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Après Rolls-Royce, Fairbanks Morse Defense s’implante à Peterborough et vise les frégates Type 26 et Hunter

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Fairbanks Morse Defense a bouclé le rachat de l’usine de manutention navale de Rolls-Royce à Peterborough, en Ontario. Le site devient son siège canadien et hérite de contrats liés aux frégates britanniques, australiennes et aux destroyers canadiens.

L’opération a été finalisée le 7 juillet 2026. Fairbanks Morse Defense (FMD), société détenue par le fonds Arcline Investment Management, dispose désormais d’un ancrage industriel au Canada avec la reprise du site de Peterborough, jusqu’ici propriété de Rolls-Royce.

Le groupe américain en fait son quartier général canadien. L’usine élargit sa division services et renforce son offre en matière d’intégration pour les marines alliées.

En chiffres
3
programmes navals équipés en MBHS
Canada, Royaume-Uni, Australie
294 M$
rachat de Truflo Marine (IMI)
accord conclu en novembre 2025
2024
annonce du rachat Rolls-Royce
opération finalisée en juillet 2026

Un siège canadien pour l’assemblage et les tests

Le site de Peterborough devient un centre d’assemblage, de tests et d’intégration de systèmes de manutention navale et sous-marine de grande dimension. FMD entend s’en servir pour accélérer le déploiement des bâtiments sans équipage et autonomes[3].

Le rachat élargit aussi le portefeuille de services après-vente de l’entreprise, qui couvrait déjà les machines de pont, la manutention des matériaux et de l’air, ainsi que les systèmes de lancement et de récupération[3]. À Peterborough, FMD ajoute des systèmes de grande taille dédiés au lancement et à la récupération de drones, ainsi que des technologies de détection sous-marine.

George Whittier, PDG de FMD, a lié la décision à l’effort naval canadien : « Alors que le Canada réinvestit dans sa Marine, FMD est fier d’investir au Canada, en fournissant un solide portefeuille de solutions maritimes critiques pour une meilleure préparation opérationnelle. » Il a ajouté que la sécurisation du site « souligne notre engagement à faire progresser les capacités multinationales, garantissant que les flottes américaines et alliées soient équipées pour des missions maritimes conjointes »[2].

Les contrats MBHS : Canada, Royaume-Uni, Australie

Le site fournit actuellement les Mission Bay Handling Systems (MBHS), des systèmes de manutention pour hangar de mission. Ces équipements servent trois programmes issus de la même filiation, le Global Combat Ship conçu par BAE Systems[4].

Les programmes équipés par le site de Peterborough
Pays Programme Type de bâtiment
Canada River Class Destroyer (RCD) Destroyer
Royaume-Uni Type 26 Frégate
Australie Hunter Frégate de lutte anti-sous-marine

Source : Fairbanks Morse Defense / Business Wire

FMD poursuivra ces contrats MBHS pour les programmes Global Combat Ship des trois marines. La reprise du site lui permet de continuer sur ce socle sans rupture.

Pourquoi Fairbanks Morse Defense mise sur le Canada

Ancrage canadien
Peterborough devient le quartier général de FMD au Canada, en appui à l'effort naval du pays.
Lutte sous-marine
Le site apporte treuils durcis, sonars à profondeur variable et manutention de capteurs acoustiques.
Trois programmes alliés
Les systèmes MBHS équipent les destroyers canadiens et les frégates britanniques et australiennes.
Croissance externe
Après Rolls-Royce, FMD a aussi repris Truflo Marine pour 294 millions de dollars.

Un savoir-faire en guerre sous-marine

Peterborough apporte une expertise dans les technologies de lutte sous-marine. Le catalogue comprend des treuils durcis aux chocs pour antennes remorquées, des sonars à profondeur variable et des systèmes de manutention de capteurs acoustiques[1].

Ces équipements visent à renforcer l’efficacité des marines alliées face aux menaces sous la surface, selon FMD. Le site, qualifié de centre d’excellence, concentre un savoir-faire sur les systèmes de lancement et de récupération et sur les capteurs sous-marins.

La fin d’une série de rachats à Rolls-Royce

Le transfert de Peterborough clôt la série d’acquisitions menée par FMD auprès de la branche Naval Propulsors de Rolls-Royce. L’ensemble comprend aussi un campus industriel à Walpole, dans le Massachusetts, qui produit des systèmes de propulsion pour l’US Navy, les garde-côtes américains et des marines alliées[3].

L’opération inclut également, à Pascagoula dans le Mississippi, la seule fonderie privée américaine capable de couler des systèmes de propulsion aux normes de l’US Navy de grande taille. Cette fonderie coule déjà des hélices pour de nombreux sous-marins et navires de guerre américains, dont les porte-avions[4].

FMD avait annoncé le projet de rachat de la branche propulsion et manutention de Rolls-Royce en septembre 2024. George Whittier avait alors situé l’opération dans les 150 ans d’histoire de son groupe, estimant qu’elle deviendrait l’un de ces « moments qui ont complètement transformé cette entreprise »[4].

Une chaîne d’acquisitions dans le naval

L’appétit du groupe ne s’est pas limité à Rolls-Royce. En novembre 2025, FMD s’était accordé pour reprendre l’activité Truflo Marine d’IMI, dans une opération évaluée à 225 millions de livres, soit 294 millions de dollars[2].

Avec Peterborough comme point d’ancrage canadien, FMD relie ses sites américains (Walpole, Pascagoula) à une base industrielle en Ontario positionnée sur la manutention et la lutte sous-marine, au service des flottes alliées.

Rachat Peterborough : les faits à retenir

  • FMD a finalisé le 7 juillet 2026 le rachat du site de Peterborough à Rolls-Royce.
  • Le site devient le siège canadien de FMD.
  • Il fournit les MBHS aux programmes RCD canadien, Type 26 britannique et Hunter australien.
  • L'opération clôt la reprise de la branche Naval Propulsors de Rolls-Royce.
  • L'ensemble inclut Walpole (Massachusetts) et la fonderie de Pascagoula (Mississippi).
Hélène Vasseur
Hélène Vasseur
Correspondante défense & militaire Hélène couvre l'industrie de défense et les questions militaires. Contrats export, programmes d'armement, budgets : elle décrypte un secteur où l'industriel et le politique sont indissociables, en s'en tenant aux faits. Naval Group, Dassault, Thales, MBDA, KNDS, elle en connaît les dossiers.

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