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Abilio et Juantxo : 40 ans à Saint-Pierre-et-Miquelon pour deux marins ibériques arrivés sans projet de vie

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Deux marins, un Portugais et un Espagnol, arrivés à Saint-Pierre-et-Miquelon pour la grande pêche dans les années 1980, n’en sont jamais repartis. Quarante ans après, ils racontent.

Abilio Dos-Santos et Juantxo Alzoa Sorzabal ne prévoyaient pas de rester. L’archipel français de l’Atlantique Nord devait être une étape, un travail, pas une vie entière. C’est pourtant ce qu’il est devenu.

Abilio quitte le Portugal à 33 ans. Juantxo, lui, embarque en décembre 1985 depuis Santander, en Espagne, à bord du Marmouset, environ 215 heures de route pour rallier Saint-Pierre. Ni l’un ni l’autre n’imaginait que ce trajet atlantique serait, d’une certaine façon, aller simple.

De la morue aux coquilles Saint-Jacques : une reconversion dictée par le moratoire

Leur trajectoire suit celle de la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon. La grande pêche à la morue fait vivre l’archipel pendant des décennies, puis le moratoire l’arrête net. Les deux hommes s’adaptent. Juantxo Alzoa Sorzabal continue d’abord en pêche côtière, à bord du Mirande, au début des années 2000. Puis il change de cap, comme Abilio Dos-Santos avant lui : tous deux rejoignent l’EDC, l’Élevage des Coquilles.

L’activité représente alors un espoir concret pour Miquelon, village dont l’économie cherche un second souffle après le choc du moratoire. Juantxo part même en formation à Marseille pour décrocher son brevet de plongeur. Pendant des années, il supervise l’installation des filières de coquilles Saint-Jacques dans la rade de Miquelon.

Un attachement au territoire que quarante ans n’ont pas entamé

Ce qui frappe dans leur récit, c’est moins la reconversion professionnelle que l’enracinement. Abilio Dos-Santos et Juantxo Alzoa Sorzabal se décrivent eux-mêmes comme Miquelonnais de cœur. L’archipel, ses habitants, ses hivers : ils ont tout intégré, loin du Portugal et de l’Espagne. [1]

Leur histoire illustre ce que l’outre-mer français produit parfois en silence : des trajectoires d’immigration économique qui deviennent des histoires d’appartenance. Venus pour travailler dans un secteur en crise, ces deux marins ibériques ont traversé les mutations de l’économie locale et ont choisi, à chaque bifurcation, de rester.

François Odinot
François Odinot
François Odinot, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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