Le conflit iranien a brusquement accéléré la demande de voitures électriques en Europe. Les constructeurs français, Renault en tête, se retrouvent en première ligne d’un marché qui change de rythme.
La guerre en Iran a fait ce que les bonus écologiques et les normes CO2 n’avaient pas totalement réussi à accomplir : convaincre les automobilistes que le passage à l’électrique ne pouvait plus attendre. La flambée des prix à la pompe qui en découle a reconfiguré les arbitrages d’achat à une vitesse que personne dans l’industrie n’anticipait à ce calendrier.
“Le conflit iranien a fondamentalement redessiné la façon dont les gens pensent à la sécurité énergétique dans leur vie quotidienne”, explique Christian Gisy, PDG d’OLX. “Les Européens sont passés de ‘peut-être un jour’ à ‘maintenant’ sur les véhicules électriques.” Les chiffres lui donnent raison.
Renault : 50 % de ses immatriculations britanniques en électrique en avril
Renault a enregistré en avril un taux d’immatriculations électriques de 50 % au Royaume-Uni, avec des demandes de renseignements en ligne sur ses modèles électriques en hausse de 48 % depuis le début du conflit iranien. Avril constitue le premier mois à refléter pleinement l’impact de la guerre sur les comportements d’achat, les immatriculations étant décalées par rapport aux commandes.
La dynamique dépasse les marchés traditionnellement acquis à l’électrique. “Nous observons également une augmentation des demandes de clients pour nos voitures entièrement électriques, y compris dans les marchés d’Europe du Sud où le taux de pénétration est comparativement plus faible”, souligne Severinsson, cité par Reuters. C’est un signal structurel, pas un rebond conjoncturel.
Stellantis et Mulhouse : l’assemblage français au coeur de l’offensive électrique
Du côté de Stellantis, les versions électriques de la Peugeot 308 berline et de la Peugeot 408, toutes deux dévoilées récemment, seront assemblées à Mulhouse, en Alsace [2]. Une localisation industrielle qui place le site alsacien au carrefour de la montée en puissance électrique du groupe.
Le contexte européen donne la mesure de l’enjeu. Les ventes de voitures électriques ont progressé de 30 % à l’échelle du continent en 2025. Malgré cette dynamique, l’adoption avait jusqu’ici décroché par rapport aux prévisions des constructeurs, contraignant Volkswagen, Stellantis et d’autres à provisionner des milliards de dollars de dépréciations d’actifs [3]. La ruée post-iranienne change l’équation à court terme, mais n’efface pas les investissements mal calibrés des années précédentes.
En mars, les ventes de voitures neuves en Europe ont progressé, portées par l’électrique qui a plus que compensé le recul du thermique [5]. Le mouvement de fond est là . La question pour les constructeurs français est moins de savoir si la demande va tenir que de disposer des capacités de production suffisantes pour en capter la croissance sans délai.
Sources
3 sources vérifiées · 3 faits sourcés

