aussi sur le détail des postes à créer : pas de métiers annoncés, pas de répartition géographique des 39 recrutements. On sait simplement qu’ils arriveront d’ici fin 2027, portés par cette montée en puissance.
L’investissement ne se limite pas à la tôle et au béton[1]. PPG poursuit aussi ses travaux de recherche en France, notamment sur des revêtements conçus pour réduire les consommations énergétiques. Aucun montant n’a été communiqué pour cette partie innovation, mais le groupe y consacre visiblement une part de ses moyens. Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires mondial de PPG a progressé de 7 % sur un an, atteignant 4,5 milliards de dollars. La dynamique est là .
Un choix industriel qui pèse
Quarante millions d’euros dans deux usines du Nord, ce n’est pas anodin. C’est un signal : PPG croit à la pertinence de produire ici, avec les gens d’ici. L’internalisation de la logistique, en particulier, repositionne ces sites au cÅ“ur de la chaîne de valeur du groupe. Ce qui se décide à Ruitz ou Moreuil ne sera plus seulement de la fabrication déléguée, mais de la stratégie opérationnelle assumée.
Les 39 emplois promis ne bouleverseront pas le bassin d’emploi, mais dans des villes comme Ruitz ou Moreuil, chaque poste créé compte. Surtout quand il s’inscrit dans un projet industriel de long terme, pas dans une aubaine conjoncturelle. L’absence de détails sur les profils recherchés laisse pour l’instant les candidats potentiels dans le flou. Mais d’ici 2027, ces recrutements devront se concrétiser.
Ce programme s’inscrit aussi dans une séquence plus large. PPG figurait parmi les douze annonces d’investissements dans les Hauts-de-France révélées lors du sommet Choose France de juin 2026. Le groupe américain a choisi de renforcer ses capacités ici plutôt qu’ailleurs. Dans un contexte où chaque usine, chaque ligne de production peut basculer vers un autre pays, ce genre de décision n’a rien d’automatique. Elle se gagne, se justifie, se défend face aux directions mondiales. Ruitz et Moreuil l’ont emporté.
Sources
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