La Haute-Corse reste sous vigilance. Mercredi 19 août, le comité de ressources en eau s’est réuni à Bastia. Verdict : pas de passage au niveau supérieur, mais pas de relâche non plus. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la consommation d’eau reste trop élevée, les barrages continuent de se vider, et l’automne paraît encore loin.
Arnaud Millemann, secrétaire général à la préfecture de Haute-Corse, tire un bilan en demi-teinte. Après le pic touristique du 15 août, la pression s’est à peine relâchée. Dans les centres urbains, dont Bastia, la consommation reste de 8 à 10 % au-dessus de la normale. L’irrigation agricole, elle, continue de peser lourd. « On a toujours le même constat finalement que la semaine dernière, c’est-à -dire une consommation qui reste très élevée », constate-t-il.
Les restrictions mises en place fin juillet ont permis d’économiser 300 000 m³ la semaine passée. Un effort réel, qui représente les trois quarts de l’objectif fixé par les autorités. Mais cela ne suffit pas à enrayer la baisse des réserves. Les barrages de Sampolo et Calacuccia ont perdu respectivement 15 % et 6 % de leur volume en quelques semaines.
Désormais, tout repose sur la météo. Des pluies sont annoncées ce soir. Si elles restent insuffisantes, de nouvelles mesures pourraient être prises dans les jours qui viennent. Selon l’Office Hydraulique[1], avec le niveau de consommation actuel et sans précipitations significatives, les ouvrages permettent de tenir jusqu’à fin septembre, au mieux.
La Haute-Corse reste donc en alerte sécheresse, sans durcissement. Contrairement à la Corse-du-Sud, déjà passée en alerte renforcée dès le début juillet, le département tient encore. Mais la marge est mince. Quatorze jours de canicule ont suffi pour faire fondre les réserves accumulées pendant l’hiver.
Des gestes de sobriété encore insuffisants
Depuis le 29 juillet, un arrêté préfectoral encadre les usages. Interdiction de remplir les piscines privées, de laver les voitures chez soi, d’arroser les pelouses et les jardins entre 11 heures et 18 heures. Les golfs ne peuvent plus arroser entre 8 heures et 20 heures et doivent réduire leurs volumes de 15 à 30 %. Les douches de plage, les fontaines en circuit ouvert, le lavage des espaces publics : tout est suspendu, sauf impératif sanitaire[3].
Mais les habitants et les touristes peinent encore à appliquer pleinement ces consignes. Dans le Grand Bastia, la consommation dépasse de 10 à 15 % celle d’une année normale. Le déficit de pluie sur l’été atteint 80 % par rapport à une année moyenne. Les nappes phréatiques sont sous surveillance renforcée, les cours d’eau affichent des débits très faibles.
Les autorités attendent désormais la recharge automnale, prévue normalement à la mi-octobre. D’ici là , chaque mètre cube compte. La préfecture appelle les habitants à poursuivre leurs efforts. La Haute-Corse n’est pas encore en crise, mais elle marche sur un fil. Et l’été, lui, n’a pas encore dit son dernier mot.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés
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