La RN1 s’est transformée en piège, ce dimanche matin. Au point repère 150, quelques kilomètres après le village de Bellevue à Iracoubo, deux véhicules se sont percutés de plein fouet vers 7h20, en direction de Saint-Laurent. Un Partner avec trois occupants, une conductrice et ses deux enfants, a terminé sa course dans le canal. L’autre voiture transportait également trois personnes. Bilan : un mort, six blessés, et la route nationale coupée pendant plusieurs heures.
C’est l’accident de trop sur cet axe. Celui qui rappelle à chaque conducteur que la RN1 ne pardonne pas, que la vigilance se relâche trop vite entre Cayenne et l’ouest guyanais. Les secours ont dû intervenir en urgence, extraire les victimes, stabiliser les blessés. Pendant ce temps, la circulation s’est figée sur des kilomètres.
Un deuxième accident le même jour à Macouria
Comme si un drame ne suffisait pas, un autre accident frontal s’est produit le même jour sur la RN1, cette fois au niveau de Macouria. Deux véhicules légers se sont percutés, dont l’un tractait une remorque bateau. La circulation a été mise en alternat dans l’attente de l’intervention des dépanneuses. Les détails sur les victimes n’ont pas été communiqués, mais l’enchaînement parle de lui-même : deux chocs frontaux en quelques heures sur la même route.
Pour les habitants de la côte, c’est devenu une rengaine insupportable. Chaque week-end, chaque trajet vers Saint-Laurent ou Mana porte en lui cette angoisse du carrefour mal anticipé, du dépassement raté, de la voiture qui arrive en face. Les pompiers connaissent par cÅ“ur les points noirs, les virages traîtres, les zones où la chaussée se dégrade.
La RN1, une route qui tue
Iracoubo, Macouria, Javouhey, Soula : les noms des communes jalonnent la carte des accidents mortels guyanais. À Javouhey, un piéton de 32 ans a été renversé vers 22 heures à l’avenue Ya et Siong, mortellement touché malgré l’intervention rapide des secours de Mana. Sur la voie rapide de Cayenne, entre les giratoires Leblond et des Maringouins, un cyclomoteur et une voiture se sont percutés à 6 heures du matin : le pilote du deux-roues, un homme d’une quarantaine d’années, n’a pas survécu. La route a été bloquée plusieurs heures.
Ces drames ne sont pas des fatalités, mais le résultat d’une équation connue : une route vieillissante, un trafic en hausse, des zones mal éclairées, des comportements à risque. Les appels à la prudence se multiplient, les gendarmes renforcent les contrôles, mais les chiffres restent têtus. Chaque accident mortel ravive la colère des associations, qui réclament depuis des années un plan d’urgence pour la RN1.
Dimanche soir, à Iracoubo, les familles pleuraient. Six blessés ont été pris en charge, un mort de trop rejoint la liste. Et la route, elle, a rouvert. Jusqu’au prochain drame.


