Le thermomètre économique régional affiche enfin un chiffre qui va dans le bon sens. Au deuxième trimestre 2026, 468 entreprises ont été placées en procédure collective en Bourgogne-Franche-Comté, soit 8,8 % de moins qu’au même trimestre en 2025. Un reflux bienvenu pour les chefs d’entreprise et les salariés de la région, après une année 2025 compliquée qui avait vu les défaillances grimper de 3,4 % sur douze mois.
Ce recul place la région dans le peloton des bons élèves du pays. Seulement cinq régions métropolitaines affichent un chiffre négatif au deuxième trimestre, et la Bourgogne-Franche-Comté fait mieux que la moyenne nationale, qui reste plantée à +5 %. Après un premier trimestre brutal à +19,6 %, la tendance s’inverse enfin. Mais tous les territoires de la région ne vivent pas la même histoire.
À Belfort et dans le Doubs, le répit est visible. Le Territoire de Belfort affiche un recul spectaculaire de 40 % des défaillances au deuxième trimestre, et le Doubs n’est pas loin derrière avec -32 %. Des baisses qui tirent le score régional vers le bas et qui témoignent d’une situation moins tendue qu’au début de l’année. La Côte-d’Or suit aussi le mouvement à la baisse.
Saône-et-Loire et Nièvre en surchauffe
Mais ce tableau rassurant cache des poches de fragilité. En Saône-et-Loire, les défaillances grimpent encore de 11 % au deuxième trimestre, et la Nièvre s’affiche à +19 %. Deux départements qui constituent des points de vigilance pour l’ensemble de la région. L’Yonne, elle, illustre la volatilité qui touche certains petits volumes : après un recul de 6 % sur l’année 2025, le département bondit de 16 % sur le premier semestre 2026[1]. Un yo-yo qui complique la lecture de la conjoncture locale.
Sur le plan sectoriel, l’agriculture pèse lourd dans la balance régionale. Elle représente 5 % des défaillances en Bourgogne-Franche-Comté, contre seulement 2,5 % au niveau national. Et la tendance est loin d’être rassurante : les défaillances dans le secteur bondissent de 37 % sur le premier semestre, contre 13 % à l’échelle du pays. Pour une région à forte empreinte viticole et agricole, c’est un signal majeur, qui traduit la fragilité de pans entiers de l’économie rurale face aux aléas climatiques et aux tensions sur les prix.
L’hébergement-restauration constitue l’autre sujet d’inquiétude. Le secteur enregistre une progression de 25 % des défaillances en Bourgogne-Franche-Comté, contre seulement 7 % au niveau national. L’écart est le plus marqué observé parmi les régions métropolitaines, signe d’une fragilité particulière dans un secteur pourtant censé bénéficier du rebond touristique post-Covid.
La construction recule plus vite qu’ailleurs
Dans la construction, en revanche, le recul est sensible : -10 % contre -2 % au niveau national. Un signe que la crise du bâtiment, qui frappe toute la France, commence peut-être à refluer un peu plus vite ici. Le tertiaire, lui, demeure sous-représenté dans les défaillances régionales : 32 % du total, contre 37 % au niveau national. Une spécificité qui reflète le tissu économique local, moins tertiarisé que la moyenne.
Malgré le répit du deuxième trimestre, le bilan du premier semestre 2026 reste dans le rouge : 1 138 défaillances cumulées, soit une hausse de 4 % par rapport au premier semestre 2025. La région n’est pas sortie d’affaire. Le reflux du T2 ne compense pas entièrement la poussée du premier trimestre, et la dynamique reste incertaine pour la fin de l’année.
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Au niveau national, le constat reste lourd. Le deuxième trimestre 2026 affiche un record historique pour un deuxième trimestre, avec 18 004 procédures collectives ouvertes. Le premier semestre 2026 culmine à 37 298 cas, un chiffre jamais vu. Maxime Lemerle, responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade, anticipe une année 2026 au-dessus de la barre des 70 000 défaillances en France, portée par une inflation élevée, des taux d’intérêt durablement hauts et une conjoncture toujours fragile dans la construction.
Pour la Bourgogne-Franche-Comté, le répit du T2 est une bouffée d’oxygène. Mais il ne suffira pas à effacer la fragilité structurelle de certains territoires et de certains secteurs. Entre le Doubs qui redresse la tête et la Saône-et-Loire qui peine, entre l’agriculture en crise et la construction qui ralentit, la région affiche un visage contrasté. Celui d’une économie qui cherche son rythme de croisière, après trois années de turbulences.
Sources
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