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Unanimité et droit de veto : Trump veut placer les subventions médicales sous contrôle politique

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Donald Trump envisage de modifier en profondeur l’attribution des financements du principal organisme américain de recherche biomédicale. Un conseil comprenant des responsables nommés par le pouvoir pourrait bientôt autoriser ou bloquer les subventions du NIH, avec l’obligation de prendre ses décisions à l’unanimité.

Le dispositif n’est encore qu’un projet de décret présidentiel. Mais il ferait entrer directement des critères politiques dans un processus jusqu’ici principalement fondé sur l’évaluation scientifique des travaux proposés.

En 30 secondes
  • Trump crée un conseil politique capable de bloquer les subventions du NIH à l'unanimité.
  • La qualité scientifique ne serait plus le seul critère : des thèmes jugés « woke » pourraient être écartés.
  • Le NIH finance la recherche biomédicale mondiale, ses décisions affectent donc bien au-delà des États-Unis.

Un conseil extérieur pourrait bloquer des recherches

Le président américain a demandé à son directeur du budget, Russell Vought, de préparer un décret créant un nouvel organe chargé d’examiner les subventions des National Institutes of Health, plus connus sous le sigle NIH.

Ce conseil compterait notamment Russell Vought et Jay Bhattacharya, le directeur du NIH. Chaque financement devrait recueillir l’accord de tous ses membres. En pratique, un seul désaccord pourrait donc suffire à empêcher l’attribution d’une subvention.

Le changement donnerait au directeur du Bureau de la gestion et du budget de la Maison-Blanche un pouvoir direct sur l’utilisation de fonds votés par le Congrès. Ce responsable politique pourrait ainsi peser sur la sélection de projets portant sur la santé, les maladies ou les traitements médicaux.

Un seul désaccord pourrait donc suffire à empêcher l'attribution d'une subvention.

La qualité scientifique ne serait plus le seul critère

Le fonctionnement traditionnel du NIH repose sur l’examen des demandes par des spécialistes capables d’en apprécier la méthode, la solidité et l’intérêt scientifique. Le projet ajouterait à cette sélection un contrôle extérieur lié aux priorités de l’administration Trump.

Lors d’une réunion consacrée au sujet, de hauts responsables ont reproché au NIH de financer des initiatives qualifiées de « woke » et jugées contraires aux orientations présidentielles. Le futur conseil pourrait donc écarter des recherches pourtant retenues pour leur mérite scientifique si leur thème était considéré comme incompatible avec l’agenda politique de la Maison-Blanche.

L’administration affirme de son côté vouloir réserver l’argent public à une science qu’elle juge solide et corriger des priorités de financement qu’elle estime mal orientées.

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Plusieurs thèmes de recherche sont déjà visés

Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de réduction ou de suspension des aides fédérales. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, des financements consacrés à la santé, à la nutrition, à l’environnement et aux secours en cas de catastrophe ont été gelés ou supprimés.

Certains projets scientifiques ont également été signalés lorsqu’ils comportaient des termes associés à des sujets contestés par l’administration, parmi lesquels :

    • l’équité ;
    • le genre ;
    • le racisme ;
    • le changement climatique.

Des chercheurs ont engagé une action collective contre le gouvernement américain. Ils accusent l’administration d’utiliser le financement public pour favoriser certaines opinions et en réduire d’autres au silence, ce qui constituerait, selon leur plainte, une atteinte à la liberté d’expression protégée par la Constitution américaine.

Un enjeu qui dépasse les États-Unis

Le NIH est présenté comme le premier financeur public mondial de la recherche biomédicale. Ses décisions peuvent donc influencer des travaux sur les maladies, les médicaments et la prévention bien au-delà des frontières américaines.

À ce stade, le décret n’a pas encore été officiellement adopté et ses modalités définitives restent inconnues. La Maison-Blanche, le ministère américain de la Santé et le Bureau de la gestion et du budget n’avaient pas publiquement détaillé le projet.

À retenir : Donald Trump veut instaurer un conseil politique capable de bloquer des subventions du NIH. Il faut désormais surveiller la publication éventuelle du décret pour savoir quels projets seraient concernés et quelle place resterait accordée à l’évaluation scientifique.

Questions fréquentes

Quels thèmes de recherche sont d'ores et déjà visés par l'administration Trump ?

L’équité, le genre, le racisme et le changement climatique sont mentionnés comme sujets contestés par l’administration. Des projets scientifiques contenant ces termes ont déjà été signalés dans le cadre d’une politique plus large de réduction ou suspension des aides fédérales.

Comment cette réforme affecterait-elle le processus actuel d'attribution des subventions ?

Actuellement, le NIH repose sur l’examen par des spécialistes évaluant la méthode, la solidité et l’intérêt scientifique. Le projet ajouterait un contrôle extérieur lié aux priorités de l’administration Trump, permettant d’écarter des recherches retenues pour leur mérite scientifique si leur thème était jugé incompatible avec l’agenda politique.

Quel recours les chercheurs ont-ils engagé contre cette initiative ?

Des chercheurs ont lancé une action collective accusant l’administration d’utiliser le financement public pour favoriser certaines opinions et en réduire d’autres au silence, ce qui constituerait selon leur plainte une atteinte à la liberté d’expression protégée par la Constitution américaine.

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Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier décrypte les aides et les droits des Français. CAF, retraite, chômage, chèque énergie, MaPrimeRénov', bourses ou aides locales : il s'attache à dire clairement qui peut en bénéficier, pour quel montant, jusqu'à quand et comment faire la démarche, étape par étape. Attaché aux chiffres officiels et aux sources françaises, il écrit pour que chacun sache exactement à quoi il a droit — et n'y renonce pas faute d'information.