Un ferry qui transportait 133 personnes a chaviré dans la nuit du 18 au 19 juillet au large du Guyana, ce petit pays anglophone d’un million d’habitants qui partage sa frontière ouest avec nous, en Guyane française. Soixante-sept personnes ont été sauvées, dont quinze enfants. Soixante-six autres sont portées disparues. Les recherches se poursuivent.
Le MV Barima avait quitté Georgetown, la capitale guyanienne, samedi après-midi avec à son bord 116 passagers et 17 membres d’équipage, destination Port Kaituma, une localité de l’ouest du pays dans la région de l’Essequibo. L’appel de détresse a été reçu vers 23 heures, soit environ huit heures après le départ. C’est une grosse vague qui aurait fait chavirer le navire, selon les premières indications du ministre des Travaux publics Juan Edghill.
Le bateau remontait la côte atlantique avant de bifurquer sur une rivière pour atteindre Port Kaituma, en pleine jungle. Le naufrage s’est produit près d’Iron Punt et de la rivière Pomeroon. Les moyens publics et privés ont été mobilisés immédiatement : garde côtière guyanienne, forces de défense, bateaux locaux. Des équipes médicales ont été dépêchées pour prendre en charge les rescapés au fur et à mesure qu’ils étaient ramenés à terre.
Le navire était équipé de 250 gilets de sauvetage, deux radeaux de sauvetage rigides et six radeaux gonflables, a précisé le ministre. Mais le MV Barima avait 87 ans : construit en 1939, il était en service depuis la Seconde Guerre mondiale. Une longévité qui interroge, même si rien ne permet encore d’établir un lien avec la catastrophe[2].
Un drame à l’échelle d’un pays
Pour le Guyana, ce naufrage est un choc national. Dans un pays d’un million d’habitants, 66 disparus représentent une tragédie collective. La destination du ferry, Port Kaituma, se trouve dans l’Essequibo, un territoire de 160 000 kilomètres carrés riche en pétrole, administré par le Guyana depuis plus d’un siècle mais revendiqué par le Venezuela voisin. C’est une région isolée, où les liaisons maritimes demeurent vitales.
Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent ce 20 juillet. Aucun bilan définitif n’a encore été communiqué. Les autorités guyanaises appellent à prier pour la sécurité de tous. De notre côté de la frontière, à Cayenne comme à Saint-Laurent-du-Maroni, on suit de près ce drame qui touche nos voisins directs. Le fleuve Maroni nous relie, les familles circulent, les histoires se croisent. Ce qui arrive au Guyana nous concerne aussi.
Sources
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