Actualités2000 personnes au Mans pour les 65 ans du statut : fiers...

2000 personnes au Mans pour les 65 ans du statut : fiers d’être français, fiers d’être wallisiens

Date:

Dans le parc Théodore Monod, au Mans, les rythmes du Soamako ont résonné tout le week-end des 24 et 25 juillet. Près de 2000 personnes se sont rassemblées pour célébrer les 65 ans du statut de Wallis-et-Futuna, ce texte signé le 29 juillet 1961 qui a fait de l’archipel du Pacifique un territoire français tout en préservant ses monarchies traditionnelles et ses coutumes. L’événement, organisé par la Fédération des associations de Wallis-et-Futuna de l’Hexagone sous la présidence de Paulo Mailagi, est devenu le rendez-vous annuel de ceux qui ont quitté les îles pour s’installer en France.

La date a été avancée du 29 juillet au week-end pour permettre au plus grand nombre de faire le déplacement. Un choix qui prend tout son sens quand on sait qu’aujourd’hui, il y a plus de Wallisiens et Futuniens en métropole que sur l’archipel lui-même. L’Insee recensait 11 000 habitants à Wallis-et-Futuna en 2023, soit 25 % de moins qu’en 2003. L’émigration massive des jeunes, combinée à une baisse de la natalité, a vidé les îles d’une partie de leurs forces vives.

Lafaele Latai, 57 ans, arrivé au Mans en 2001 et installé désormais à La Flèche, résume la situation sans détour : beaucoup quittent Wallis-et-Futuna, peu y retournent. Cette diaspora s’est retrouvée au Mans, venue de toute la France, mais aussi d’Angleterre et d’Allemagne selon l’organisateur. L’année dernière, plus de 5000 personnes avaient fait le déplacement. Cette année, malgré un chiffre plus modeste, l’affluence témoigne de l’attachement à ce bout de Pacifique et à ce qui s’y joue encore.

Un statut unique qui tient debout depuis 1961

Le texte signé en juillet 1961 reste l’un des plus anciens statuts ultramarins encore en vigueur[5]. Sa particularité : organiser la coexistence entre les institutions de la République française et les monarchies coutumières locales, un équilibre unique dans l’organisation territoriale française. Ce statut a permis aux habitants de bénéficier du système de santé, de protection sociale, d’éducation et d’infrastructures publiques, tout en préservant l’autorité des rois et chefs traditionnels.

En 1991, trente ans après la signature du traité, la Fête du Territoire a été officiellement lancée pour commémorer chaque année ce lien singulier. Le 29 juillet est depuis lors un jour férié à Wallis-et-Futuna, mêlant cérémonies officielles, rituels coutumiers et festivités populaires.

Danses, tatouages et gastronomie : un village artisanal en plein Mans

Tout le week-end, le parc Théodore Monod s’est transformé en village artisanal. Danses traditionnelles, offices religieux, démonstrations de tatouage polynésien, stands de gastronomie locale : les animations se sont succédé pour faire découvrir au public manceau un patrimoine vivant trop souvent méconnu[1]. Des groupes venus de différentes régions de France ont pris part aux célébrations, portant les costumes traditionnels et transmettant aux plus jeunes les gestes, les chants et les récits de l’archipel du Pacifique.

La gastronomie occupait une place importante dans la programmation. Les traditionnels cochons à la broche n’ont toutefois pas pu être préparés cette année en raison des restrictions liées au risque d’incendie. Les organisateurs ont déjà donné rendez-vous aux participants pour la prochaine édition, avec l’ambition de poursuivre ce rassemblement devenu un événement incontournable pour la communauté wallisienne et futunienne de l’Hexagone.

L’ambiance était à la fierté tranquille, celle d’une communauté qui assume pleinement son double attachement : à la République française et à ses racines polynésiennes. Paulo Mailagi, qui pilote la fédération nationale, l’affirme sans ambiguïté : fier d’être français, fier d’être wallisien. Ce week-end au Mans l’a encore prouvé. Une fierté qui se transmet, qui se danse et qui se chante, au milieu d’un parc manceau devenu pour deux jours un morceau de Pacifique sur la terre sarthoise.

Thierry Launay
Thierry Launay
Thierry Launay, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

Sur le même sujet

Quand le soleil disparaît, les artistes s’emparent de l’éclipse : de Star Wars à Pink Floyd, un siècle d’inspiration

L'éclipse solaire totale du 12 août 2026 ravive la fascination des artistes pour ce spectacle rare, de Star...

Au Japon, un jeu vidéo sur ordonnance traite le TDAH de l’enfant : 6 semaines de jeu, remboursé

Depuis juin 2026, le Japon autorise la prescription médicale d'EndeavorRide, un jeu vidéo thérapeutique destiné aux enfants souffrant...

Au Japon, un jeu vidéo sur ordonnance soigne les troubles de l’attention chez les enfants : 30 minutes par jour pendant six semaines

Un jeu vidéo développé par une firme américaine est désormais prescrit sur ordonnance au Japon pour traiter les...

Pendant que l’UE s’obsède sur les droits de douane, la Chine rachète discrètement plus de 130 fournisseurs européens qui fabriquent les pièces sous votre...

Alors que l'Union européenne concentre toute son énergie à ériger des barrières douanières contre les voitures chinoises finies,...