Le chiffre tombe au pire moment. Ce vendredi 21 août, le gazole frôle 2,24 euros le litre en France et le SP95-E10 dépasse 2,02 euros, selon Economie-Matin. En une semaine, le SP95 a grimpé de plusieurs centimes, soit 1,56 % de hausse. Pour des millions d’automobilistes encore sur les routes des vacances, la note du retour s’annonce salée.
Derrière cette remontée, un marché pétrolier sous tension. La guerre en Iran et les perturbations autour du détroit d’Ormuz agitent les cours depuis plusieurs mois. Et à la pompe, la moindre secousse se répercute immédiatement. Un automobiliste qui fait deux pleins de 50 litres de gazole par mois débourse désormais près de 224 euros. Quelques centimes de plus au litre paraissent dérisoires ; sur une année de trajets domicile-travail, ils finissent par grever un budget.
E85 à 0,87 euro, GPL à 1,05 euro : l’écart que peu exploitent
Tous les conducteurs ne sont pas logés à la même enseigne, et c’est là que le raisonnement mérite d’être posé. Le superéthanol E85 reste de loin le carburant le moins cher, autour de 0,87 euro le litre. Le GPL se tient près de 1,05 euro. Pour un véhicule compatible, l’écart avec le gazole n’a plus rien de marginal : il se compte en euros à chaque passage à la pompe. Le problème, c’est le parc roulant : la majorité des automobilistes français n’a pas de moteur adapté, et bascule à contrecœur sur des carburants classiques dont le prix ne dépend plus d’eux.
10 à 15 centimes d’écart selon l’enseigne
Pour les autres, il reste un levier concret : choisir sa station. Selon les zones et les réseaux, les différences atteignent 10 à 15 centimes par litre. Les grandes surfaces affichent presque toujours des tarifs plus bas que les stations d’autoroute ou de centre-ville. Début août, Total Access, Leclerc, Carrefour, Hyper U et Auchan figuraient parmi les réseaux les mieux placés, d’après Auto Plus. Sur un plein de 50 litres, quelques centimes se transforment vite en plusieurs euros. Pour un gros rouleur ou un ménage à deux voitures, la différence sur l’année n’a rien d’anecdotique.
La frontière et l’aide de Madrid qui creusent l’écart
Reste le cas des frontaliers. Mi-août, le gazole s’affichait à 1,829 euro le litre à La Jonquera, contre plus de 2,10 euros dans les Pyrénées-Orientales, précise Actu. Et l’écart devrait encore se creuser en septembre : nos voisins ont décidé de porter à 20 centimes par litre leur aide sur le diesel, quand l’essence conservera une ristourne de 5 centimes. Voilà le vrai signal de cette rentrée : la fiscalité française sur les carburants pousse une partie des automobilistes du Sud à aller faire le plein de l’autre côté de la frontière. Chaque litre acheté ailleurs, c’est de la TVA et de la TICPE qui échappent aux caisses françaises. Un manque à gagner rarement chiffré, jamais anodin.
Jusqu’à 1 000 euros de réservoir volé dans l’Oise
La flambée a même un effet collatéral moins attendu. Dans l’Oise, des voleurs ont percé et siphonné plusieurs réservoirs cet été. Quatre cas ont été recensés en une seule nuit près de Beauvais, relate franceinfo. Les victimes ont dû remplacer leur réservoir, pour une facture pouvant approcher 1 000 euros. Double peine : le plein coûte déjà de plus en plus cher, et le carburant devient une marchandise qu’on vole. Quand un liquide de la vie quotidienne se met à attirer les voleurs, ce n’est pas seulement une affaire de cours mondiaux. C’est aussi le signe d’un poste de dépense devenu trop lourd pour trop de Français.

