Jackie, pygargue à tête blanche devenue célèbre grâce à une caméra installée près de son nid, est morte le 10 août 2026 à l’âge de 14 ans. Son histoire met en lumière une pratique également utilisée pour suivre les rapaces en France : l’observation à distance. Mais sur le territoire français, approcher ou filmer un nid d’oiseau protégé ne doit pas conduire à déranger les animaux.
Les images diffusées pendant des années depuis Big Bear Valley, en Californie, ont permis de suivre la reproduction de Jackie et de son partenaire Shadow. En France, aucune règle nouvelle n’entre en vigueur à la suite de cette actualité américaine. Les personnes qui souhaitent observer ou photographier des rapaces doivent en revanche respecter la réglementation française déjà applicable aux espèces protégées et à leurs sites de reproduction.
- En France, filmer un nid de rapace protégé est soumis à des règles strictes pour éviter de déranger les animaux.
- Le pygargue à queue blanche, disparu de France, y a recommencé à se reproduire et bénéficie d'une protection renforcée.
- Observer sans s'approcher du nid reste la règle essentielle : aucun rapprochement ne doit modifier le comportement des oiseaux.
En France, déranger certains oiseaux sauvages peut être interdit
Le Code de l’environnement, article L. 411-1, prévoit notamment la possibilité d’interdire la destruction ou l’enlèvement des œufs et des nids, la capture des animaux et leur perturbation intentionnelle lorsque la protection d’une espèce le justifie.
Pour les oiseaux figurant sur la liste nationale des espèces protégées, l’article 3 de l’arrêté du 29 octobre 2009 interdit notamment la destruction intentionnelle ou l’enlèvement des œufs et des nids ainsi que la perturbation intentionnelle des oiseaux, particulièrement pendant les périodes de reproduction et de dépendance, lorsqu’elle remet en cause le bon accomplissement de leur cycle biologique. Les sites de reproduction et les aires de repos des espèces concernées bénéficient également d’une protection dans les conditions prévues par le texte.
Un observateur ne doit pas chercher une meilleure image au prix d'un rapprochement susceptible de modifier le comportement des oiseaux.
Le pygargue à queue blanche est suivi en France

Le pygargue à tête blanche auquel appartenait Jackie est une espèce nord-américaine. Il ne faut pas le confondre avec le pygargue à queue blanche, Haliaeetus albicilla, présent en Europe et revenu comme nicheur en France après avoir disparu du pays.
L’Office français de la biodiversité présente le suivi du Balbuzard pêcheur et du Pygargue à queue blanche dans le cadre d’un plan national d’actions 2020-2029. Parmi ses objectifs figurent la préservation des sites de nidification et la limitation des perturbations d’origine humaine.
Cette exigence est particulièrement importante pour les grands rapaces. L’OFB indiquait en 2024 que le pygargue à queue blanche avait recommencé à se reproduire en France continentale après une longue disparition. La protection de ces oiseaux passe donc aussi par la tranquillité de leurs zones de reproduction.
Observer sans chercher à s’approcher du nid
Une webcam ou un dispositif photographique n’est donc pas, en lui-même, une autorisation d’approcher un nid. La règle essentielle pour le public reste de ne pas provoquer de perturbation : un observateur ne doit pas chercher une meilleure image au prix d’un rapprochement susceptible de modifier le comportement des oiseaux.
Pour les espèces protégées, la prudence doit être renforcée pendant la reproduction. La réglementation française ne se limite pas à protéger l’animal : selon l’espèce concernée, son site de reproduction et son aire de repos peuvent également être protégés. Avant tout projet d’installation d’une caméra à proximité d’un nid de rapace sauvage, la référence à vérifier reste donc la réglementation française applicable à l’espèce et au site concernés.
Questions fréquentes

Peut-on installer une caméra près du nid d'un rapace en France sans autorisation ?
Non. Une webcam n’est pas en elle-même une autorisation d’approcher un nid. Avant tout projet d’installation, il faut vérifier la réglementation française applicable à l’espèce et au site concernés, car les sites de reproduction des espèces protégées peuvent bénéficier d’une protection particulière.
Pourquoi la perturbation des rapaces est-elle particulièrement encadrée pendant la reproduction ?
Parce que l’article 3 de l’arrêté du 29 octobre 2009 interdit la perturbation intentionnelle des oiseaux protégés pendant les périodes de reproduction et de dépendance, lorsqu’elle remet en cause le bon accomplissement de leur cycle biologique. C’est notamment le cas pour le pygargue à queue blanche.
Le pygargue à tête blanche de Jackie est-il présent en France ?
Non, c’est une espèce nord-américaine. En France, on trouve le pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla), qui avait disparu mais a recommencé à se reproduire en France continentale après une longue absence.

