La chaleur a tué. Chez nous, dans nos villes, dans nos maisons. Entre le 17 juin et le 2 juillet, Santé Publique France a compté 373 décès de plus que ce que la Bourgogne-Franche-Comté enregistre habituellement sur cette période. C’est un bond de 39,2%, légèrement au-dessus de la moyenne nationale de 36%, et qui place la région au cinquième rang des plus touchées par cette vague de chaleur.
Les chiffres, publiés le 22 juillet par l’agence nationale de santé publique, ne sont pas encore définitifs. Ils reposent sur les déclarations à l’état civil et les données de 5 000 communes, soit environ 95% des décès connus dix jours après la fin de l’épisode. Mais ils sont déjà suffisamment nets pour dresser un premier bilan : à l’échelle du pays, 5 764 personnes de plus sont mortes qu’en temps normal.
L’Yonne et la Nièvre ont été particulièrement frappées. Ailleurs, les situations diffèrent du tout au tout : la Corse et l’Occitanie n’ont pas connu de surmortalité, tandis que l’ÃŽle-de-France a vu ses décès exploser de 81,2% et les Pays de la Loire de 55,2%.
Les 45-64 ans, première génération fauchée
On s’attendait aux personnes âgées. Elles représentent bien la majorité des décès en excès : au moins 21 674 morts chez les plus de 75 ans sur la période, là où l’on en attendait 15 910 en temps normal[1]. Mais ce sont les 45-64 ans qui ont subi la hausse la plus brutale. Dans cette tranche d’âge, le nombre de décès a bondi de 55,4% : 2 747 personnes sont mortes entre le 17 juin et le 2 juillet, contre une moyenne habituelle de 1 768.
Chez les 65-74 ans, la mortalité a augmenté de 37,5%. Les moins de 14 ans, eux, n’ont pas connu de surmortalité.
C’est à la maison que l’on meurt le plus
Autre révélation du rapport de Santé Publique France : c’est à domicile, et non dans les EHPAD ou les hôpitaux, que la surmortalité a été la plus importante. Une information qui interroge sur l’isolement, les conditions de logement, la capacité de chacun à se protéger de la chaleur sans surveillance médicale.
Les chiffres définitifs devraient encore grimper dans les prochains mois. D’abord parce que les données restent incomplètes. Ensuite parce que ce bilan ne prend en compte que la première vague caniculaire de juin. Celles de juillet, parfois plus intenses et plus longues selon les territoires, n’ont pas encore été comptabilisées.
Sources
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