La Résistance islamique en Irak a menacé mercredi de frapper des « instruments » saoudiens en représailles aux raids américano-saoudiens qui ont visé le pays.
L’accalmie n’aura pas duré. Après plusieurs jours sans frappes majeures au Moyen-Orient, les hostilités ont repris mercredi 29 juillet en Irak. L’armée américaine, épaulée par l’aviation saoudienne, a bombardé « plusieurs sites logistiques et d’armement terroristes dans l’est de l’Irak », selon le Commandement central américain pour le Moyen-Orient (Centcom). Un raid présenté comme une riposte : des missiles tirés depuis l’Irak avaient visé le territoire saoudien la veille.
La réaction irakienne n’a pas tardé. La Résistance islamique en Irak, nébuleuse armée qui revendique des centaines d’attaques contre des installations américaines dans la région depuis le début de la guerre, a jugé « inévitable » une contre-offensive. « Notre riposte contre l’ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite », a déclaré l’alliance dans un communiqué.
Vingt morts, dont cinq conseillers iraniens
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Les frappes ont ciblé le Hachd al-Chaabi, alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes. Le bilan s’élève à 20 morts, selon deux sources de l’alliance interrogées par l’AFP[1]. Parmi les victimes : cinq conseillers iraniens, tués lors d’une frappe dans la province centrale de Diyala. Des journalistes ont rapporté avoir vu des cercueils enveloppés dans des drapeaux iraniens lors de funérailles organisées par le Hachd al-Chaabi à Bagdad.
Le Centcom a mis en garde l’Iran et ses « groupes alliés terroristes », leur intimant l’ordre de cesser leurs attaques sous peine d’une nouvelle riposte américaine. Le ministère de la défense saoudien a précisé avoir frappé « des milices terroristes loyales à l’Iran » en Irak, liées selon lui aux récentes attaques contre ses installations pétrolières[4].
Bagdad dénonce une « violation flagrante »

La présidence irakienne a condamné ces raids « inacceptables », dénonçant une « violation flagrante de la souveraineté de l’Irak, visant ses institutions officielles ». Elle a toutefois ajouté « rejeter tout autant que le territoire national soit utilisé pour cibler les pays voisins »[2], renvoyant dos à dos les belligérants.
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Le Premier ministre irakien, Ali el-Zaidi, a annulé une visite prévue jeudi en Arabie saoudite. L’Iran a également condamné les frappes. Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi, a pour sa part dénoncé les « attaques terroristes répétées » menées contre l’Arabie saoudite par des milices irakiennes soutenues par Téhéran, les qualifiant de « dangereuse escalade » menaçant la souveraineté du royaume et la sécurité régionale.
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Sur les marchés, la nervosité est palpable. Le cours du brut a bondi dès l’annonce des premières frappes. Les investisseurs redoutent une perturbation des approvisionnements si les tensions dégénèrent davantage dans la région. Le détroit d’Ormuz, verrou stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, demeure sous haute surveillance.
La situation rappelle les cycles d’escalade qui ont marqué les derniers mois de la guerre au Moyen-Orient. La Résistance islamique en Irak a revendiqué des centaines d’attaques contre des installations américaines depuis le début du conflit. Chaque frappe déclenche une contre-frappe, sans qu’aucune des parties ne parvienne à imposer une désescalade durable. L’alliance pro-iranienne, qui dispose de relais en Irak, en Syrie et au Liban, multiplie les menaces sans toujours passer à l’acte. Mais le ton employé mercredi, conjugué au bilan humain, laisse peu de place au doute : la riposte annoncée pourrait se concrétiser rapidement.
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Pour les États-Unis et l’Arabie saoudite, la séquence illustre la difficulté à contenir les groupes pro-iraniens sans embraser la région. Les frappes du 29 juillet visaient à « décourager » de nouvelles attaques, selon le Centcom. Mais elles risquent, au contraire, de renforcer la détermination des milices irakiennes et de leurs parrains à Téhéran. L’Irak, coincé entre Washington et l’Iran, tente de ménager les deux camps tout en préservant sa souveraineté. Un exercice de funambule qui s’avère chaque jour plus périlleux.
La reprise des hostilités intervient après plusieurs jours de calme relatif, au cours desquels les observateurs espéraient une stabilisation. Cette accalmie aura été de courte durée. Les chancelleries occidentales multiplient les appels à la retenue, sans grand effet. Sur le terrain, les armes parlent toujours plus fort que la diplomatie.
Frappes en Irak : les faits du 29 juillet
- Les États-Unis et l'Arabie saoudite ont frappé mercredi des sites du Hachd al-Chaabi en Irak, alliance de groupes armés incluant des factions pro-iraniennes
- Le raid a tué 20 personnes, dont 5 conseillers iraniens dans la province de Diyala
- La Résistance islamique en Irak menace de riposter en frappant des « instruments » saoudiens
- Bagdad a condamné ces frappes comme une violation de sa souveraineté, tout en rejetant l'usage de son territoire pour attaquer ses voisins
- Le Premier ministre irakien Ali el-Zaidi a annulé sa visite prévue en Arabie saoudite jeudi
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

