L’armée israélienne a annoncé samedi 1er août avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 20 juin.
L’opération s’est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi, dans le secteur de la crête d’Ali al-Taher. Selon un communiqué militaire, des soldats ont « identifié plusieurs terroristes du Hezbollah » dans cette zone. « Après cette identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d’écarter la menace », précise le texte. Un soldat israélien a été « modérément » blessé lors d’un « affrontement rapproché » avec le Hezbollah et évacué vers un hôpital.
Le mouvement chiite libanais, contacté à Beyrouth par l’AFP, n’a pas commenté. Il n’a revendiqué aucune attaque depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, il y a six semaines.
Un accord-cadre américain contesté par le Hezbollah
L’accord-cadre signé fin juin par le Liban et Israël sous l’égide de Washington vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l’armée libanaise et le retrait de l’armée israélienne de « zones pilotes », où les forces libanaises doivent ensuite se déployer[1]. Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes. Aucun calendrier n’a été fixé pour le retrait complet d’Israël.
L’armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes, qui empêchent selon elle son déploiement complet conformément à l’accord-cadre. Les violences ont diminué depuis la signature, mais Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d’artillerie dans le sud du pays.
Plus de 15 400 violations du cessez-le-feu recensées en quinze mois
Entre novembre 2024 et février 2026, la FINUL et le gouvernement libanais ont comptabilisé plus de 15 400 violations du cessez-le-feu par l’armée israélienne, ayant entraîné la mort de plus de 370 personnes[2]. Fin mars, plus de 330 personnes, dont au moins 127 civils, avaient été tuées dans des violations israéliennes du cessez-le-feu, et près d’un millier blessées.
Quatre mois après le cessez-le-feu au Liban, l’armée israélienne avait mené 47 raids meurtriers au Liban. Le bilan s’élevait alors à 127 tués, dont plus de la moitié étaient des civils. Côté libanais, trois attaques aux roquettes avaient été signalées durant cette période, dont une revendiquée par le Hezbollah. Aucune n’avait fait de morts côté israélien.
| Indicateur | Bilan |
|---|---|
| Violations israéliennes comptabilisées (FINUL et gouvernement libanais) | Plus de 15 400 |
| Tués dans ces violations | Plus de 370 personnes |
| Tués fin mars 2026 | Plus de 330 personnes (dont au moins 127 civils) |
| Blessés | Près de 1 000 personnes |
| Raids meurtriers israéliens (4 premiers mois) | 47 |
| Attaques aux roquettes côté libanais (même période) | 3 (dont 1 revendiquée par le Hezbollah) |
Source : Wikipédia
Pourquoi le cessez-le-feu reste fragile au Liban
Un retour à la normalité impossible au sud du Liban
Ces attaques empêchent un retour à la normalité pour la population du sud du Liban, région la plus exposée aux bombardements. L’armée libanaise et la Force intérimaire des Nations unies au Liban ont détruit l’essentiel de ce qui restait des armes du Hezbollah au sud du fleuve Litani, mais Israël poursuit ses opérations.
Le conflit entre Israël et le Hezbollah s’inscrit dans une période d’hostilités qui remonte à 2023, déclenchée à la suite de la guerre de Gaza. Israël avait envahi le sud du Liban en octobre 2024 et tué le chef religieux et militaire du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ainsi que plusieurs hauts-gradés. Fin novembre 2024, Israël s’était retiré d’une très grande partie du Liban mais conservait un contrôle sur cinq avant-postes après un cessez-le-feu négocié par les États-Unis. Plusieurs violations avaient eu lieu entre les deux camps avant le nouvel accord de juin 2026.
L’opération de samedi à Ali al-Taher s’inscrit dans cette séquence de violations répétées qui fragilisent l’accord-cadre et maintiennent le sud du Liban dans une tension permanente.
Cessez-le-feu au Liban : ce qu'il faut retenir
- L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah samedi 1er août dans le secteur d'Ali al-Taher
- Un soldat israélien blessé lors d'un affrontement rapproché, évacué vers un hôpital
- Le Hezbollah n'a revendiqué aucune attaque depuis le cessez-le-feu du 20 juin
- Plus de 15 400 violations du cessez-le-feu par Israël recensées entre novembre 2024 et février 2026
- Plus de 370 personnes tuées dans ces violations, dont au moins 127 civils fin mars 2026
- L'accord-cadre prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise et le retrait israélien de zones pilotes
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

