Actualités France48 % des habitants des Hauts-de-France boivent de l'eau du robinet tous...

48 % des habitants des Hauts-de-France boivent de l’eau du robinet tous les jours, contre 68 % en France

Date:

Un robinet ouvert, un verre rempli : geste banal ailleurs, moins évident ici. Dans les Hauts-de-France, moins d’un habitant sur deux boit de l’eau du robinet chaque jour. Exactement 48 %, là où la moyenne nationale grimpe à 68 %. Un écart qui place la région parmi les plus méfiantes du pays face à l’eau qui coule à domicile.

Ce chiffre provient du baromètre 2025 “Les Français et l’eau”, une enquête menée par Kantar pour le Centre d’information sur l’eau auprès de 3 043 personnes entre fin août et fin septembre 2025. Ailleurs, la consommation quotidienne atteint 79 % en Occitanie, 77 % en Auvergne-Rhône-Alpes. Ici, la bouteille l’emporte sur le robinet, et ce n’est pas un hasard.

Derrière ce choix, une confiance écornée. Seulement 70 % des habitants des Hauts-de-France disent faire confiance à l’eau du robinet, contre 78 % à l’échelle du pays. Ce taux figure parmi les plus bas observés dans les régions françaises, à peine au-dessus de la Normandie, à 71 %.

Le prix de l’eau jugé élevé par six habitants sur dix

Autre motif d’insatisfaction : le prix. Dans la région, 61 % estiment que le service de l’eau coûte “plutôt cher”, contre 58 % au niveau national[1]. Et l’avenir n’inspire guère d’espoir : 81 % des habitants pensent que l’eau coûtera davantage dans les années qui viennent, quasiment au même niveau que la moyenne française de 82 %. Les raisons évoquées à l’échelle nationale incluent l’inflation, la raréfaction de la ressource, la hausse du coût des traitements et la nécessité de rénover des réseaux vieillissants.

Pour autant, la satisfaction globale vis-à-vis du service de l’eau et de l’assainissement reste élevée : 84 % des habitants se disent satisfaits, contre 86 % en moyenne en France. Un paradoxe qui dit l’ambivalence : le service fonctionne, mais l’eau qui en sort ne convainc pas tout le monde.

Pollution perçue et crainte de pénurie

La question de la qualité nourrit les inquiétudes. 72 % des habitants de la région estiment que les ressources en eau sont polluées, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne nationale de 70 %[1]. Dans le même temps, 61 % craignent une pénurie d’eau à l’avenir, contre 64 % en France. Le changement climatique s’installe dans les têtes, même si la région n’a pas encore connu les sécheresses sévères du Sud.

Ces préoccupations rejoignent celles exprimées à l’échelle du pays : à la question de savoir sur quoi les Français souhaitent davantage d’informations, la qualité de l’eau arrive en tête, devant le prix du service et le traitement des eaux usées. 75 % des Français s’inquiètent de la présence de micropolluants comme les PFAS, et demandent davantage d’informations sur les nitrates, pesticides, virus, bactéries ou encore microplastiques[3].

Dans les Hauts-de-France, 58 % des habitants estiment être suffisamment informés sur l’eau, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne nationale de 56 %. Mais le besoin d’informations reste vif, notamment sur les traitements et les contrôles réalisés sur le réseau.

Un intérêt marqué pour le suivi de consommation

Dernier enseignement : 70 % des habitants de la région seraient intéressés par un service leur permettant de suivre leur consommation d’eau aussi régulièrement que possible[1]. Un chiffre qui traduit une volonté de maîtrise, dans un contexte où le prix inquiète et où la ressource semble moins certaine qu’avant.

La méfiance régionale n’est pas qu’une question de perception : elle traduit aussi des réalités locales. Selon les données officielles des contrôles ARS compilées par le site eaudurobinet.fr, les Hauts-de-France affichent un taux de conformité de 89,8 % sur la période août 2025-août 2026[5], nettement en dessous de la moyenne nationale de 96,3 %. Une partie de cette non-conformité s’explique par des dépassements ponctuels, notamment de fongicides agricoles comme le fluopyram, détecté dans plusieurs réseaux d’eau potable de la région[4].

L’Agence régionale de santé Hauts-de-France maintient que l’eau reste consommable, mais cette assertion ne suffit pas à rassurer. Entre le verre rempli et la confiance retrouvée, il reste visiblement du chemin.

Christophe Leclercq
Christophe Leclercq
Christophe Leclercq, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

Sur le même sujet

Carburants : le gazole grimpe à 2,308 €/l, tous les prix de ce samedi 12 septembre

Les prix des carburants progressent encore en France ce samedi 12 septembre 2026. Le gazole affiche la hausse...

Aide carburant “grands rouleurs” : le guichet prolongé jusqu’au 30 septembre 2026, comment toucher les 100 euros

Vous utilisez votre voiture personnelle pour travailler et vous rentrez dans les clous des revenus modestes ? Le...

Logements vacants : une taxe unique en 2027, jusqu’à 60 % dans les zones tendues

Deux taxes sur les logements vacants coexistaient jusqu'ici, avec des règles différentes selon la commune. À partir de...

APL revalorisées de 1,15 % au 1er octobre 2026 : qui touche plus et de combien

Chaque 1er octobre, les aides personnelles au logement bougent au rythme des loyers. Cette année, la hausse est...