Un troisième réacteur nucléaire français a été mis à l’arrêt à la centrale du Bugey, exploitée par EDF, en raison de la vague de chaleur qui frappe le pays fin juin 2026.
L’information est courte, mais elle dit quelque chose de concret sur la contrainte que la chaleur fait peser sur le parc nucléaire français. Trois réacteurs arrêtés, c’est trois unités de production retirées du réseau au moment où la demande en électricité grimpe, portée par la climatisation.
Le Bugey, troisième site concerné par la canicule
La centrale du Bugey, implantée dans l’Ain en bordure du Rhône, exploite quatre réacteurs de 900 mégawatts. Lors des épisodes caniculaires, le problème n’est pas le réacteur lui-même : c’est le fleuve. La température de l’eau de refroidissement monte, et les autorisations de rejet thermique fixées par les autorités environnementales imposent des limites strictes. Quand ces seuils sont menacés, EDF doit réduire ou stopper la production.
Ce mécanisme n’est pas nouveau. L’été 2022 avait déjà contraint EDF à baisser la puissance de plusieurs sites du quart Sud-Est, dont le Bugey, le Tricastin et Saint-Alban, tous riverains du Rhône ou de l’Isère. La répétition de ces épisodes interroge la robustesse du parc face à un réchauffement qui s’installe dans la durée.
Trois arrêts simultanés : une pression sur l’équilibre du réseau
Trois réacteurs à l’arrêt en même temps, c’est une situation que RTE surveille attentivement. Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité dispose d’outils pour compenser : interconnexions européennes, activation des moyens thermiques pilotables, appels à la modération de la consommation. Mais chaque retrait de capacité nucléaire en période de pointe estivale réduit la marge.
EDF n’a pas communiqué, dans les éléments disponibles, sur la durée prévue de cet arrêt ni sur les deux autres réacteurs déjà concernés. La situation reste à suivre selon l’évolution des températures de l’eau et des prévisions météorologiques sur le bassin rhodanien.

