Un SMS réclame le règlement d’une amende routière impayée, dirige vers un site qui imite celui du service public, demande les coordonnées bancaires. Et vide le compte. En Nouvelle-Calédonie, cette arnaque vient de coûter 200 000 francs à un habitant. Le gouvernement, la police nationale et l’OPT-NC appellent à la plus grande vigilance : une campagne de phishing d’une crédibilité inhabituelle frappe le territoire depuis plusieurs jours.
Les messages circulent par SMS, parfois par mail. Ils évoquent des infractions routières non réglées et invitent à cliquer sur un lien pour payer rapidement. Rien d’inhabituel en apparence, sauf que tout est faux : l’infraction, l’expéditeur, le site de paiement.
La police nationale rapporte recevoir de nombreux appels et réclamations de personnes ayant reçu ces messages. La Direction du numérique et de la modernisation du gouvernement confirme l’alerte ce vendredi 31 juillet : une opération d’hameçonnage cible les Calédoniens.
Un site qui copie service-public.nc
Ce qui rend cette campagne particulièrement efficace, c’est la qualité de l’imitation[5]. Le lien contenu dans le SMS renvoie vers un faux site de paiement reprenant l’apparence du portail officiel service-public.nc. De quoi tromper facilement ceux qui ne vérifient pas l’adresse complète dans la barre du navigateur.
Une fois sur le site frauduleux, la victime est invitée à renseigner plusieurs informations personnelles, au-delà du simple règlement de la contravention : nom, prénom, adresse, et surtout coordonnées bancaires. Ces données sont aussitôt récupérées par les fraudeurs.
Selon l’OPT-NC, une personne a ainsi été débitée de 200 000 francs après avoir renseigné les informations demandées[3]. L’adresse frauduleuse identifiée a depuis été bloquée, mais d’autres liens peuvent être utilisés par les escrocs.
Ne jamais céder à l’urgence
Le gouvernement rappelle les réflexes de base pour éviter de tomber dans le piège. Ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS ou mail en cas de doute. Ne communiquer sous aucun prétexte ses identifiants, mots de passe ou coordonnées bancaires par ce canal. Vérifier toute demande directement auprès des sites officiels, en tapant soi-même l’adresse dans le navigateur. Supprimer ou signaler immédiatement tout message suspect.
Ces précautions, simples, constituent la meilleure protection contre ce type de fraude, de plus en plus répandue et sophistiquée. L’urgence affichée dans les messages, la menace d’une majoration ou d’une sanction, sont conçues pour court-circuiter la réflexion.
Les personnes ayant déjà communiqué leurs informations bancaires via ce faux site sont invitées à réagir sans attendre. Contacter immédiatement son établissement bancaire pour faire opposition sur ses moyens de paiement et mettre en place les mesures de sécurisation nécessaires reste la seule parade une fois les données transmises.
Les services compétents poursuivent leurs investigations pour identifier l’origine de cette campagne frauduleuse et évaluer les suites qui pourront être engagées contre les auteurs.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

