Deux scarabées japonais ont été capturés à Cannes le 18 juin 2026 : il s’agit de la première détection de cet insecte ravageur en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
La préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a annoncé le 6 juillet la capture d’un mâle et d’une femelle de Popillia japonica à Cannes, dans les Alpes-Maritimes. Cette première détection régionale, effectuée dans le cadre du dispositif officiel de surveillance des organismes réglementés pour les végétaux, constitue la deuxième interception de l’espèce sur le territoire national en 2026, après celle enregistrée en Bourgogne-Franche-Comté le 16 juin.
Originaire d’Asie, le scarabée japonais est classé comme organisme de quarantaine prioritaire au titre de la réglementation européenne. Sa nuisibilité inquiète : l’insecte s’attaque à plus de 300 espèces de plantes alimentaires, forestières et ornementales. Parmi les cultures visées figurent la vigne, les arbres fruitiers, les petits fruits, les gazons et le maïs. La réglementation impose une obligation de surveillance et de lutte dès sa détection.
Une progression européenne documentée depuis 2014
Le scarabée japonais n’a rien d’une découverte pour les autorités sanitaires européennes. Il est présent en Italie depuis 2014, où il a été signalé pour la première fois près de Milan. La Suisse a enregistré ses premiers foyers en 2017. Depuis, l’insecte a poursuivi sa progression : un nouveau foyer a été détecté à Zurich en 2023, puis à Bâle en juillet 2024[2]. La France a connu sa première interception durant l’été 2025, dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.
En Suisse, la situation s’est aggravée au cours de l’été 2025. De nouveaux foyers ont été délimités dans les cantons de Genève, Vaud, Soleure et Lucerne. Dans les zones infestées du Tessin, du Valais et des Grisons, la population a augmenté. Pour la première fois, des dommages économiques importants sous forme de pertes de rendement et de qualité ont été observés sur la vigne[4].
D’autres pays européens ont également signalé la présence de l’insecte : les Pays-Bas en 2019, l’Allemagne en 2022, la Slovénie en 2024. L’année 2025 a marqué un tournant avec des interceptions en Espagne, en Belgique et en Autriche[3].
Un insecte reconnaissable mais souvent confondu
Les adultes mesurent entre 8 et 12 millimètres de long. Le scarabée japonais peut être confondu avec d’autres coléoptères présents en France, notamment le hanneton des jardins ou le hanneton horticole. Sa coloration (tête et thorax vert métallique, élytres brun métallique cuivré teintées de vert aux extrémités) ressemble à celle d’espèces proches.
Toutefois, il est facilement reconnaissable par la présence de cinq touffes latérales de soies blanches et deux touffes sur le dernier segment abdominal. Sa petite taille constitue un autre élément distinctif : il mesure environ un centimètre, soit la taille d’une pièce de cinq centimes[5].
| Année | Pays / Région | Événement |
|---|---|---|
| 2014 | Italie (Milan) | Première détection en Europe continentale |
| 2017 | Suisse | Premiers foyers signalés |
| 2019 | Pays-Bas | Première interception |
| 2022 | Allemagne | Première interception |
| 2023 | Suisse (Zurich) | Nouveau foyer détecté |
| Juillet 2024 | Suisse (Bâle) | Nouveau foyer détecté |
| 2024 | Slovénie | Première interception |
| Été 2025 | France (Grand Est) | Première détection en France (Bas-Rhin, Haut-Rhin) |
| 2025 | Espagne, Belgique, Autriche | Premières interceptions |
| 16 juin 2026 | France (Bourgogne-Franche-Comté) | Première détection de l’année |
| 18 juin 2026 | France (Cannes) | Première détection en Provence-Alpes-Côte d’Azur |
Source : Franceinfo, The Conversation, Office fédéral de l’agriculture (Suisse)
Pourquoi cet insecte inquiète les autorités sanitaires
Une invasion anticipée par l’Anses dès 2022
La détection du scarabée japonais en France était prévisible. Un rapport d’expertise collective de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publié en mai 2022, anticipait son introduction comme inéluctable en France hexagonale. L’insecte s’est disséminé depuis les années 1970, colonisant d’abord l’archipel des Açores avant d’atteindre l’Europe continentale[3].
Les routes d’invasion du scarabée japonais sont bien documentées. Accidentellement introduit aux États-Unis en 1916, il s’y est progressivement installé et disséminé jusqu’au Canada. Les flux de voyageurs et de marchandises par avion, par train et en camion constituent les principaux vecteurs de propagation. Les chercheurs ont analysé ces flux à partir du foyer principal d’invasion, localisé en Italie du Nord et au sud de la Suisse.
Des mesures de surveillance et de lutte obligatoires
La réglementation européenne impose un signalement et une lutte obligatoires contre le scarabée japonais. En Suisse, les autorités ont pris des mesures officielles dans les cantons de Genève, Vaud, Soleure et Lucerne à la suite des nouveaux foyers délimités durant l’été 2025. Les services phytosanitaires cantonaux doivent être immédiatement alertés en cas de soupçon[4].
En France, le ministère de l’Agriculture insiste sur la détection précoce. Présent aux frontières du pays, notamment aux confins des régions Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’insecte a fait l’objet de cinq interceptions au cours de l’été 2025 en Alsace. La détection précoce, assortie le cas échéant de mesures de lutte appropriées, permet de prévenir son établissement[5].
Les autorités régionales ont mis en place un dispositif de surveillance renforcé. Les professionnels du secteur agricole et les particuliers sont invités à signaler toute observation suspecte. Le scarabée japonais attaque plus de 300 espèces de plantes : sa progression représente une menace économique et environnementale pour l’ensemble du territoire européen.
Une colonisation européenne inéluctable sans contrôle
Sans une surveillance efficace et des mesures de lutte appropriées, le scarabée japonais pourrait coloniser une grande partie de l’Europe continentale dans les prochaines années. Les zones étudiées par les chercheurs correspondent aux unités NUTS3, définies par l’Union européenne, qui représentent des zones de la taille d’un département ou d’une petite province[3].
L’insecte s’attaque à plus de 400 plantes hôtes selon certaines sources. Parmi les cultures les plus exposées figurent la vigne, les arbres fruitiers, les petits fruits, les gazons et le maïs. Les impacts économiques potentiels ont justifié son classement parmi les organismes de quarantaine prioritaires au sein de l’Union européenne.
La capture de deux spécimens à Cannes confirme que le scarabée japonais franchit progressivement les frontières françaises. Les autorités sanitaires maintiennent une surveillance accrue sur l’ensemble du territoire national, en particulier dans les régions proches des foyers européens existants.
Scarabée japonais en France : les faits essentiels
- Deux scarabées japonais capturés à Cannes le 18 juin 2026, première détection en région PACA
- L'insecte s'attaque à plus de 300 espèces végétales dont la vigne, les arbres fruitiers et le maïs
- Présent en Italie depuis 2014, en Suisse depuis 2017, en France depuis l'été 2025
- Classé organisme de quarantaine prioritaire par l'Union européenne avec obligation de surveillance
- Reconnaissable à ses touffes de soies blanches sur l'abdomen et sa taille d'environ 1 centimètre
- L'Anses anticipait dès 2022 une introduction inéluctable en France hexagonale
Sources
4 sources · 8 faits sourcés

