Dix-huit noyades en Bourgogne-Franche-Comté entre le 1er juin et le 23 juillet 2026, dont sept mortelles. Le chiffre est tombé mi-juillet dans un bulletin de Santé publique France, et il a de quoi glacer : l’an dernier, sur la même période, la région en comptait huit au total, dont une seule fatale. En deux étés, le nombre de noyades a plus que doublé. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas seulement un problème de Côte d’Azur ou de littoral atlantique. Ici, en Bourgogne-Franche-Comté, les lacs, rivières et plans d’eau naturels font aussi des victimes.
Les autorités sanitaires ne s’y trompent pas. Dans son dernier rapport estival, Santé publique France cite la région aux côtés de l’Auvergne-Rhône-Alpes et de l’ÃŽle-de-France parmi les territoires de l’intérieur où la hausse a été la plus marquée. À l’échelle nationale, les régions sans façade maritime ont vu leurs noyades bondir de 48 % : 267 cas recensés contre 180 un an plus tôt. Et Bourgogne-Franche-Comté figure en bonne place dans cette statistique inquiétante.
Ce qui frappe, c’est le contexte. Entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, la France a connu trois épisodes de vigilance canicule. Et c’est durant ces vagues de chaleur que se sont concentrées près des trois quarts des noyades et huit décès sur dix. La première période, du 24 au 31 mai, a vu le nombre d’accidents doubler par rapport à l’année précédente. Quand le mercure grimpe, les gens cherchent la fraîcheur. Et souvent, ils la trouvent dans des endroits non surveillés, parfois interdits à la baignade : une rivière, un plan d’eau sauvage, un lac isolé. Des lieux où personne ne viendra vous sortir de l’eau si ça tourne mal.
Adultes : les nouvelles victimes des baignades à risque
Autre changement notable : contrairement aux années précédentes, l’augmentation touche principalement les adultes. Les enfants et adolescents restent une population vulnérable, avec 37 décès recensés au niveau national, un chiffre stable par rapport à 2025. Mais chez les adultes, les noyades mortelles en piscines et autres lieux de baignade artificiels ont quasiment doublé : de 31 à 60 décès en un an. La très grande majorité des victimes étaient majeures. Chez les adolescents de 13 à 17 ans, une noyade sur trois s’est révélée mortelle.
Les départements bourguignons et francs-comtois ne sont pas épargnés. L’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté a relayé l’alerte dès août[2], alors que la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire étaient placées en vigilance orange canicule. Le message est clair : les lacs du Morvan, les étendues de Saône-et-Loire, les rivières du Doubs ne sont pas des espaces de baignade sans danger. Surtout quand la chaleur pousse à l’improvisation.
Les recommandations : du bon sens, mais vital
Santé publique France rappelle quelques règles simples, mais que la canicule fait parfois oublier. Privilégier les zones surveillées. Respecter les interdictions de baignade. Ne jamais laisser un enfant sans surveillance, même quelques instants. Éviter de se baigner après avoir bu de l’alcool ou en cas de fatigue. Entrer progressivement dans l’eau, surtout après une longue exposition au soleil.
Des consignes de bon sens, mais qui sauvent des vies. Car en Bourgogne-Franche-Comté comme ailleurs, les noyades peuvent toucher tout le monde, dans tous les types de lieux de baignade. Avec un été 2026 qui s’annonce encore chaud et une saison loin d’être terminée, les autorités appellent à la vigilance. Parce qu’un moment de fraîcheur improvisé peut virer au drame en quelques secondes.
Sources
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