Le parquet financier a saisi la Division des investigations criminelles pour identifier les bénéficiaires de 36 sociétés citées dans les rapports de la Cour des comptes couvrant 2019 à 2024.
L’enquête sur les finances publiques menée à partir des audits de la Cour des comptes franchit une nouvelle étape. Début août 2026, le parquet financier a transmis à la Division des investigations criminelles (DIC) un réquisitoire visant 36 entités. L’objectif : identifier leurs bénéficiaires effectifs et vérifier d’éventuelles modifications dans leurs statuts.
Parmi les structures concernées figurent plusieurs sociétés déjà citées dans des dossiers de marchés publics. Certaines avaient obtenu des contrats de gré à gré ou bénéficié de commandes publiques importantes au cours des dernières années. La saisine de la DIC marque l’ouverture d’investigations approfondies sur ces entités.
Thales et Lavie commercial brookers dans la liste
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Le groupe français Thales apparaît dans la liste des 36 sociétés visées par les réquisitions du parquet financier[3]. La présence de ce nom soulève des questions, compte tenu de l’existence de plusieurs entités homonymes à travers le monde et de l’absence de précision dans les sources sur l’entité exacte concernée par l’enquête sénégalaise.
Lavie commercial brookers figure également parmi les structures identifiées. Cette société aurait été impliquée dans un marché d’armement évalué à 45 milliards de francs CFA. La nature exacte de ce contrat et les conditions de son attribution font partie des éléments que la DIC devra examiner.
D’autres entités citées incluent Suma constructions Sénégal, Arezki, Bamba Ndiaye SA, ou encore Impact communication. Chacune de ces sociétés a été mentionnée dans les rapports de la Cour des comptes pour des opérations réalisées entre 2019 et mars 2024.
La SCI Fara de Cheikh Seck et l’immeuble du HCCT

La SCI Fara de Cheikh Seck fait l’objet d’une attention particulière. Selon les informations disponibles, cette société aurait perçu 3 milliards de francs CFA dans le dossier de l’immeuble du Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT). Les circonstances de cette transaction et la destination finale des fonds constituent des points centraux de l’enquête.
Envol Immobilier, développeur des sphères ministérielles, apparaît aussi sur la liste. Cette société avait obtenu des marchés de construction pour plusieurs bâtiments administratifs. La DIC devra établir si les procédures d’attribution ont respecté le cadre légal et si les montants versés correspondent aux prestations réellement fournies.
Pourquoi cette saisine de la DIC marque un tournant
DSC de Ron Yeffet et les marchés de gré à gré
DSC, société liée à Ron Yeffet, ancien consul honoraire du Sénégal à Tel-Aviv, est également visée. Selon les sources, cette structure aurait bénéficié de plusieurs marchés de gré à gré. La réglementation sénégalaise encadre strictement ce type de procédure, réservée à des cas exceptionnels. La DIC devra vérifier si les conditions d’octroi ont été respectées.
Les marchés de gré à gré permettent d’attribuer un contrat sans appel d’offres public, mais imposent une justification précise : urgence impérieuse, prestataire unique, montant limité. Toute dérogation injustifiée peut constituer une irrégularité.
Deux cabinets d’avocats non identifiés
Outre les entreprises, deux cabinets d’avocats sénégalais figurent parmi les 36 entités sous le coup des réquisitions. Leurs noms n’ont pas été communiqués. La présence de structures juridiques dans cette liste interroge sur la nature de leurs interventions et les honoraires perçus dans le cadre de contrats publics.
Les cabinets d’avocats peuvent être mandatés par l’État ou par des entreprises privées pour des missions de conseil, de contentieux ou de rédaction d’actes. La DIC devra établir si ces prestations ont été facturées conformément aux tarifs en vigueur et si les missions ont été effectivement réalisées.
Une enquête qui couvre cinq années de gestion
L’enquête porte sur la période allant de 2019 au 31 mars 2024, soit plus de cinq ans de gestion des finances publiques. Les rapports de la Cour des comptes ont recensé de nombreuses irrégularités au cours de cette période : surfacturations, paiements sans justificatifs, marchés attribués sans mise en concurrence, dépassements budgétaires.
La saisine de la DIC intervient après plusieurs mois d’analyse des documents transmis par la Cour des comptes. Le parquet financier a choisi de concentrer ses investigations sur 36 entités considérées comme prioritaires. D’autres dossiers pourraient faire l’objet de réquisitions complémentaires.
Les enquêteurs devront reconstituer le parcours des fonds publics versés à ces sociétés, identifier les bénéficiaires finaux et vérifier si des changements de statuts sont intervenus après l’octroi des marchés. Ces modifications peuvent servir à brouiller les pistes et à masquer l’identité des véritables détenteurs.
L’issue de cette enquête pourrait déboucher sur des poursuites pénales si les investigations révèlent des détournements de fonds publics, des faux en écritures ou des abus de biens sociaux. Le parquet financier dispose de pouvoirs étendus pour geler des avoirs et entendre des mis en cause.
Enquête finances publiques 2026 : les points clés
- Le parquet financier a saisi la DIC début août 2026 pour identifier les bénéficiaires de 36 sociétés
- Thales, Lavie commercial brookers, SCI Fara et Envol Immobilier figurent parmi les entités visées
- L'enquête couvre les rapports de la Cour des comptes de 2019 à mars 2024
- Deux cabinets d'avocats sénégalais sont concernés, sans que leurs noms aient été révélés
- Plusieurs sociétés avaient obtenu des marchés de gré à gré ou des contrats publics importants
Sources
1 source · 1 fait vérifié

