En matière d’énergies renouvelables, le Grand Est ne fait pas semblant. La région a multiplié par trois sa production d’électricité verte entre 2005 et 2024, passant de 7 à 21 TWh. En 2025, elle affiche 34% de renouvelables dans sa consommation finale d’énergie. L’objectif fixé par le Sraddet pour 2030 : 41%. Sept points d’écart, mais une trajectoire qui tient.
Deuxième région française pour la production d’électricité renouvelable derrière l’Auvergne-Rhône-Alpes, le Grand Est pèse 13% de la production nationale. L’éolien fournit 12 TWh, l’hydraulique 7 TWh, le photovoltaïque et la biomasse un TWh chacun. Sur le terrain, cela représente 523 installations éoliennes (deuxième position nationale derrière les Hauts-de-France) pour 5 202 MW de puissance raccordée, et 102 760 installations photovoltaïques (cinquième rang national) développant 4 950 MW.
Le bois-énergie reste le premier contributeur (30% de la production régionale d’énergies renouvelables toutes destinations), suivi par l’éolien (18%), l’hydroélectricité (17%), les biocarburants (11%), l’aérothermie (9%), le biogaz (8%) et le solaire photovoltaïque (3%). Entre 2024 et 2025, la production globale a progressé d’1% seulement, avec des variations marquées selon les filières : l’éolien recule de 19% (aléas climatiques), tandis que l’hydroélectricité bondit de 18%, le biogaz de 17% et le photovoltaïque de 15%.
Le biogaz, champion régional
C’est sur le biogaz que le Grand Est creuse l’écart. Avec 244 installations et 96 MW de puissance, la région occupe la première place nationale : 22% des installations et 17% de la puissance française. Même constat pour la méthanisation, qui décompose résidus agricoles, déchets alimentaires et boues d’épuration pour produire du biogaz : le Grand Est assure 23% des installations et 25% de la puissance électrique du pays. Une position dominante devant la Normandie, la Bretagne et les Hauts-de-France[2].
Sur dix ans, les dynamiques se dessinent clairement. Le bois-énergie et l’hydroélectricité restent stables. Les biocarburants reculent de 20%. Mais l’éolien gagne 80%, le solaire thermique 15%, l’utilisation des déchets renouvelables 70%. Quant au biogaz, il a été multiplié par dix, et le photovoltaïque par trois[3].
2026, année de consolidation
Plusieurs projets structurants doivent être raccordés au réseau en 2026 dans le Grand Est et le nord de la France : parcs éoliens terrestres de plusieurs dizaines de mégawatts, centrales solaires développées depuis plusieurs années. Des infrastructures qui alimenteront la montée en puissance observée depuis 2005[5].
Le territoire concentre 7,5% des installations photovoltaïques de France métropolitaine et 8,4% de la puissance totale. Pour l’éolien, il pèse 20,4% des installations et 21,6% de la puissance potentielle nationale. Des positions qui traduisent une volonté politique claire, relayée par la feuille de route énergétique régionale et portée par le Sraddet.
Reste l’autre versant de l’équation : la consommation. Substituer les fossiles par du renouvelable ne suffit pas si la demande d’énergie continue d’augmenter. Or, selon l’observatoire régional Climat Air Énergie, le Grand Est n’a réduit sa consommation d’énergie que de 4% depuis 2012, loin de l’objectif de 29% fixé pour 2030[3]. Après une baisse en 2020 (crise sanitaire), la consommation a même dépassé en 2021 les niveaux de 2018 et 2019.
La région affiche néanmoins une performance solide : 78% de son objectif 2030 de production renouvelable atteint dès 2025[2]. Entre développement des capacités installées et sobriété énergétique, le pari n’est pas gagné d’avance. Mais le Grand Est a les moyens de tenir la ligne.
Sources
3 sources · 5 faits vérifiés

