Depuis le 1er septembre 2026, acheter ou louer une voiture électrique d’occasion peut donner droit à un coup de pouce financier. Ce n’est pas le retour du vieux bonus d’État supprimé en 2024, mais un autre mécanisme : celui des certificats d’économies d’énergie, financé par les fournisseurs d’énergie et de carburant.
Le principe est simple. Une nouvelle prime CEE s’ajoute au dispositif qui subventionne déjà l’achat de véhicules électriques, cette fois pour le marché de l’occasion. Et bonne nouvelle pour beaucoup de foyers : aucune condition de revenus n’est exigée. Que vous gagniez le SMIC ou trois fois plus, la porte est ouverte, à condition que le véhicule coche les bonnes cases.
Reste à savoir combien ça pèse réellement dans le budget. C’est là que le tableau se nuance, parce que le montant n’est pas gravé dans le marbre : il dépend de l’opérateur auprès duquel vous faites la demande.
337 euros environ, versés par les fournisseurs d’énergie
Le nouvel arrêté du 10 août 2026, publié au Journal officiel le 12 août, crée une fiche d’opération standardisée baptisée TRA-EQ-133[4]. Elle fixe le montant à 42 200 kWh cumac par véhicule acheté ou loué, soit environ 337 euros[4]. On est loin des primes à quatre chiffres du passé, mais c’est une somme à prendre quand on solde un achat.
Attention à un point que le grand public confond souvent : ces CEE ne sortent pas du budget de l’État. Ce sont les fournisseurs d’énergie qui les versent, via un opérateur partenaire du professionnel qui vous vend la voiture[4]. L’État se contente de fixer les règles et les montants selon la catégorie de véhicule et le type d’acquéreur. Résultat concret : le montant peut varier d’un opérateur à l’autre, tout comme les modalités de versement, virement bancaire ou chèque selon les cas. D’où l’intérêt de comparer les offres avant de signer.
Quelles voitures sont éligibles

Le dispositif ne concerne que les véhicules strictement électriques. Les hybrides et hybrides rechargeables sont exclus, sans exception. Pour ouvrir droit à l’aide, la voiture doit répondre à plusieurs critères précisés par la préfète du Lot[5] :
- Être 100 % électrique.
- Avoir été immatriculée pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023.
- Être achetée ou louée auprès d’un professionnel de l’automobile habilité.
- Disposer d’une batterie en bon état, avec une capacité d’au moins 80 % de sa capacité initiale, ou respecter certains critères d’autonomie.
Ce dernier point, l’état de santé de la batterie, est nouveau et n’a rien d’anecdotique. Sur une électrique d’occasion, c’est précisément ce qui fait la valeur du véhicule. En imposant un seuil, le dispositif écarte les modèles trop fatigués.
Un engagement de trois ans et cinq véhicules maximum
L’aide n’est pas sans contrepartie. Vous devez vous engager à conserver la voiture au moins trois ans. En cas de location, la durée du contrat doit atteindre trois ans minimum, hors reconduction tacite. Un particulier ou une entreprise peut en bénéficier pour cinq véhicules électriques d’occasion au maximum.
Selon les modalités du dispositif, celui-ci s’applique aux opérations engagées à compter du 1er septembre 2026, jusqu’au 1er septembre 2030[4]. Autrement dit, quatre ans pour en profiter, ce qui laisse le temps de trouver la bonne occasion.
Environ 2 000 euros pour les aides à domicile

Une majoration est prévue pour les professionnels de l’aide à domicile et des services à la personne : assistance aux personnes âgées, accompagnement des personnes handicapées, entre autres. Dans ce cas, l’aide grimpe à environ 2 000 euros par véhicule, à condition que la voiture respecte des critères d’éligibilité supplémentaires[3].
Ce coup de pouce renforcé est temporaire. Il ne vaut que pour les opérations d’achat ou de location engagées avant le 1er janvier 2027, date d’acceptation du devis, de la commande ou du contrat de location, et finalisées avant le 1er juillet 2027, date de livraison par exemple. Les aides à domicile qui songent à basculer leur flotte vers l’électrique ont donc une fenêtre étroite pour agir.
Comment faire concrètement
La démarche passe par un professionnel. Comparez d’abord les offres disponibles pour repérer la plus avantageuse, le montant variant selon l’opérateur CEE choisi[1]. Rapprochez-vous ensuite d’un concessionnaire ou d’un loueur conventionné, qui montera le dossier avec son opérateur partenaire. C’est ce dernier qui vous versera la prime, dans les délais et selon les modalités qu’il pratique.
À côté de cette aide grand public, un dispositif spécifique aux taxis entre lui aussi en vigueur au 1er septembre 2026, avec un soutien pouvant aller jusqu’à 5 500 euros[3]. Mais pour l’automobiliste ordinaire qui lorgne une électrique d’occasion sans se ruiner, c’est bien la prime CEE de septembre qui change la ligne du budget.
Sources
4 sources · 8 faits vérifiés


