Le CAC 40 concentre les plus grandes capitalisations françaises, mais leur capital appartient de moins en moins aux familles fondatrices et de plus en plus aux fonds d’investissement internationaux.
La question paraît simple. Elle cache une réalité plus complexe. Dans l’indice phare de la Bourse de Paris, la part des actionnaires familiaux recule au fil des recompositions, des introductions et des évolutions de gouvernance. Les fonds, américains pour la plupart, occupent une place croissante dans le tour de table des quarante valeurs cotées.
Cette tendance s’observe dans la composition même de l’indice, qui évolue régulièrement. En décembre 2024, Bureau Veritas a rejoint le CAC 40, après décision du comité des indices Euronext. Le groupe de certification et d’inspection, coté sous le symbole BVI, intègre ainsi le panier de référence aux côtés d’entreprises dont la structure de capital est très différente.
Bureau Veritas dans le CAC 40 depuis décembre 2024
L’entrée de Bureau Veritas est effective depuis le 20 décembre 2024 [2]. Le groupe figure désormais dans plusieurs indices : CAC 40, CAC 40 ESG et SBF 120, ainsi que dans le CAC SBT 1.5°. Cette reconnaissance boursière accompagne une stratégie affichée sous le nom LEAP 28, centrée sur la durabilité et la croissance organique.
Autre mouvement récent dans l’univers des grandes valeurs parisiennes : Groupe ADP, qui gère les aéroports parisiens, a été intégré au CAC Next 20 et au CAC 40 ESG le 12 septembre 2024 [4]. Une étape qui précède une éventuelle entrée dans le CAC 40 lui-même. Le groupe opère sous contrainte d’un cadre de régulation économique dont la prochaine version est attendue pour 2027.
ENGIE, 73,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024
Parmi les valeurs historiques du CAC 40, ENGIE reste l’une des plus massives. Le groupe énergétique a dégagé un chiffre d’affaires de 73,8 milliards d’euros en 2024 [5], et figure dans les principaux indices financiers mondiaux : CAC 40, Euronext 100, FTSE Euro 100, MSCI Europe. Il est également présent dans les indices extra-financiers, ce qui reflète la double pression des marchés sur la performance économique et les critères ESG.
La question de la propriété du capital reste entière. L’État français demeure actionnaire de référence dans plusieurs fleurons de l’indice, ENGIE compris. Mais la tendance de fond, visible sur dix ans, est celle d’une dilution progressive des blocs familiaux ou publics au profit des gestionnaires d’actifs anglo-saxons. Legrand illustre l’autre extrême : unique représentant du CAC 40 à avoir son siège en Nouvelle-Aquitaine [1], le groupe de matériel électrique emploie 37 000 personnes dans le monde et reste contrôlé par un actionnariat stable.
La composition du CAC 40 continue d’évoluer. Les critères de sélection, fondés sur la capitalisation flottante et les volumes échangés, favorisent mécaniquement les sociétés où le capital est le plus dispersé, donc les plus accessibles aux fonds. Une logique qui, à terme, réduit la place des structures de contrôle concentrées.
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
