Un tiers des salariés du secteur privé a connu au moins un arrêt de travail en 2025, révèle Malakoff Humanis le 21 août 2026.
Le 21 août 2026, Malakoff Humanis a publié la dixième édition de son baromètre absentéisme. Le taux global s’établit à 4,3 % en 2025, en hausse de 25,5 % depuis 2019. Mais ce niveau élevé masque une transformation plus profonde : ce n’est plus la fréquence qui pose problème, c’est la durée. Les arrêts de plus de 60 jours représentent 9,4 % du total des arrêts, mais ils concentrent 63,8 % des journées d’absence. Leur poids a grimpé de 6 points en six ans.
L’étude s’appuie sur les données d’indemnisation de 3,8 millions de salariés suivis par Malakoff Humanis, sur un sondage Ifop auprès de 3 000 salariés, 400 dirigeants et 200 médecins généralistes. Elle croise pour la première fois les chiffres médicaux anonymisés avec les déclarations des acteurs de terrain.
Les troubles psychologiques devant les pathologies rhumatologiques
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Les pathologies de santé mentale sont désormais la première cause des arrêts de plus de 30 jours : elles représentent 37,8 % de ces absences longues. Elles dépassent largement les pathologies rhumatologiques (21,6 %) et la traumatologie (15,1 %). Ce basculement confirme une tendance observée depuis la crise sanitaire, mais elle s’accélère[2].
Trois familles de pathologies concentrent les deux tiers des arrêts longs : santé mentale, troubles musculo-squelettiques, traumatologie. Les comprendre permet d’agir, note Malakoff Humanis. Mais la réponse demeure largement insuffisante : plus d’une entreprise sur deux n’a mis en place aucune action spécifique contre l’absentéisme.
| Pathologie | Part des arrêts longs |
|---|---|
| Santé mentale | 37,8 % |
| Pathologies rhumatologiques | 21,6 % |
| Traumatologie | 15,1 % |
Source : Placéco
Jeunes, cadres, managers : l’absentéisme n’a plus de profil type

Les moins de 30 ans s’arrêtent souvent, mais brièvement. Les 55 ans et plus s’arrêtent moins fréquemment, mais bien plus longtemps. Les cadres, historiquement épargnés, enregistrent aujourd’hui les hausses les plus rapides : leur taux d’absentéisme a progressé de 35,2 % depuis 2019[2]. La moitié des managers (53 %) s’est vu prescrire un arrêt en 2025.
L’absentéisme ne se limite plus aux populations exposées physiquement. Il s’est diffusé dans toute la hiérarchie, touchant désormais les fonctions d’encadrement. Le phénomène n’a plus de profil type : il a des dynamiques qui divergent selon l’âge, le statut, le secteur.
La proportion de salariés absents remonte à 37 % en 2025, contre 33 % en 2024, selon l’Observatoire de la performance sociale 2026 d’Ipsos[5]. La durée moyenne recule légèrement à 21,1 jours, mais cette baisse ne compense pas l’extension du phénomène. Les non-cadres restent les plus touchés, mais la progression est désormais plus marquée chez les cadres.
Pourquoi l'absentéisme ne recule plus
Un coût de 120 milliards d’euros pour l’économie française
L’absentéisme coûte plus de 120 milliards d’euros par an à l’économie française, soit environ 3 500 euros par salarié et par an, selon le baromètre WTW 2026[3]. Ce chiffre intègre l’indemnisation directe, la désorganisation des équipes, la baisse de productivité et les coûts de remplacement. Mais il ne mesure pas les effets sur le climat social ni sur le désengagement.
Les arrêts longs ont progressé de 4,9 % en un an. Les arrêts de plus de 90 jours atteignent leur plus haut niveau. La hausse des absences liées aux accidents du travail et maladies professionnelles atteint 0,85 %, un record. Ce durcissement structurel ne relève pas d’absences ordinaires ou conjoncturelles : il s’inscrit dans des problématiques lourdes de santé au travail.
Thomas Martel, senior data scientist chez Ipsos Conseil RH, résume : « En 2025, on voit moins un emballement général de l’absentéisme qu’un durcissement de sa structure : davantage d’arrêts longs, des AT/MP au plus haut, et une diffusion du phénomène bien au-delà de ses populations historiquement les plus exposées. »
| Indicateur | Valeur 2025 | Évolution depuis 2019 |
|---|---|---|
| Taux d’absentéisme | 4,3 % | +25,5 % |
| Salariés ayant connu un arrêt | 32 % | — |
| Part des arrêts de plus de 60 jours (en jours d’absence) | 63,8 % | +6 points |
| Taux d’absentéisme des cadres | — | +35,2 % |
Source : Malakoff Humanis
Les écarts sectoriels restent marqués. La santé, le commerce et le transport-logistique figurent parmi les secteurs les plus exposés. Les Hauts-de-France et le Grand Est demeurent les régions les plus touchées, tandis que l’ÃŽle-de-France reste en retrait. Ces différences durables s’expliquent par la structure des marchés de l’emploi locaux, la répartition des professions physiques et l’accès aux services de santé.
Pour Malakoff Humanis, les entreprises doivent désormais conjuguer protection financière, accompagnement humain et performance sociale. Les solutions de prévoyance collective enrichies de services, comme Entreprises Prévoyance +, s’imposent comme des leviers pour sécuriser les parcours professionnels et limiter durablement les conséquences de l’absentéisme. Mais la prévention, le maintien du lien avec les salariés absents et le retour à l’emploi restent les trois enjeux majeurs que peu d’entreprises ont saisi à ce jour.
Absentéisme en entreprise 2025 : les chiffres à retenir
- Malakoff Humanis a publié son baromètre absentéisme le 21 août 2026
- Les arrêts de plus de 60 jours concentrent 63,8 % des jours d'absence, en hausse de 6 points en six ans
- Les troubles psychologiques représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, devant les TMS (21,6 %)
- Le taux d'absentéisme des cadres a bondi de 35,2 % depuis 2019
- 53 % des managers ont connu un arrêt en 2025
- Plus d'une entreprise sur deux n'a mis en place aucune action spécifique contre l'absentéisme
Sources
3 sources · 4 faits vérifiés

