Les jeunes diplômés rencontrent davantage de difficultés pour entrer sur le marché du travail en France. Mais les données françaises disponibles en 2026 ne permettent pas d’affirmer que l’intelligence artificielle en est la cause.
Les inquiétudes sur le remplacement de certains postes débutants par l’IA se multiplient à mesure que ces outils progressent dans les entreprises. Pour la France, il faut toutefois distinguer cette hypothèse de ce que montrent réellement les statistiques : l’emploi des jeunes et le recrutement des débutants se dégradent, mais aucun indicateur officiel disponible ne permet d’isoler un effet causal de l’IA.
- Le chômage des jeunes en France augmente : 21,6 % pour les 15-24 ans en 2026 contre 19,1 % en 2025.
- L'insertion des diplômés Bac +5 s'est dégradée, avec 70 % en emploi un an après le diplôme.
- L'IA progresse dans les entreprises, mais aucune donnée ne prouve qu'elle cause cette dégradation.
Le chômage des jeunes augmente en France en 2026
Selon les dernières données trimestrielles de l’Insee sur le chômage selon l’âge, le taux de chômage des 15-24 ans actifs atteint 21,6 % au deuxième trimestre 2026, contre 19,1 % au deuxième trimestre 2025. Ce taux concerne l’ensemble des jeunes actifs de cette tranche d’âge et non spécifiquement les diplômés du supérieur.
La distinction est importante. En moyenne sur 2025, le taux de chômage était de 5,3 % parmi les actifs titulaires d’un diplôme de niveau bac +2 ou plus, contre 7,7 % pour l’ensemble des actifs, selon le bilan de l’Insee sur le chômage. Ces chiffres portent sur l’ensemble des âges et ne mesurent donc pas précisément la situation des seuls nouveaux diplômés.
Le lien de causalité entre ces deux phénomènes n'est pas démontré par les données françaises disponibles.
Pour les Bac +5, l’accès au premier emploi s’est bien dégradé

Les données de l’Apec permettent de mieux cerner les diplômés les plus qualifiés. En juin 2025, soit douze mois après l’obtention de leur diplôme, 70 % des diplômés Bac +5 de la promotion 2024 occupaient un emploi salarié en France, soit deux points de moins que pour la promotion précédente.
L’étude de l’Apec sur l’insertion des Bac +5 décrit aussi des recherches plus longues et davantage de candidatures. Elle rattache cette évolution à la contraction du marché de l’emploi cadre, sans établir que l’intelligence artificielle en serait responsable.
Les perspectives restent d’ailleurs prudentes en 2026. L’Apec prévoyait 137 610 recrutements de cadres ayant moins de six ans d’expérience en CDI ou CDD d’au moins un an, soit seulement 1 % de plus qu’en 2025 et toujours nettement moins que les 157 100 recrutements enregistrés en 2023.
L’IA progresse rapidement dans les entreprises, sans preuve d’un effet sur le chômage des diplômés
L’usage professionnel de l’intelligence artificielle est néanmoins devenu courant. Selon l’étude Apec sur les cadres et l’IA publiée en mai 2026, la moitié des cadres interrogés utilisent désormais ces outils au moins une fois par semaine. La proportion atteint 62 % chez les jeunes cadres.
Cette diffusion peut modifier les tâches, les compétences demandées et les méthodes de recrutement. Elle ne permet cependant pas de conclure que l’IA supprime déjà massivement les premiers emplois en France. Les statistiques disponibles ne comparent pas, à caractéristiques équivalentes, le chômage des nouveaux diplômés selon leur exposition réelle à l’IA.
Ce que les jeunes diplômés doivent retenir en 2026
Le constat français est donc plus nuancé qu’une disparition généralisée des emplois débutants : l’insertion s’est effectivement durcie, tandis que l’utilisation de l’IA augmente fortement, mais le lien de causalité entre ces deux phénomènes n’est pas démontré par les données françaises disponibles.
Pour un jeune diplômé en recherche d’un premier poste, l’enjeu immédiat reste celui d’un marché du recrutement cadre moins dynamique qu’en 2023. Les données devront être suivies sur plusieurs promotions et par métier pour déterminer si les professions les plus exposées à l’automatisation connaissent, à terme, une évolution spécifique de leurs recrutements.
Questions fréquentes
Comment s'est dégradée l'insertion des diplômés Bac +5 en 2024-2025 ?
En juin 2025, seulement 70 % des diplômés Bac +5 de la promotion 2024 occupaient un emploi salarié en France, soit deux points de moins que la promotion précédente. L’étude de l’Apec décrit aussi des recherches plus longues et davantage de candidatures, rattachées à la contraction du marché de l’emploi cadre.
Quelle est l'ampleur de l'utilisation de l'IA chez les cadres en 2026 ?
Selon l’étude Apec de mai 2026, la moitié des cadres interrogés utilisent l’IA au moins une fois par semaine, proportion qui atteint 62 % chez les jeunes cadres.
Pourquoi ne peut-on pas affirmer que l'IA supprime les premiers emplois en France ?
Les statistiques disponibles ne comparent pas le chômage des nouveaux diplômés à caractéristiques équivalentes selon leur exposition réelle à l’IA. Bien que l’insertion se soit durcie et l’utilisation de l’IA augmente, le lien causal entre ces deux phénomènes n’est pas démontré.

