Actualités1 145 entreprises en défaillance dans le Grand Est au 2e trimestre...

1 145 entreprises en défaillance dans le Grand Est au 2e trimestre : la région limite la casse

Date:

Dans une France qui enregistre 17 500 défaillances d’entreprises au deuxième trimestre 2026, soit 40 % de plus qu’avant la crise sanitaire, le Grand Est fait figure d’exception. Notre région compte 1 145 entreprises tombées entre avril et juin, une progression contenue à 1 % par rapport à la même période l’an dernier. C’est la performance la plus stable de toute la France métropolitaine.

Le contraste saute aux yeux : pendant que l’Auvergne-Rhône-Alpes flambe à 22,9 % de hausse ou que les Hauts-de-France grimpent à 8,5 %, le Grand Est tient le cap. Mieux encore : la Moselle recule de 12 % sur ce front, et le Bas-Rhin reste parfaitement stable. Seuls trois départements tirent la moyenne régionale vers le haut, la Haute-Marne, la Meuse et la Marne, mais sans déséquilibrer l’ensemble. Nous faisons partie des quatre régions qui limitent la casse, aux côtés de l’ÃŽle-de-France, de la Nouvelle-Aquitaine et des Pays de la Loire.

Cette relative bonne santé n’efface pas les difficultés réelles. Depuis janvier, 37 700 entreprises françaises sont tombées, dont deux tiers directement en liquidation, soit 1 500 de plus qu’au premier semestre 2025. Le pays vit une crise qui s’étire : le niveau de défaillances dépasse de 40 % celui d’avant la pandémie, et la trajectoire nationale ne s’infléchit pas. Selon Thierry Millon, directeur des études Altares, l’économie résiste mais s’essouffle. Les prévisions de croissance tournent désormais autour de 0,7 %, un rythme trop faible pour endiguer la vague.

Les très petites entreprises paient le prix fort

Les chiffres nationaux montrent que les très petites structures, celles de moins de trois salariés, concentrent 75 % des procédures collectives. Au deuxième trimestre, 13 185 d’entre elles ont été recensées en défaillance, une hausse de 8,3 % sur un an. Ce sont elles qui donnent le ton de la tendance globale : des tensions de trésorerie persistantes, une capacité d’absorption limitée face aux chocs économiques, une difficulté à rebondir après la crise sanitaire. Les jeunes entreprises, de moins de trois ans, sont particulièrement vulnérables : 2 248 défaillances, en progression de 12,7 %, dont plus des trois quarts débouchent directement sur une liquidation[5].

L’impact social reste toutefois modéré par rapport aux années précédentes. Le nombre d’emplois menacés recule de 9,5 % sur un an à l’échelle nationale, touchant désormais 58 830 salariés contre 69 500 au deuxième trimestre 2024. Cette baisse s’explique par la taille des structures concernées : quand une micro-entreprise tombe, l’effet sur l’emploi est limité. Mais le signal reste alarmant : la fragilité se propage dans le tissu économique.

L’hébergement-restauration trinque, la construction respire un peu

Dans le Grand Est, tous les secteurs ne vivent pas la même histoire. L’hébergement-restauration reste le plus exposé, avec une progression de 12 % des défaillances, bien au-dessus de la moyenne nationale de 7 %. Un secteur qui enchaîne les difficultés depuis la pandémie, entre coûts d’exploitation qui grimpent, clientèle qui hésite et marges qui se réduisent. À l’inverse, la construction régionale recule de 7 %, contre seulement 2 % au niveau national, une performance qui contraste avec les tensions nationales dans l’immobilier et les travaux publics[1].

L’agriculture, elle, affiche un recul de 19 % des défaillances dans le Grand Est, une exception remarquable quand le secteur progresse de 13 % à l’échelle du pays. Une bouffée d’air pour nos exploitants, souvent confrontés à des difficultés structurelles. Mais ce répit local ne doit pas masquer la tension générale : plusieurs activités de services s’enfoncent, avec des hausses marquées pour les services aux entreprises (13,9 % au national), les services aux consommateurs (15,7 %) et la santé-action sociale (17,2 %)[5].

Un horizon qui reste sombre

Thierry Millon, d’Altares, ne cache pas ses inquiétudes pour la suite de l’année. Les épisodes successifs de canicule pourraient encore accentuer le ralentissement économique, en pesant sur la consommation, la productivité et les secteurs exposés. Dans ce contexte, le nombre de défaillances pourrait dépasser 70 000 sur l’ensemble de 2026, un niveau qui placerait l’année parmi les plus difficiles de la décennie. Entre croissance atone et tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les TPE et PME restent en première ligne.

Le Grand Est peut se féliciter de sa stabilité relative. Mais cette performance, pour combien de temps ? La trajectoire nationale pèse sur tous les territoires, et la région, si elle tient mieux que d’autres, n’est pas à l’abri d’un retournement. Nos entreprises, nos commerçants, nos artisans traversent une zone de turbulences qui ne dit pas encore son dernier mot. La solidité du tissu économique local sera testée dans les mois qui viennent.

Brigitte Müller
Brigitte Müller
Brigitte Müller, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

Sur le même sujet

30 ans après, on se souvient que Pepsi avait choisi le Concorde, joyau de l’ingénierie française, pour tourner la campagne publicitaire la plus chère...

Imaginez la scène. Nous sommes en 1996 et l'un des avions les plus reconnaissables de la planète sort...

Porte-avions John F. Kennedy : la Navy vise mars 2027, pendant que la France prépare le sien

Un porte-avions de 100 000 tonnes qui prend la mer pour ses ultimes essais, c'est le genre d'événement...

Piratage du fisc en juin : 678 000 contribuables français exposés, Bercy confirme l’intrusion deux mois après

Le ministère de l'Économie confirme qu'un acteur malveillant a consulté et extrait des données fiscales de particuliers et...

Détenu un mois par l’ICE pour un visa non renouvelé, Julien Pereira rentre en France interdit de territoire pour cinq ans

Julien Pereira, manager de tennis français installé aux États-Unis depuis huit ans, a été détenu un mois par...