Fermée en 2017 et rasée début 2026, l’ancienne tannerie de Saint-Martin-d’Aubigny n’existe plus. Deux de ses anciens salariés en gardent la mémoire.
Sur la départementale 900, entre Périers et Saint-Lô, il ne reste rien. Le bâtiment de l’ancienne tannerie de Saint-Martin-d’Aubigny, friche industrielle abandonnée depuis près d’une décennie, a été démoli au début de l’année 2026. Avec lui disparaît un site qui avait fonctionné pendant plus de soixante ans.
Yvette Dauxais, gardienne d’une mémoire en coupures de presse
Sur la table de cuisine d’Yvette Dauxais, à Raids, des dizaines de coupures de journaux s’accumulent. Les plus anciennes remontent aux années 80. Les plus récentes datent de quelques mois. Toutes parlent de la même chose : l’ancienne tannerie de Saint-Martin-d’Aubigny. Cette ancienne salariée a conservé chaque article publié sur le site depuis la fermeture, constituant une archive personnelle de la fin d’un lieu de travail.
L’usine avait ouvert dans les années 50. Elle a traversé plusieurs décennies et un changement de matière première : en 1979, le travail de la peau de bovins a laissé place à celui de la peau de serpent. Le site a officiellement fermé en 2017, selon les sources disponibles, même si certaines références évoquent 2018 pour la fermeture administrative définitive.
Rémy Vildey et le poids d’une disparition industrielle
Rémy Vildey, autre ancien salarié, figure parmi ceux qui ont accepté de témoigner pour Ouest-France. Leurs récits restent pour l’essentiel réservés aux abonnés du journal normand, mais l’angle est clair : raconter l’histoire d’un site à travers ceux qui y ont passé une partie de leur vie professionnelle, pas à travers les bilans comptables ni les actes de démolition.
La rédaction de Coutances avait lancé un appel à témoignages avant la démolition, cherchant à recueillir des souvenirs avant que le bâtiment ne disparaisse. L’initiative a abouti à cette enquête publiée le 16 juin 2026. [1]
La tannerie de Saint-Martin-d’Aubigny rejoint ainsi la liste des friches industrielles manchoises effacées du paysage. Ce qui reste, pour l’instant, ce sont les coupures de journaux d’Yvette Dauxais et les mots de ceux qui y travaillaient.
Sources
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