Vendredi 26 juin 2026, dans Paris qui suffoquait à 39°C, le Samu a compté les morts. Cent neuf personnes décédées en vingt-quatre heures, à domicile ou sur la voie publique. Quinze fois plus qu’un jour ordinaire à la même période. Le chiffre, que France Info a obtenu auprès du service d’urgence, ne comprend pas les morts survenues à l’hôpital : seulement celles que les équipes du Samu ont constatées lors de leurs interventions.
Trois mille quatre cents appels aux secours. Trente arrêts cardio-respiratoires. Une patiente en hyperthermie à 43,7°C. Les quatre Samu de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont encaissé une hausse de 80 % du nombre d’appels sur la semaine écoulée. Les urgences hospitalières, elles, ont enregistré vendredi une affluence en hausse de 36 % par rapport à une journée normale, qualifiée d’exceptionnellement élevée par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
Cette journée du 26 juin 2026 a franchi un seuil que les canicules de 2003 et 2019 n’avaient pas atteint. Jamais, en vingt-quatre heures, le Samu de la capitale n’avait relevé autant de décès hors hôpital. Et les données nationales, publiées une semaine plus tard par Santé publique France, ont confirmé l’ampleur : 2 025 décès supplémentaires enregistrés entre le 22 et le 28 juin 2026, soit une surmortalité de 30 % par rapport à la semaine précédente. Un premier chiffrage, encore provisoire, ne prenant en compte que les certificats de décès électroniques.
Les funérariums de Paris affichent complet
Face à l’afflux de corps, les deux funérariums parisiens, situés aux Batignolles et à Ménilmontant, ont affiché complet dès le samedi matin. Élisabeth Charrier, déléguée générale de la Fédération nationale du funéraire, l’a confirmé à l’AFP en se basant sur les remontées de ses adhérents[1]. Les défunts sont depuis transférés vers les villes alentour. À Pantin, Baptiste Santilly, directeur d’une entreprise de pompes funèbres, a accueilli six personnes dans son funérarium le 26 juin, bien plus que la normale[3]. Une hausse de 50 % du nombre de morts chez ce seul opérateur.
La canicule commençait à faiblir, mais la pression sur les services de soins ne relâchait pas. Samedi, trente-cinq départements restaient en vigilance rouge canicule, trente-quatre en vigilance orange aux orages. Météo-France prévoyait la fin des alertes maximales pour le dimanche soir. Les huit départements d’ÃŽle-de-France devaient basculer en vigilance orange dès 6 heures du matin, puis le Bas-Rhin et le Haut-Rhin en fin de journée.
Un homme noyé au canal Saint-Martin
Un décès par noyade s’est ajouté au bilan. Un homme s’est noyé dans le canal Saint-Martin, dans le 10e arrondissement, vendredi soir. Il se trouvait en dehors de l’espace surveillé et des horaires d’ouverture de la baignade, a précisé Emmanuel Grégoire, maire de Paris, sur le réseau social X[2]. La semaine précédente, ce dernier avait ouvert ce canal à la baignade. Le dernier bilan communiqué vendredi matin par la ministre des Sports faisait état de cinquante-cinq noyades en France depuis le début de l’épisode caniculaire.
Une surmortalité concentrée sur la moitié nord
La carte de la surmortalité dessine une géographie précise. L’essentiel des décès enregistrés entre le 22 et le 28 juin 2026 s’est concentré dans la moitié nord et l’ouest de la France : ÃŽle-de-France, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France[5]. Les régions les moins touchées par les canicules passées ont subi de plein fouet celle de juin 2026.
Le bilan consolidé, intégrant l’ensemble des certificats de décès papier, devrait être publié dans les trois semaines suivant l’épisode. Stéphanie Rist, ministre de la Santé, l’a annoncé sur TF1 : Santé publique France publiera des chiffres consolidés dans ce délai. À l’arrivée, le nombre définitif de morts pourrait dépasser celui de la canicule d’août 2003, qui reste à ce jour la référence en France. Mais en une seule semaine, fin juin 2026, le compteur a déjà atteint 2 025 décès supplémentaires, selon les données provisoires de l’agence de santé publique.
Sources
4 sources · 4 faits vérifiés


