C’est une branche tombée sur une ligne électrique qui aurait tout déclenché. Le grave incendie qui a brûlé 230 hectares à Saint-Just, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Rennes, entre le 12 et le 14 août, serait d’origine accidentelle. Selon le procureur adjoint de Rennes Jean-Marie Blin, la chute de la branche aurait créé un arc électrique, incendiant les broussailles au pied de la ligne. Pas de mégot, pas de malveillance, juste un accident qui aurait pu être évité.
Car si le départ du feu semble accidentel, sa propagation serait directement liée à un défaut d’entretien. Le terrain au pied de l’installation électrique n’était pas suffisamment débroussaillé, a confirmé le parquet. Un manquement qui a permis aux flammes de s’étendre vite, très vite, dans cette lande sèche. Les pompiers ont lutté plusieurs jours pour maîtriser l’incendie, fixé le vendredi 14 août. Aucune habitation n’a été touchée, mais le bilan matériel et patrimonial est lourd.
Les landes de Cojoux, un des sites préhistoriques les plus importants de Bretagne, ont été ravagées. Les monuments mégalithiques qui s’étendent sur près de six kilomètres ont été directement menacés par le brasier. Le site, réputé dans toute la région, a subi des dégâts considérables.
Une enquête pour identifier les responsables du débroussaillement
Une enquête a été ouverte pour destruction involontaire par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation d’autrui[2]. Confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Redon, elle devra déterminer à qui incombaient les obligations de débroussaillement : le propriétaire du terrain ou celui de l’installation électrique. La question est centrale, car c’est bien ce défaut d’entretien qui a permis au feu de prendre une telle ampleur.
L’incendie s’est déclaré peu avant 14 h 30 le mercredi 12 août, dans la commune de Saint-Just. Environ cinquante personnes ont été évacuées[3], et 100 hectares ont brûlé dès les premières heures. Les pompiers ont parlé d’une intervention complexe et longue, avec 200 hectares supplémentaires menacés par la progression des flammes vers l’ouest. Le maire de la commune, Nicolas Debray, avait évoqué dès le premier jour la piste de la chute d’un arbre sur une ligne électrique, provoquant des étincelles. La gendarmerie s’était alors montrée plus prudente, l’intervention des secours ne permettant pas encore d’enquêter en profondeur.
À Saint-Just et dans les hameaux voisins, la colère se mêle à l’amertume. Les coupures d’électricité, les flammes visibles de loin, l’inquiétude des habitants : tout le monde a vécu ces jours d’août le feu aux portes. Et si une simple branche a suffi à tout embraser, c’est bien l’absence de débroussaillage qui a laissé le champ libre aux flammes.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

