Les départs ont commencé dès mercredi 22 juillet. De Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand et Annecy, les camions rouges se sont ébranlés vers le sud. À leur bord, 436 sapeurs-pompiers venus de toute la région Auvergne-Rhône-Alpes, partis renforcer leurs collègues débordés par plusieurs incendies qui dévorent le sud et le sud-ouest du pays. C’est le déploiement le plus important de ces dernières années pour la zone de défense et de sécurité Sud-Est.
Sous l’autorité d’Étienne Guyot, préfet du Rhône et préfet de zone, l’état-major interministériel de zone coordonne l’envoi de 135 véhicules répartis sur quatre fronts. La préfecture salue l’engagement des soldats du feu dans un communiqué publié ce vendredi. Le pilotage opérationnel se fait en lien direct avec le Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (Cogic), qui assure la coordination nationale.
Le plus gros contingent fonce vers le sud-ouest. Une colonne spécialisée dans les feux urbains, composée de 128 sapeurs-pompiers et 34 engins, se dirige vers Mérignac, en Gironde. Cinq autres hommes et deux véhicules spécialisés rejoignent Bordeaux. Ces moyens sont déployés pour faire face à la menace des incendies qui se rapprochent des zones habitées, où le risque pour les populations devient critique.
Quatre fronts simultanés, du Var à l’Aude
Dans le Var, 206 sapeurs-pompiers de la région et 70 engins luttent contre le feu de Pontevès. C’est la colonne la plus massive envoyée sur un seul incendie. Plus à l’est, dans les Hautes-Alpes, 32 hommes et huit véhicules interviennent à Freissinières, sur un terrain montagneux particulièrement difficile d’accès.
Enfin, une colonne feux de forêts de 65 sapeurs-pompiers et 23 véhicules a été dépêchée à Narbonne, dans l’Aude. C’est là que brûle le plus important incendie actuellement actif dans le sud de la France : plus de 900 hectares ravagés[4], selon les données de surveillance internationale. Les conditions météorologiques, marquées par des vents secs et une chaleur écrasante consécutive à une vague de chaleur record en juin, compliquent sérieusement le travail des équipes sur le terrain.
Au total, environ 8 700 hectares ont brûlé en France depuis le début de la saison[4]. À l’échelle nationale, plus de 50 000 hectares sont partis en fumée depuis janvier 2026[5], un chiffre qui rappelle les années catastrophiques de 2022 et 2024. Trente-deux feux étaient encore en cours au moment de la publication de ce déploiement.
Les casernes d’Auvergne-Rhône-Alpes sollicitées dans leur ensemble
Les colonnes envoyées dans le Sud sont composées de moyens issus de l’ensemble des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) de la région. L’Isère compte à elle seule près de 5 000 agents, dont 3 920 sapeurs-pompiers volontaires et 845 professionnels[3], répartis dans 112 casernes. C’est ce maillage territorial qui permet à Auvergne-Rhône-Alpes de mobiliser des effectifs aussi importants en renfort, sans dégarnir la protection locale.
Pour les habitants de la région, ces départs massifs sont un rappel : la solidarité nationale fonctionne dans les deux sens. En cas de crise majeure ici, ce sont des renforts venus d’autres régions qui prendraient le relais. En attendant, les casernes tournent en effectif réduit, les vacances sont reportées, et les familles de pompiers scrutent les cartes d’incendie en ligne pour suivre la progression des feux.
Les images de fumée épaisse enveloppant la marina de Canet-en-Roussillon[4], l’odeur âcre signalée jusqu’à Marseille, les colonnes de feu visibles depuis les plages : tout cela rappelle que l’été 2026 est loin d’être terminé. Et que les hommes et les femmes partis de nos casernes combattent, en ce moment même, un ennemi qui ne faiblit pas.
Sources
3 sources · 5 faits vérifiés

