Plus de 255 000 projets de recrutement attendus en Auvergne-Rhône-Alpes en 2026, une part significative jugée difficile à pourvoir, et six candidats sur dix qui ne quittent pas la région pour chercher du travail.
La région pèse à elle seule 11 % des embauches nationales prévues cette année, selon l’enquête “Besoins en main-d’Å“uvre 2026” présentée par France Travail fin avril. Un volume qui place Auvergne-Rhône-Alpes parmi les territoires les plus actifs du pays, même dans un contexte économique plus prudent qu’en 2023 ou 2024.
Quatre secteurs, hors projets saisonniers, concentrent la moitié de ces intentions d’embauche : la santé et l’action sociale en tête avec 28 200 projets, le support aux entreprises (24 900), le commerce (21 500) et l’industrie (19 000). Ce sont aussi les secteurs où les difficultés de recrutement sont les plus marquées.
48 % des recrutements jugés difficiles, au-dessus de la moyenne nationale
Localement, 48 % des projets d’embauche sont qualifiés de difficiles par les employeurs, contre 44 % en moyenne nationale. Maçons, infirmiers, coiffeurs, maraîchers : les métiers en tension couvrent des réalités très différentes, du bâtiment aux soins, de l’artisanat à l’agriculture [1]. Ce taux traduit une inadéquation persistante entre les profils disponibles et les besoins des entreprises, particulièrement dans les zones moins denses comme l’Auvergne.
L’alerte vient aussi du terrain. Stéphane Currenti, délégué régional de l’Apec Auvergne-Rhône-Alpes, met en garde contre les dérives qui accompagnent ces tensions : “On dit attention : la tendance est de recruter un peu n’importe qui, n’importe comment” [2]. Un glissement qui peut peser sur la qualité des recrutements et, à terme, sur la performance des entreprises.
L’industrie régionale résiste mieux que la moyenne, malgré les droits de douane
Sur le segment cadres, les chiffres 2024-2025 accusent un léger recul, mais la région tire son épingle du jeu. Là où la France enregistrait -8 % de recrutements de cadres en 2024, Auvergne-Rhône-Alpes limitait la baisse à -4 %. En 2025, la région atteint également -4 %, légèrement en dessous de la moyenne nationale à -3 %, un écart que Currenti attribue directement à l’impact des droits de douane américains sur les industriels exportateurs.
“Le tissu industriel, où l’emploi cadre est majoritaire (25 % de cadres), est ultra efficient. C’est une spécificité de la région”, souligne-t-il. Savoie, Isère et Rhône tirent ce tissu vers le haut, quand l’Auvergne reste en retrait. Les perspectives pour 2026 demeurent positives selon l’Apec, à condition que l’incertitude liée aux tensions commerciales internationales ne s’installe pas durablement.
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
