Actualités régionalesAprès Chido, Mayotte reçoit 12 000 noix de coco indiennes pour reconstituer...

Après Chido, Mayotte reçoit 12 000 noix de coco indiennes pour reconstituer une cocoteraie anéantie à 90%

Date:

Un conteneur de 12 000 noix de coco en provenance d’Inde vient d’arriver à Mayotte. Objectif : reconstruire une filière que le cyclone Chido a réduite à néant.

Le cyclone Chido a emporté 90% de la production cocotière mahoraise. Pour tenter de rebâtir cette filière, le Grenier des producteurs solidaires de Mayotte (GPS), une association créée spécifiquement après la catastrophe, vient de réceptionner ce premier contingent de 12 000 noix, intégralement financé par la Fondation de France à hauteur de 80 000 euros.

“C’est une grande fierté, une immense joie, une fête”, déclare Ourfane Ali Mari, président du GPS. L’homme ne cache pas sa satisfaction d’avoir réussi là où des structures plus établies ont trébuché. “On a réussi là où des grands ont échoué, le Département et la chambre d’agriculture ont tenté de faire à peu près la même chose que nous.”

En chiffres
90%
de la production cocotière mahoraise détruite par Chido
Filière à reconstruire intégralement
12 000
noix de coco livrées lors de la première livraison
Financées à 80 000 € par la Fondation de France
500 000
noix nécessaires pour reconstituer la cocoteraie
Objectif à atteindre en 6 ans
80 000 €
dotation de la Fondation de France
Financement intégral de cette première livraison
3 ans
délai de production des variétés naines importées
Contre 7 à 8 ans pour les variétés standard

L’Inde plutôt que les Comores ou Madagascar : un choix sanitaire

Le choix de l’Inde comme pays fournisseur n’est pas anodin. Dader Oubeidi, ingénieur agronome détaché du lycée agricole de Coconi pour accompagner le GPS, a épluché les options sur toute la zone indo-pacifique. Les partenaires naturels de Mayotte, les Comores, Madagascar, la Côte d’Ivoire et l’est du continent africain, sont porteurs de deux maladies fongiques dévastatrices : le jaunissement mortel et le cadang-cadang. La Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie ne sont pas indemnes non plus. L’Inde, validée par le service sanitaire de la DAAF, reste la seule option fiable à distance raisonnable. Le conteneur a mis moins d’un mois et demi pour traverser l’océan Indien.

“Génétiquement parlant, ces noix de coco indiennes sont les mêmes que celles de nos autres partenaires principaux”, précise Oubeidi, qui travaille sur cette thématique depuis 23 ans. Quatre races ont été importées : trois variétés naines (jaune, rouge et vert) et un hybride. Les nains présentent un avantage en termes de précocité, ils produisent dès trois ans contre sept ou huit pour les variétés standard, et leurs premières noix apparaissent à seulement 40 centimètres du sol. Revers : ils sont adaptés à la consommation de boisson et à la noix fraîche, pas à la cuisine. L’hybride, aux fruits plus volumineux, comble ce manque.

Pour activer ce partenariat, le président du GPS s’est lui-même rendu en Inde pendant deux semaines, afin de nouer un accord durable avec les fournisseurs.

50 livraisons similaires nécessaires pour reconstituer la cocoteraie

Des caisses de noix de coco fraîches arrivent sur un port portuaire de Mayotte
Des caisses de noix de coco fraîches arrivent sur un port portuaire de Mayotte

Les 12 000 noix seront d’abord mises à germer pendant quatre à huit mois, avant d’être plantées sur une cinquantaine de parcelles pilotes. La production issue de ces parcelles servira ensuite de base pour diffuser les plants auprès d’autres producteurs de l’île.

“C’est très insuffisant, ce n’est que le début”, concède Oubeidi sans ambages. Le chiffre donne la mesure de l’effort restant : il faudra atteindre 500 000 noix de coco d’ici six ans pour reconstituer la cocoteraie mahoraise. Le plan prévoit deux livraisons de cette taille par an. Soit une cinquantaine de conteneurs supplémentaires avant d’approcher l’objectif.

La main-d’œuvre est déjà identifiée comme un goulot d’étranglement. “12 000 noix c’est énorme et on n’a pas non plus énormément de main d’œuvre”, admet Ali Mari, qui appelle à la mobilisation. Les adhérents du GPS sont convoqués ce dimanche pour une réunion de travail consacrée à la présentation du lot et à l’organisation des premières germinations.

Reconstitution de la cocoteraie mahoraise : les chiffres du plan GPS
Indicateur Données
Part de la production détruite par Chido 90%
Noix de coco livrées (première livraison) 12 000
Financement (Fondation de France) 80 000 €
Durée de germination prévue 4 à 8 mois
Parcelles pilotes prévues Environ 50
Livraisons annuelles prévues 2 par an
Objectif total sur 6 ans 500 000 noix

Source : Outre-mer La 1ère

Pourquoi relancer la filière noix de coco à Mayotte est si difficile

Filière anéantie à 90%
Le cyclone Chido a ravagé la quasi-totalité de la cocoteraie mahoraise. Sans reconstitution, la filière disparaît durablement.
Quarantaine phytosanitaire stricte
Les partenaires régionaux habituels (Comores, Madagascar, Côte d'Ivoire) sont écartés en raison du jaunissement mortel et du cadang-cadang. Seule l'Inde satisfait aux exigences sanitaires de la DAAF.
Pénurie de main-d'œuvre
La mise en germination de 12 000 noix sur plusieurs mois mobilise une main-d'œuvre que le GPS peine à réunir. L'appel à la solidarité est lancé.
Modèle 100% privé pour l'instant
La reconstruction repose uniquement sur un financement de la Fondation de France. La pérennité du plan sur six ans reste tributaire de financements futurs non encore sécurisés.
Un rapport de 1 à 50 avec l'objectif
Les 12 000 noix livrées ne représentent que 2,4% des 500 000 nécessaires. Il faudra maintenir le rythme de deux livraisons annuelles pendant six ans sans interruption.

Un modèle associatif qui réussit là où les institutions ont buté

Le GPS est une jeune structure, créée après Chido pour pallier le vide laissé par les organismes publics. Sa réussite sur ce premier dossier, là où le Département et la chambre d’agriculture avaient échoué à monter une opération comparable, tient selon Ali Mari à sa capacité à mobiliser des compétences spécialisées rapidement. L’appui de Dader Oubeidi, agronomie et expertise phytosanitaire réunies, a été central.

Le financement intégral par la Fondation de France illustre aussi la dépendance de cette reconstruction à la générosité privée, faute de dispositifs publics opérationnels à court terme. La suite du plan, deux livraisons par an pendant six ans, suppose que cette chaîne de financement et de compétences tienne sur la durée, bien au-delà de l’élan post-catastrophe.

Reconstitution cocoteraie Mayotte : les chiffres clés

  • 12 000 noix de coco importées d'Inde sont arrivées à Mayotte pour relancer la filière dévastée par le cyclone Chido.
  • Le cyclone Chido a détruit 90% de la production cocotière de l'île.
  • La livraison a été financée à hauteur de 80 000 euros par la Fondation de France.
  • Quatre races ont été importées : trois variétés naines (jaune, rouge, vert) et un hybride à plus gros fruits.
  • L'Inde a été choisie pour ses garanties sanitaires : les fournisseurs habituels (Comores, Madagascar) sont porteurs de maladies fongiques.
  • L'objectif est d'atteindre 500 000 noix plantées d'ici six ans, via deux livraisons annuelles.
Ahmed Soilihi
Ahmed Soilihi
Ahmed Soilihi, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

Sur le même sujet

Le Big Bang n’a peut-être pas créé le temps : ce que pensent vraiment les physiciens

Le Big Bang correspond-il réellement au commencement du temps ? Une vaste consultation internationale révèle que la majorité...

215 millions de dollars : les États-Unis accélèrent la course à l’ordinateur quantique

Le département américain de l’Énergie lance une compétition dotée de 215 millions de dollars pour accélérer la mise...

Indemnités kilométriques : 3,2 % de plus pour ces agents publics jusqu’à fin 2026

Le remboursement des déplacements professionnels augmente temporairement pour certains agents publics utilisant leur véhicule personnel. Le barème bénéficie...

Retraites : ce rapport propose un « âge d’équilibre », mais aucun droit ne change aujourd’hui

La Conférence sur le travail, l’emploi et les retraites s’est achevée avec la publication d’un document final qui...