Août à Paris, c’est un paradoxe connu : la moitié de la ville est partie en congé, mais l’autre moitié redécouvre une capitale aérée, silencieuse, presque offerte. Ceux qui restent le savent : c’est le meilleur moment pour pousser une porte de musée sans queue ni bousculade, flâner dans une cour ensoleillée, attraper une expo sans réserver trois semaines à l’avance. Et cette année encore, l’offre culturelle gratuite tient bon.
Parce qu’été ne rime pas avec désert culturel. Entre nocturnes gratuites, expositions en plein air et collections permanentes accessibles toute l’année, Paris tient ses promesses à ceux qui ont choisi de rester. Certaines dates sont à marquer, d’autres adresses à garder sous le coude. Voici où aller en ce mois d’août, sans sortir un centime.
Les habitués le savent : la Bourse de Commerce organise une nocturne gratuite chaque premier samedi du mois. Le 1er août, rendez-vous donc rue de Viarmes pour parcourir les collections sous la verrière. À réserver en ligne, les places partent vite. Même principe au Palais de Tokyo, qui ouvre gratuitement tous ses jeudis soirs, de 19h à minuit, jusqu’au 10 septembre. L’occasion de voir la saison Normes Corps, une dizaine d’expositions qui interrogent les récits dominants et la place des corps minoritaires, entre les mythes revisités de Pauline Curnier Jardin, les sculptures charnelles de Cathy de Monchaux ou les archives féministes de Cheryl Marie Wade.
Une robe de Lady Gaga dans un palace
L’exposition la plus inattendue de l’été se cache dans un palace du faubourg Saint-Honoré. Le Sofitel Paris Le Faubourg expose jusqu’au 6 octobre plusieurs créations portées par des stars internationales, dont une robe de Lady Gaga. Plumes, cristaux, silhouettes spectaculaires : l’accrochage coïncide avec la Fashion Week Haute Couture et se visite librement, sans billet[1]. Une manière originale de voir la mode autrement qu’en vitrine.
Art urbain et street artistes dans la capitale
Le street art occupe le terrain. Toctoc, figure parisienne reconnaissable à son personnage Duduss, investit le Lavo//Matik du 28 août au 12 septembre pour sa nouvelle exposition personnelle intitulée « À la carte ! ». Entrée libre. Plus large, l’exposition « We are [still] here » au Petit Palais rassemble plus de 200 Å“uvres de 75 artistes français et internationaux dans les collections permanentes du musée, jusqu’au 20 septembre[4].
À la Villette, l’artiste français Invader a organisé une « Invasion of La Villette » : 32 nouvelles mosaïques de ses petits envahisseurs sont disséminées dans le parc, entre les Folies, le Trabendo, le 211, les bords du canal de l’Ourcq, les escaliers, les murs. Une chasse aux aliens grandeur nature, gratuite elle aussi[3].
Plein air et photographie
Dehors, les expositions photo occupent les berges et les parcs. « Roma, ville lumière » explore la capitale italienne à travers le cinéma et ses décors. Visible du 2 au 6 juillet aux Arènes de Lutèce, elle migre ensuite sur les Berges de Seine jusqu’au 30 août[2]. À la galerie Roger-Viollet, « Paris, ouvert la nuit » dévoile la vie nocturne de la capitale au XXe siècle, jusqu’au 3 octobre. Dans les Hauts-de-Seine, le domaine de Sceaux et le parc départemental des Chanteraines accueillent « Deux siècles d’images », une exposition photo en plein air visible jusqu’au 18 décembre[1].
Au musée du quai Branly, le festival Jardin d’été propose des activités gratuites, ateliers, contes, balades, quiz et cinéma en plein air, du 4 juillet au 2 août. Dans la cour de l’Hôtel de la Marine, l’artiste japonais Susumu Shingu et des enfants-artistes présentent les Genki-nobori, installation colorée et poétique visible jusqu’au 24 août.
Les permanentes, toujours accessibles
Enfin, les collections permanentes des musées de la Ville de Paris restent gratuites toute l’année. Le musée Carnavalet pour l’histoire de Paris, le musée Cernuschi pour l’art asiatique, le Musée d’Art Moderne de Paris pour Bonnard, Matisse, Burren ou Delaunay, le Petit Palais pour Rembrandt, Delacroix, Gauguin, Monet : autant de portes ouvertes, sans condition et sans réservation[4]. L’été à Paris a ses avantages. Ceux qui restent le vérifient chaque année.
Sources
4 sources · 6 faits vérifiés

