Développé pendant des années dans la plus grande discrétion, l’AIM-260 Joint Advanced Tactical Missile commence à sortir de l’ombre. Lockheed Martin et le département américain de la Défense ont conclu un accord-cadre destiné à préparer une montée en cadence de ce nouveau missile air-air à longue portée.
L’enjeu dépasse la présentation d’une nouvelle arme : Washington cherche à reconstituer ses stocks de missiles et à sécuriser une production durable face à des menaces aériennes jugées de plus en plus sophistiquées.
Un missile longtemps tenu à l’écart du public
L’AIM-260, également désigné par l’acronyme JATM, a été développé sous un niveau élevé de confidentialité. Ses caractéristiques précises restent classifiées, notamment sa portée, sa vitesse, son système de guidage et son prix unitaire.
Lockheed Martin affirme néanmoins que cette arme offre une portée et une efficacité supérieures à celles des missiles air-air actuellement disponibles. Elle a été conçue pour répondre à l’apparition d’appareils capables d’engager leurs adversaires à très grande distance, parmi lesquels le chasseur furtif chinois J-20.
Les premières images publiques du missile ne sont apparues qu’en mai. Cette discrétion explique pourquoi le programme est resté largement méconnu malgré son importance pour l’aviation militaire américaine.
Les F-22 et F-35 doivent recevoir l’AIM-260
Le nouveau missile doit notamment être intégré aux F-22 Raptor et F-35 Lightning II. Ces chasseurs furtifs pourraient ainsi attaquer une cible aérienne à longue distance tout en limitant leur exposition aux défenses ou aux avions adverses.
L’AIM-260 est appelé à compléter les capacités air-air existantes des États-Unis. Son développement répond directement à la progression des armements chinois et à la volonté américaine de conserver un avantage dans les combats au-delà de la portée visuelle.
Un accord pour investir avant les commandes à grande échelle
L’accord signé avec le Pentagone ne constitue pas encore une commande pluriannuelle définitive. Il établit le cadre nécessaire à sa préparation et doit permettre à Lockheed Martin de financer les investissements industriels indispensables à l’augmentation de la production.
Ce dispositif peut couvrir plusieurs besoins :
-
- l’adaptation ou l’extension des chaînes d’assemblage ;
- la sécurisation des fournisseurs et des composants critiques ;
- la préparation d’une fabrication régulière sur plusieurs années.
Pour le département américain de la Défense, l’objectif est de donner davantage de visibilité au fabricant et à ses sous-traitants. Une commande portant sur plusieurs années peut éviter les variations brutales de volumes et faciliter la constitution d’une base industrielle capable de livrer plus rapidement.
L’Australie, premier client étranger annoncé
Le programme ne concerne déjà plus uniquement les forces américaines. L’Australie a annoncé l’acquisition de missiles AIM-260 afin de renforcer les capacités de son armée de l’air et son interopérabilité avec les États-Unis.
La quantité prévue et le coût d’un missile n’ont pas été rendus publics. Cette ouverture à un allié proche montre toutefois que Washington envisage déjà le JATM comme une capacité pouvant être partagée, au moins avec certains partenaires stratégiques.
Ce qu’il faut retenir
L’AIM-260 reste entouré de nombreuses informations classifiées : toute estimation précise de sa portée, de sa vitesse ou de son prix doit donc être considérée avec prudence. Le fait essentiel est ailleurs : le Pentagone et Lockheed Martin préparent désormais son passage à une production plus importante, avec une future commande pluriannuelle en ligne de mire. Le missile doit équiper les F-22 et F-35, tandis que l’Australie est le premier acheteur étranger annoncé.

