Relâché à 14 ans par Chelsea, Michael Olise domine le Mondial 2026 avec six passes décisives et s’impose comme outsider pour le Ballon d’Or après une saison stratosphérique au Bayern Munich.
Six passes décisives en Coupe du monde. Michael Olise ne marque peut-être pas autant qu’Erling Haaland, sept buts pour le Norvégien —, mais le Français égale déjà un record vieux de décennies : Pelé n’avait jamais fait mieux en matière de création pure. À 24 ans, le milieu offensif du Bayern Munich, souvent présenté comme un talent discret, sort de l’ombre à grande vitesse. Sa saison en club parle d’elle-même : 22 buts, 31 passes décisives en 52 matchs, triple vainqueur en Allemagne. Et désormais, un statut : celui de prétendant au Ballon d’Or, aux côtés d’Harry Kane et de Kylian Mbappé.
Pourtant, rien ne promettait un tel destin. Libéré par Chelsea à 14 ans, puis brièvement passé par Manchester City avant un nouveau refus, Olise a construit sa carrière en contournant le scepticisme des grandes académies anglaises. Brendan Flanagan, recruteur à Reading à l’époque, se souvient avoir dû convaincre ses dirigeants de miser sur cet adolescent relâché par deux mastodontes. « À cause des préjugés qui existent dans le football, ça m’a pris un peu plus de temps pour persuader les gens dans le bâtiment de le recruter : relâché par Chelsea, relâché par City, certains y voyaient un gros problème », raconte-t-il. Reading l’enrôle finalement à 16 ans, en 2018. Le reste tient du conte improbable.
Un parcours anglais mouvementé avant la révélation à Reading
Né à Londres, Olise grandit à Old Isleworth, dans l’ouest de la capitale. Sean Conlon, l’un de ses premiers coachs à Old Isleworthians, se rappelle un enfant obsédé par le ballon. « J’allais chez lui et il s’entraînait dehors avec son père Richard. Ce petit lotissement l’a vraiment aidé : peu de voitures, beaucoup d’espace en béton et une petite pelouse. Il était toujours là, à s’entraîner, obsédé par le football. » Conlon ajoute, amusé : « Avec les moins de huit ans, on leur dit : ‘Un jour, vous allez gagner la Coupe du monde. Un jour, la Ligue des champions. C’est pour ça qu’il faut avoir ces standards.’ On le prêche, et maintenant quelqu’un l’a vraiment fait. »
Passé brièvement par Arsenal puis par Chelsea, le jeune Olise porte le numéro 7 de Cristiano Ronaldo à l’école, il affrontera d’ailleurs l’icône portugaise en Premier League en 2021. Mais Chelsea le relâche, puis City fait de même. À Reading, Flanagan croit pourtant voir un talent exceptionnel lors d’un match de jeunes. Il finit par faire venir Olise dans le club de Championship, avec une clause de départ à 8 millions de livres. Crystal Palace l’active en juillet 2021 : Patrick Vieira, alors manager, veut le Français. Là-bas, Olise montre immédiatement sa qualité en Premier League : 19 passes décisives et six buts en deux saisons. L’été 2023, Chelsea active une clause de libération de 35 millions de livres pour faire revenir l’enfant qu’il avait abandonné. Surprise : Olise prolonge finalement à Palace. Avant de tout faire exploser une saison plus tard en rejoignant Munich.
| Catégorie | Total |
|---|---|
| Matchs joués | 52 |
| Buts | 22 |
| Passes décisives | 31 |
| Titres remportés | Bundesliga, DFB-Pokal, DFL-Supercup |
Source : GiveMeSport
26 buts et 39 passes décisives : la saison XXL au Bayern
Les chiffres varient légèrement selon les sources (certains créditent Olise de 26 buts et 39 passes décisives toutes compétitions, d’autres de 22 buts et 31 offrandes) mais la tendance est unanime : le Français a écrasé la Bundesliga. Capable de marquer en solo comme de délivrer des ballons millimetrés, il a montré une polyvalence rare. « Non seulement de grandes passes décisives, mais il peut aussi les marquer lui-même », souligne un observateur. Trois trophées en Allemagne, une influence croissante en Ligue des champions, notamment un récital au Bernabéu contre le Real Madrid en quart de finale, soldé par un but en Bavière —, et une régularité qui a étouffé toute critique.
Flanagan, qui l’a révélé à Reading, confesse aujourd’hui son étonnement[2]. « Pouvais-je voir qu’il atteindrait ces niveaux ? Je ne crois pas que quiconque le pouvait. Certains gamins ont l’air d’être des prétendants au Ballon d’Or à 16 ans et puis ils plafonnent. Mais Michael était sur une trajectoire qui montait, montait, montait et il n’a toujours pas plafonné. Il semble juste devenir meilleur, encore meilleur. Il a toujours eu une image dans sa tête, voyait les choses plus vite que quiconque et avait la capacité de trouver un moyen de faire la passe. Mais il est passé à un autre niveau. »
Pourquoi Olise devient prétendant au Ballon d'Or
Le Mondial 2026, rampe de lancement vers le Ballon d’Or
Six passes décisives en phase de poules et huitièmes : Olise égale le record de Pelé en Coupe du monde. La France, favorite du tournoi, s’appuie sur sa créativité pour débloquer les défenses adverses. Après un triplé en amical contre l’Irlande du Nord juste avant le début de la compétition, le milieu du Bayern a confirmé contre le Sénégal, l’Irak et la Suède (3-0 en huitièmes). Olivier Giroud, coéquipier en Bleus, n’hésite plus : « Un jour, Michael pourrait être un prétendant au Ballon d’Or. » Gael Clichy, autre figure du football français, ajoute : « C’est marrant de le voir marcher en tongs sur la pelouse avant le match pour tester la surface, mais c’est qui il est. Un type très décontracté qui a de la magie dans les pieds et qui sait l’exprimer. »
Cette discrétion (presque une timidité) contraste avec son explosivité sur le terrain[1]. Olise fuit les célébrations ostentatoires, esquive les interviews télévisées, lève mollement le trophée de Bundesliga. « Beaucoup de ses moments viraux au Bayern incluent des choses comme essayer de rester en retrait des célébrations, éviter une interview télé et une remise de trophée de Bundesliga à moitié enthousiaste », note un journaliste. Pourtant, le succès le rattrape : impossible d’éviter la lumière quand on domine un Mondial et qu’on tutoie le sommet du football mondial.
Un choix de sélection décisif : la France plutôt que l’Angleterre
Olise aurait pu porter le maillot anglais. Né à Londres, formé dans les académies anglaises, il cochait toutes les cases. Mais l’Angleterre n’a jamais vraiment frappé à la porte, du moins pas assez tôt. « Nous n’étions pas un club aussi attractif », rappelle Flanagan. « À l’époque, pour l’Angleterre, généralement, il fallait venir de Chelsea, Manchester City, Manchester United et Arsenal. La France nous a contactés et nous avons parlé à Michael. Je crois qu’ils ont reçu l’information qu’il y avait une connexion française. Ils ont été les premiers à le sélectionner en moins de 18 ans et, même si l’Angleterre est venue le chercher pour les moins de 20 ans, il était heureux là où il était. »
Ce choix change tout. En Bleu, Olise a verrouillé une place de titulaire malgré une concurrence féroce. Son profil hybride (créateur, buteur, dribbleur) s’insère parfaitement dans le schéma de Didier Deschamps. Et ce Mondial 2026 pourrait définitivement l’installer parmi les tout meilleurs, à condition que la France aille au bout.
Deuxième du classement Ballon d’Or, derrière Kane, devant Mbappé
Selon les derniers classements publiés par plusieurs médias spécialisés, Olise occupe la deuxième place de la course au Ballon d’Or 2026. Harry Kane, son coéquipier au Bayern, mène avec 73 buts et huit passes décisives en club, plus deux titres allemands. Mbappé suit de près, porté par sept buts au Mondial malgré une saison en demi-teinte au Real Madrid, une blessure au genou l’a ralenti et le club madrilène a terminé sans trophée. Erling Haaland, avec 38 buts et neuf passes décisives à Manchester City, plus deux coupes nationales et sept réalisations au Mondial avec la Norvège, talonne également.
Mais Olise possède un atout : son profil complet. Pas seulement buteur, pas seulement passeur. Les deux. « Également capable de marquer comme de créer des buts pour les autres, le joueur de 24 ans est devenu l’un des attaquants les plus redoutables d’Europe tout en laissant sa marque en Ligue des champions, notamment contre le Real Madrid en quart de finale, qu’il a martyrisé pendant de longues périodes au Bernabéu avant de couronner le match retour d’un but en Bavière », rappelle un observateur[3]. Si la France gagne le Mondial, et si Olise continue sur cette lancée —, le Ballon d’Or devient une possibilité crédible. « Si le Français à 22 buts peut mener son pays vers un trophée majeur, il sera sans aucun doute l’un des candidats les plus probables pour ramener le Ballon d’Or à la maison. Ses incroyables 31 passes décisives font de lui le meilleur créateur d’Europe actuellement », tranche GiveMeSport.
| Rang | Joueur | Buts (club 2025-26) | Passes décisives (club 2025-26) | Titres |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Harry Kane (Bayern) | 73 | 8 | Bundesliga, DFB-Pokal, DFL-Supercup |
| 2 | Michael Olise (Bayern) | 22-26 | 31-39 | Bundesliga, DFB-Pokal, DFL-Supercup |
| 3 | Kylian Mbappé (Real Madrid) | — | — | — |
| 4-5 | Erling Haaland (Man City) | 38 | 9 | League Cup, FA Cup |
| 5-6 | Lamine Yamal (Barcelone) | — | — | — |
* Selon les sources. Source : Goal.com
De Reading à Munich, de Chelsea qui le libère à la France qui le célèbre, Michael Olise incarne une trajectoire hors norme. Flanagan conclut : « Michael était sur une trajectoire qui montait, montait, montait et il n’a toujours pas plafonné. » Six passes décisives, un record égalé, une place en demi-teinte du Mondial et un statut en pleine mutation. Le garçon qui marchait en tongs sur les pelouses pourrait bien soulever le trophée le plus convoité du football individuel en fin d’année. À condition de poursuivre ce qu’il fait de mieux : jouer, créer, marquer. Sans jamais chercher la lumière, mais en la capturant malgré tout.
Michael Olise au Mondial 2026 : les chiffres clés
- Relâché par Chelsea à 14 ans, puis par Manchester City avant de rejoindre Reading en 2018
- 22 buts et 31 passes décisives au Bayern Munich en 2025-2026, triple vainqueur en Allemagne
- Six passes décisives en Coupe du monde 2026, égale le record de Pelé
- Deuxième du classement Ballon d'Or 2026 derrière son coéquipier Harry Kane
- A choisi la France plutôt que l'Angleterre dès les moins de 18 ans
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés
